Tout part d’une évolution technique passée presque sous les radars. Avec certaines versions récentes de ColorOS 16, la surcouche OnePlus basée sur Android 16, le constructeur a inauguré l’« Anti-Rollback Protection », plus connue sous le sigle ARB. Sur le papier, l’objectif est louable : empêcher l’installation de versions anciennes du système, jugées moins sûres. Dans les faits, le changement est bien plus radical qu’il n’y paraît.
Une mise à jour pas comme les autres
L’ARB ne se contente pas de bloquer une option dans les paramètres. Il s’agit d’un « fusible » électronique, directement intégré à la carte mère. Dès que l’une des mises à jour concernées est installée, ce fusible est déclenché et met à jour le niveau de sécurité du téléphone. Et une fois activé, impossible de faire machine arrière par logiciel. La seule solution théorique pour revenir à l’état précédent serait de remplacer la carte mère, autant dire une opération hors de portée pour l’immense majorité des utilisateurs.
Ce type de protection n’est pas inédit dans l’univers Android. Des constructeurs comme Xiaomi, Google ou encore Samsung utilisent déjà des mécanismes comparables. Samsung, par exemple, déclenche un fusible matériel avec son système Knox lors du déverrouillage du bootloader. La nuance, et elle est importante, c’est que l’implémentation de OnePlus semble nettement plus stricte.
Sur les appareils concernés, tenter d’installer un firmware plus ancien ou une ROM personnalisée incompatible pourrait provoquer un « hard brick » immédiat : le smartphone devient inutilisable, et les outils classiques de récupération ne servent plus à rien.
Selon le site Droidwin, l’ARB est déjà actif sur plusieurs modèles récents. Sont notamment cités les OnePlus 13 et 13T avec la mise à jour ColorOS 16.0.3.501, le OnePlus 15 en version 16.0.3.503, ainsi que les OnePlus Ace 5 et Ace 5 Pro en 16.0.3.500. La série Find X8 de OPPO serait également à haut risque, et d’autres appareils OnePlus pourraient suivre, comme les OnePlus 11 et OnePlus 12.
Autre détail qui fait tiquer la communauté : OnePlus aurait supprimé les packages officiels permettant de revenir à une version antérieure du système pour le OnePlus 13. Même des rétrogradations auparavant autorisées pourraient désormais poser problème, avec à la clé un appareil bloqué. Si vous tenez au déverrouillage du bootloader, aux ROM alternatives ou simplement à la possibilité de faire marche arrière après une mise à jour, mieux vaut donc réfléchir à deux fois avant d’installer un firmware se terminant par .500, .501 ou .503.
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