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RegenBox : peut-on vraiment donner une seconde vie aux piles « jetables » ?

Recharger des piles « jetables » ? L’idée peut sembler saugrenue, voire contre-nature. C’est pourtant le pari de la RegenBox, un petit boîtier imaginé en France qui promet de prolonger la vie des piles alcalines AA et AAA.

La RegenBox repose sur une idée contre-intuitive : il serait possible de « régénérer » des piles alcalines dites à usage unique, à condition de respecter certaines limites. Le principe n’est pas nouveau : dès les années 1980, le chimiste Karl Kordesh, co-inventeur de la pile alcaline, avait montré qu’un système de micro-pulsions électriques pouvait redonner temporairement de la capacité à ces piles. Un brevet avait même été exploité dans les années 1990 par le fabricant américain Rayovac, sans succès commercial durable.

Une régénération bien encadrée

C’est sur cette base que repose le projet RegenBox, né au sein de l’Atelier 21, un programme de recherche consacré aux technologies énergétiques oubliées. L’objectif est de réduire le volume de déchets liés aux piles alcalines, qui finissent trop souvent incinérées ou enfouies, alors même que le recyclage n’est pas considéré comme la solution la plus vertueuse à long terme.

La première incarnation du concept, la RegenBox 1, s’adresse clairement à un public averti. Vendue sous forme de kit à 49 €, elle arrive en pièces détachées : circuit imprimé, composants électroniques, boîtier en bois découpé et gravé au laser, câble USB. L’assemblage nécessite un fer à souder, de l’étain, un voltmètre, quelques outils basiques et des connaissances élémentaires en électronique. Une fois montée, la boîte permet de régénérer des piles alcalines AA et AAA dont la tension est tombée, à condition de vérifier leur état avant et après l’opération.

L’alimentation se fait en USB, depuis un ordinateur, un adaptateur secteur ou même une batterie externe. Le boîtier, volontairement non scellé, reste accessible pour d’éventuelles réparations ou modifications. En revanche, la compatibilité est strictement limitée : seules les piles alcalines 1,5 V sont prises en charge. Toute extension à d’autres formats relève de la responsabilité de l’utilisateur.

Avec la RegenBox 2, le projet change de dimension. Cette nouvelle version abandonne le bricolage au profit d’un appareil prêt à l’emploi, fabriqué en série et proposé à 69 €. Le cœur du système devient numérique : un micro-contrôleur pilote un nouvel algorithme de régénération, censé améliorer l’efficacité du processus.

Regenbox 2
© RegenBox

La principale évolution concerne l’usage. Plus besoin de voltmètre : chaque emplacement de pile est doté d’une LED multicolore indiquant l’état avant, pendant et après la régénération. L’alimentation passe à l’USB-C, et l’appareil peut accueillir jusqu’à quatre piles AA ou AAA simultanément. Le logiciel est amené à évoluer via des mises à jour, intégrant les avancées issues de la recherche interne.

La cohérence environnementale est également mise en avant. La coque de la RegenBox 2 est conçue dans un matériau 100 % biosourcé, recyclable et produit en France à partir de terres non vivrières. L’entreprise revendique ainsi un appareil plus robuste et plus durable, tout en limitant le recours aux plastiques issus du pétrole.

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