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Les trois-quarts des étudiants utilisent l’IA pour travailler à leur place

Une adoption fulgurante portée par les jeunes, tandis que les établissements tentent de s’adapter

L’intelligence artificielle générative a envahi les salles de classe françaises en un temps record. Selon le Baromètre du numérique 2026 commandé par l’Arcep, 73 % des 18-24 ans et 68 % des 12-17 ans utilisent désormais des outils comme ChatGPT dans le cadre de leurs études. Un chiffre qui grimpe même à 78 % chez les élèves et étudiants sans activité professionnelle.

L’aide aux devoirs arrive en tête des usages : 44 % des utilisateurs d’IA générative y ont recours, mais ce taux explose chez les plus jeunes avec 68 % des 12-17 ans et 73 % des 18-24 ans. La rédaction et l’amélioration de textes concernent 73 % des 18-24 ans, tandis que la génération d’idées nouvelles séduit 70 % de cette même tranche d’âge.

Des conséquences préoccupantes pour l’apprentissage

Naturellement, tout cela a des conséquences que l’on peut déjà observer. Plusieurs études pointent un « déclin cognitif assisté ». Les étudiants produiraient plus de contenu, mais assimileraient moins de connaissances. En déléguant la rédaction à l’IA, ils renoncent au processus intellectuel visé par les exercices tels que la reformulation, la recherche documentaire ou la structuration logique.

« Si les étudiants commencent à penser que ChatGPT fait mieux qu’eux, cela diminue leur valeur intrinsèque et les empêche de développer leur esprit critique », alerte une chercheuse de la Sorbonne. Le risque ? Une génération incapable de réfléchir de manière autonome, paniquée à l’idée de ne pas disposer d’une réponse immédiate.

Face à ce phénomène, les universités françaises s’équipent d’outils de détection comme Compilatio Magister+, Lucide.ai ou GPTZero. Ces logiciels, qui affichent des taux de fiabilité autour de 90-99 %, permettent d’identifier les passages générés par IA. Une centaine d’établissements français les ont adoptés, dont les universités d’Aix-Marseille et Sorbonne Paris Nord. Mais la répression ne suffit pas. Le ministère de l’Éducation nationale a publié en 2025 un cadre d’usage de l’IA, autorisé « dès lors qu’il respecte le cadre défini ».

Une adoption qui dépasse le cadre scolaire

Cette révolution touche toutes les générations. En deux ans, l’usage de l’IA générative est passé de 20 % à 48 % de la population française, adoptée plus rapidement que le smartphone ou internet en leur temps. Les cadres (76 %), les diplômés du supérieur (65 %) et les 25-39 ans (73 %) figurent parmi les plus fervents utilisateurs.

La recherche d’information reste l’usage principal (73 % des utilisateurs), les utilisateurs préférant l’IA aux moteurs de recherches classiques. Fait notable, ChatGPT domine largement avec 79 % de parts d’usage, suivi de loin par Gemini. Est-ce que vous faites partis des utilisateurs de l’IA ?

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