Les bureaux français de X, le réseau social d’Elon Musk, ont été perquisitionnés ce mardi par les autorités françaises. Objectif de cette opération d’ampleur ouverte par la section de lutte contre la cybercriminalité du parquet de Paris en collaboration avec l’Unité Nationale Cyber de la gendarmerie et Europol : recueillir des éléments dans le cadre d’une enquête initiée en janvier 2025. Le parquet a confirmé l’opération tout en annonçant qu’il cessait désormais ses publications sur la plateforme, signe d’une tension accrue avec l’entreprise.
Qu’est-ce qui se passe ?
Cette intervention marque une étape concrète après des mois d’investigations discrètes. Elle intervient alors que X fait face à des critiques récurrentes sur sa modération de contenus et ses algorithmes. Les autorités françaises cherchent visiblement à vérifier si des manipulations techniques ont favorisé une diffusion massive de contenus illicites.
Tout part d’un courrier envoyé le 12 janvier 2025 par Éric Bothorel, spécialiste du numérique rappellent nos confrères du Monde. Le député Renaissance des Côtes-d’Armor y exprimait ses “vives inquiétudes” sur les modifications algorithmiques de X depuis son rachat par Elon Musk en 2022, suspectant des ingérences dans la gestion de la plateforme. Un second signalement, émanant d’un directeur de la cybersécurité de la fonction publique, pointait une surreprésentation de “contenus politiques nauséabonds” due à ces changements.
L’enquête explore des infractions graves comme l’altération du fonctionnement d’un système informatique ou l’extraction frauduleuse de données, passibles de dix ans de prison. Ces soupçons d’ingérence étrangère remontent à juillet 2025, avec des accusations de biais algorithmique au profit d’opinions personnelles de Musk. En France, où X compte des millions d’utilisateurs, ces dérives questionnent la neutralité des flux informationnels, surtout en période électorale.
Grok dans le viseur
Depuis quelques semaines, l’enquête s’est élargie à Grok, l’intelligence artificielle intégrée à X par xAI. Des utilisateurs ont détourné ses capacités de génération d’images pour créer et diffuser des deepfakes pornographiques, y compris impliquant des mineurs ou des femmes réelles sans consentement. Le parquet rappelle que ce “montage à caractère sexuel sans consentement” est puni de deux ans de prison et 60 000 euros d’amende.
xAI a admis des “failles dans les dispositifs de sécurité“, mais son rétropédalage n’a pas convaincu. L’entreprise a décidé de passer son mode spicy en version payante uniquement, sans régler le problème de fond. L’Arcom a été alertée pour manquements au DSA, tandis que l’UE a lancé sa propre enquête. À Paris, la perquisition pourrait viser serveurs et logs pour tracer ces générations illicites.
X va devoir rendre des comptes
Elon Musk, soutien affiché de Donald Trump réélu en 2024, est accusé de transformer X en outil partisan, amplifiant théories conspirationnistes et contenus extrêmes. Une simple perquisition n’équivaut pas à des poursuites immédiates contre X ou Musk en France, mais elle accélère les investigations, et va obliger le milliardaire à rendre des comptes. X risque de grosses sanctions financières avec le DSA (jusqu’à 6% de son chiffre d’affaires mondial), mais surtout un changement de politique profond, voir une interdiction définitive.
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