La start-up californienne Logos Space Services est autorisée par la Federal Communications Commission (FCC) à déployer jusqu’à 4.178 satellites de télécommunications en orbite terrestre basse, destinés à fournir de l’internet haut débit un peu partout sur la planète. Un feu vert partiel, car la FCC a joué la prudence.
Une constellation pensée pour les pros
Les opérations sont autorisées dans les bandes de fréquences K, Q et V, mais certaines demandes portant sur des fréquences plus élevées ont été refusées ou mises en attente. Rien d’inhabituel à une époque où le spectre radio ressemble de plus en plus à une autoroute aux heures de pointe. Côté technique, Logos prévoit sept couches orbitales, entre 870 et 925 kilomètres d’altitude, avec des inclinaisons allant de 28 à 90 degrés. De quoi assurer une couverture large, y compris dans des régions où les réseaux terrestres peinent à arriver.
La FCC impose toutefois un calendrier strict : la moitié de la constellation devra être déployée et opérationnelle d’ici sept ans. Le reste devra suivre avant le 30 janvier 2035. Autrement dit, Logos a du temps… mais pas trop. Fondée en 2023 par Milo Medin, ancien de la NASA et ex-cadre dirigeant chez Google, Logos ne prétend pas arroser la planète entière dès le premier jour. Son fondateur estime qu’environ un quart des satellites prévus suffirait déjà à servir des clients gouvernementaux et des entreprises à l’échelle mondiale.
L’an dernier, la start-up a levé 50 millions de dollars lors d’un tour de table mené par U.S. Innovative Technologies (USIT), le fonds de l’entrepreneur Thomas Tull. USIT investit dans des technologies à la croisée des usages civils et militaires, avec des participations dans des sociétés comme Anduril ou Stoke Space. « Des infrastructures de communication sécurisées et résilientes sont essentielles à la compétitivité mondiale et aux opérations des entreprises », a résumé un dirigeant de USIT, après la décision de la FCC.
Logos mise aussi sur un discours technique rassurant : fréquences élevées, faisceaux étroits, angles d’élévation importants… Autant d’éléments censés limiter les interférences et le brouillage, un point sensible pour des clients institutionnels peu enclins aux mauvaises surprises.
L’arrivée de Logos se fait à un moment où l’orbite basse commence sérieusement à se remplir. Le mastodonte du secteur reste SpaceX et son réseau Starlink, qui concentre l’essentiel des satellites actifs. Selon l’Agence spatiale européenne, un peu plus de 14.000 satellites fonctionnent aujourd’hui autour de la Terre, dont environ 9.600 pour Starlink. L’agence estime que ce chiffre pourrait grimper jusqu’à 100.000 d’ici 2030.
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