Depuis la sortie d’Hollow Knight en 2019, peu de metroidvania ont su nous prendre aux tripes. Il n’est donc pas étonnant de voir l’accueil qu’a reçu sa suite Silksong en 2025. Malgré tout, l’horizon des jeux indépendants nous réservait une petite surprise de dernière minute avec MIO : Memories in Orbit. Dès les premières communications autour du titre édité par Focus Entertainement, sa direction artistique et la promesse d’un metroidvania aussi exigeant que poétique ont su nous attirer.
Disponible dès ce 20 janvier, MIO joue sur tableau de l’héritage mais aussi celui de la nouveauté. Oui, on pense forcément à Hollow Knight quand on voit sa structure, sa progression et son goût pour l’exploration. Mais le jeu de Douze Dixièmes (Shady Part of Me) ne cherche pas à réchauffer la même recette. Il s’appuie plutôt sur un sens du mouvement qui lui est très personnel et une direction artistique qui donne envie d’y entrer rien que pour y rester.

Une histoire aussi mystérieuse que complexe
Le point de départ est extrêmement simple. Mio, un androïde, se réveille dans l’Arche, un vaisseau-monde immense, mais en panne car rongé par des dysfonctionnements et une forme de corruption. Le personnage de Shii sert de fil conducteur mais ne pensez pas à tort que cela transforme l’aventure en visite guidée. Le récit reste volontairement très mystérieux au début, puis se clarifie à mesure qu’on croise des personnages qui ont leur propre histoires à raconter.
Ce qui m’a accroché en premier, c’est la sensation d’évoluer dans un décor qui a une harmonie visuelle immédiate. La direction artistique évoque parfois celle de Mœbius dans ses lignes et sa colorimétrie, avec un rendu proche de l’aquarelle. La bande-son à la fois électronique et douce, accompagne l’aventure sans prendre le dessus. On a quand même droit à des moments de pur plaisir auditif lors des combats de boss ou des phases d’exploration plus intenses. Loin d’être un simple casse-tête, la recherche d’un chemin devient le moteur du jeu.

Saute Mio, saute
Manette en main, MIO va se distinguer de ses homologues par un gameplay qui évoque une sensation de légèreté. Le plaisir vient de la plateforme autant que du combat. Les sauts et les compétences aériennes dominent la partie. Il y a un vrai goût pour la verticalité, et l’univers est construit pour ça. Il y a évidemment beaucoup de backtracking, et c’est propre au genre du jeu. Mais la progression est loin d’être punitive et exploite à merveille les pouvoirs que l’on débloque au fur et à mesure.
Le système d’énergie qui conditionne les actions m’a demandé un petit temps d’adaptation. C’est normalement une fonctionnalité que l’on retrouve dans les titres d’action aventure plutôt que dans les platformers. On comprend cependant que ce cadre sert à créer des trajectoires précises et à faire des ennemis ou du décor des points d’appui pour rester en l’air. C’est une contrainte qui pousse à réfléchir plus profondément à l’enjeu stratégique de chaque mouvement.

Côté action, MIO n’essaie pas de nous noyer sous les mécaniques. Les attaques de base sont ultra simples, et le jeu compte davantage sur la mobilité du personnage et notre capacité à lire le terrain. Là où il se montre plus exigeant, c’est sur les boss qui demandent d’apprendre des patterns et d’accepter quelques morts avant de passer. La difficulté est bien présente, mais rarement punitive pour rien. On comprend en général pourquoi on tombe, et l’équilibrage donne envie de retenter. Je regrette toutefois le manque de points de sauvegardes qui rendent les trajets jusqu’aux boss répétitifs.
Au final, si vous cherchez un Hollow Knight français, on vous le conseille fortement. MIO: Memories in Orbit mérite qu’on s’y intéresse pour ce qu’il fait différemment à travers une identité graphique forte, un sens du mouvement maîtrisé, et une exploration qui devient une vraie manière de raconter des histoires implicites.
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