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Les prochains étés seront les plus chauds de l’histoire, c’est déjà une certitude

Les signaux ne trompent pas, les conséquences sur les températures mondiales des prochaines années sont déjà prévisibles. La planète s’apprête à vivre une série d’étés qui pulvériseront tous les records de chaleur existants.

En décembre 2025 et janvier 2026, des météorologues ont observé un phénomène rare dans le Pacifique occidental : deux épisodes de « westerly wind bursts » d’une intensité record. Ces rafales de vent tropical, qui soufflent près de la Nouvelle-Calédonie et de la Papouasie–Nouvelle-Guinée, ont inversé les alizés habituels et poussent actuellement les eaux les plus chaudes de la planète vers l’est, en direction de l’Amérique du Sud.

Ces vents déclenchent la formation d’ondes de Kelvin, de gigantesques vagues océaniques lentes qui transportent la chaleur sous la surface du Pacifique. D’ici février et mars 2026, cette eau chaude atteindra le Pacifique oriental, marquant la fin de La Niña et le début d’un nouveau cycle El Niño.

El Niño arrive, rendez-vous entre mai et août 2026

Le Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme ne laisse plus de place au doute, El Niño se développera dès l’été 2026. Les modèles climatiques convergent tous vers le même calendrier avec un passage à des conditions neutres en février-mars 2026, suivi d’un développement d’El Niño entre mai et août 2026. La probabilité dépasse 60 % pour l’automne 2026, avec un pic prévu durant l’hiver 2026-2027.

Cette rapidité de transition inquiète les climatologues. La phase La Niña actuelle, pourtant installée depuis novembre 2025, montre déjà des signes de faiblesse et devrait complètement disparaître avant mars.

2027, l’année de tous les records

Si 2026 s’annonce déjà très chaude avec environ 1,4 °C au-dessus des niveaux préindustriels, c’est surtout 2027 qui fait trembler les scientifiques. Kevin Trenberth, chercheur distingué au National Center of Atmospheric Research, rappelle un phénomène crucial, les températures mondiales culminent environ trois mois après le pic d’El Niño.

Avec un El Niño atteignant son maximum durant l’hiver 2026-2027, la chaleur extrême se fera donc sentir au printemps et surtout durant l’été 2027. Le climatologue Zeke Hausfather anticipe que cette année sera « considérablement plus chaude » que 2026, avec un potentiel pour établir un nouveau record absolu, dépassant même le pic de 2024.

Un escalier climatique dont on ne redescend jamais

Le météorologue du Département de la Défense américain, Eric Webb, utilise une métaphore ou il compare le changement climatique avec un escalier ascendant. À cause de l’augmentation continue des gaz à effet de serre, le système climatique ne parvient pas à évacuer la chaleur libérée par un El Niño avant que le suivant ne survienne et pousse la température de base encore plus haut.

Ce mécanisme explique pourquoi chaque nouveau cycle El Niño bat systématiquement les records du précédent. La période 2023-2024 avait déjà montré la puissance dévastatrice de cette combinaison entre El Niño et le réchauffement climatique anthropique, faisant de 2024 l’année la plus chaude jamais enregistrée. Mais ce record risque d’être de courte durée.

Une chaleur océanique sans précédent

Le contexte actuel est d’autant plus alarmant que 2025 a été la neuvième année consécutive durant laquelle des records de contenu thermique océanique mondial ont été battus. Le Western Pacific Warm Pool, cette zone du Pacifique qui abrite les eaux les plus chaudes de la planète, a lui aussi établi des records de température en 2025.

Cette accumulation de chaleur dans les océans joue le rôle d’une bombe à retardement. Durant El Niño, cette énergie est libérée dans l’atmosphère, provoquant une hausse brutale des températures mondiales. Les océans, qui jouaient jusqu’ici un rôle modérateur en absorbant l’excès de chaleur, deviennent temporairement des amplificateurs du réchauffement.

Des impacts concrets dès 2026

Les conséquences de ce basculement climatique se feront sentir bien avant l’été 2027. Dès 2026, El Niño influencera la saison des ouragans, le phénomène tendant généralement à réduire l’activité dans l’Atlantique en augmentant le cisaillement du vent, bien que des températures océaniques exceptionnellement élevées pourraient contrebalancer cet effet. Au niveau des précipitations mondiales, l’Australie et l’Indonésie risquent de connaître des sécheresses prolongées et une chaleur extrême, tandis que certaines régions du Pacifique oriental verront leurs précipitations augmenter. En Europe, les hivers marqués par El Niño sont généralement plus perturbés, humides et tempétueux en France, avec un début d’hiver doux et humide suivi d’une fin plus froide et sèche.

Vers des étés à 50 °C en Europe ?

Si les étés 2026, 2027 et 2028 s’annoncent comme les plus chauds de l’histoire, ils ne seront malheureusement pas les derniers à porter ce titre. Tant que les émissions de gaz à effet de serre continueront à leur rythme actuel, chaque nouveau cycle El Niño établira de nouveaux records.

La période 2026-2028 pourrait également marquer un franchissement symbolique : celui du seuil de 1,5 °C de réchauffement mondial par rapport à l’ère préindustrielle sur une moyenne de trois ans. Ce seuil, fixé par l’Accord de Paris comme limite à ne pas dépasser, semblait encore lointain il y a quelques années. Il pourrait être atteint dès la fin de cette décennie.

Une certitude scientifique, pas une fatalité

Les prévisions sont formelles, les modèles climatiques montrent une convergence rare et une confiance élevée dans le développement d’El Niño pour 2026. Les indicateurs océaniques et atmosphériques pointent tous dans la même direction. La machine climatique est en marche, et rien ne peut plus l’arrêter à court terme.

Mais si les prochains étés records sont inévitables, l’ampleur des records futurs dépend encore des actions menées aujourd’hui. Chaque dixième de degré compte et la différence entre un monde à +2 °C et un monde à +3 °C se mesure en vies humaines, en écosystèmes préservés et en catastrophes évitées.

Les années 2026 à 2028 ne seront pas seulement les plus chaudes de l’histoire, elles seront aussi un test grandeur nature de notre capacité collective à faire face à un climat qui bascule définitivement dans une nouvelle ère.

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