En absence de régulations appropriées concernant la génération d’images ou de vidéos à l’aide de l’intelligence artificielle, et si la solution était d’engager des humains pour chasser les dérives illégales ? Voici l’approche qu’a décidé de prendre LightBar, une start-up américaine pleine de mystères que le média Deadline est parti interroger sous anonymat. Pourquoi tant de secrets ? Tout simplement car l’entreprise cherche à éviter de compromettre l’identité de son fondateur, de ses entrepreneurs et de ses collaborateurs afin de pouvoir mener à bien leurs investigations auprès des grands pontes de l’IA.
LightBar cherche à devenir un expert de confiance auquel les studios et autres entreprises de l’industrie cinématographique pourront avoir recours pour tenter de chasser les modèles d’IA qui n’hésite pas à plagier sans vergogne. Car si Disney a fait le choix de vendre ses propriétés intellectuelles à OpenAI afin de restreindre et réguler leur utilisation via cette seule entreprise, d’autres studios pourraient préférer assurer leurs arrières sans avoir à intégrer leurs créations dans un modèle génératif. Et c’est là que LightBar entre en jeu : mais comment fonctionne cette chasse à l’intelligence artificielle ?
Et si cafteur professionnel était une carrière du futur ?
Selon LightBar, il y a un véritable marché professionnel à établir dans la chasse à l’IA. Les studios peinent à faire face à l’évolution de cette technologie, et pour l’heure, aucun outil numérique ne permet encore d’identifier avec précision les dérives en matière d’infractions à la propriété intellectuelle. Ainsi, l’entreprise souhaite se reposer sur les efforts de n’importe quel utilisateur naviguant sur le web. Les internautes peuvent s’improviser chasseurs de primes et gagner environ deux dollars par trouvaille validée par les modérateurs de LightBar. Malheureusement, les résidants français ne peuvent pas encore s’essayer à cet exercice. En effet, le site web de la start-up indique que ses services ne sont pas encore disponibles dans notre région.
Mais concrètement, qu’est-ce qui est qualifié de “trouvaille” pour l’entreprise ? L’objectif est de pousser les IA à commettre le crime de plagiat. Car aujourd’hui, si certains modèles bloquent automatiquement les prompts contenant les noms de personnages cultes, il est toujours possible de ruser pour contourner ces restrictions. Si l’on demande à une IA de générer l’image d’un “plombier moustachu issu d’une grande franchise vidéoludique japonaise” il est fort probable que le modèle nous génère un personnage très proche de Mario.
Et le modèle économique de l’entreprise dans tout ça ? LightBar cherche tout simplement à regrouper le plus de preuves possible via le travail de ses chasseurs de prime, preuves que les studios pourront acheter moyennant un pourcentage de l’argent gagné suite à un procès, un règlement à l’amiable ou un accord de licence. Puisque la start-up vient tout juste de se lancer, il est encore difficile de savoir si ses services serviront véritablement à quelque chose, ou même si elle parviendra véritablement à être rentable. Reste que sa création prouve que l’impact de l’intelligence artificielle sur l’industrie créative mène à des réactions et des solutions pour le moins insolites. Qui aurait cru que jouer les cafteurs contre l’IA puisse devenir un vrai métier ?
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