Nancy Guthrie, 84 ans, a été enlevée début février à son domicile de Tucson, en Arizona. Du sang correspondant à son ADN a été retrouvé sur le porche, et des demandes de rançon ont été envoyées à plusieurs médias. Sa fille, Savannah Guthrie, figure très connue de la télévision américaine, est désespérée et l’affaire a immédiatement suscité une forte couverture médiatique, à la hauteur de la notoriété de la famille.
Une disparition très médiatisée
Pendant plusieurs jours, les autorités ont expliqué qu’un obstacle majeur freinait l’enquête : la caméra fixée à la porte d’entrée avait été « déconnectée » peu avant la disparition. Le shérif du comté de Pima avait précisé que, faute d’abonnement actif au service associé à l’appareil, aucune vidéo n’avait été conservée.
Puis, coup de théâtre. Le directeur du FBI, Kash Patel, a publié des images en noir et blanc montrant un individu armé, masqué et ganté, s’approchant de la porte le matin des faits. Sur un cliché, il semble manipuler un objet ressemblant à une plante ; sur un autre, il commence à démonter la caméra Nest installée près de l’entrée.
Ces images, a-t-il expliqué, ont été récupérées à partir de « données résiduelles situées dans des systèmes back-end ». Autrement dit : des fragments stockés sur des serveurs distants, alors même que l’appareil était censé être hors ligne. Pourquoi avoir attendu plusieurs jours avant de rendre ces éléments publics ? Il pourrait s’agir d’une stratégie classique dans les milieux policiers : tenter d’identifier discrètement la personne filmée avant de diffuser les images au public.
La caméra en question appartient à la gamme Nest, propriété de Google depuis 2014. Comme la plupart des sonnettes connectées, elle ne dispose pas d’un stockage interne important : les séquences sont généralement envoyées vers des centres de données, aux États-Unis ou ailleurs.
La politique de confidentialité de Google précise qu’une caméra peut continuer à transmettre des images vers ses serveurs, y compris lorsque l’utilisateur ne voit pas d’indicateur clair à l’écran. Surtout, les données ne disparaissent pas instantanément. Sans abonnement, elles peuvent être supprimées automatiquement après un certain délai. Mais si les forces de l’ordre interviennent avant la suppression, il est parfois possible de récupérer ces « résidus ».
Selon de nombreux contrats d’utilisation, les entreprises peuvent transmettre des données aux autorités avec un mandat… mais des exceptions existent. Dans certains cas, les données collectées appartiennent juridiquement à la société, pas au propriétaire de la caméra. Ce qui représente de sérieuses implications en matière de vie privée, même si dans ce cas précis, il s’agit d’abord et avant tout de collecter le maximum d’informations pour retrouver la disparue.
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