L’administration Trump travaillerait sur un portail en ligne hébergé sur freedom.gov qui fonctionnerait comme un VPN destiné… aux citoyens européens pour contourner les réglementations numériques du Vieux Continent. L’information, révélée par Reuters et reprise par nos confrères de 01net, a de quoi faire tiquer autant les défenseurs des libertés numériques que les régulateurs bruxellois, et pour des raisons bien différentes.
L’idée est simple : permettre à un internaute européen de se connecter comme s’il se trouvait aux États-Unis pour ainsi accéder à des contenus proscrits par le Digital Services Act (DSA). Cette dernière est la réglementation européenne qui oblige plateformes et réseaux sociaux à lutter contre les discours haineux et la désinformation, et qui est décriée par de nombreux acteurs du digital.
Pour Washington, cette régulation n’est rien d’autre que de la censure orwellienne et pour Bruxelles, c’est précisément ce qui protège la démocratie. Mais au-delà du bras de fer politique, une question technique et fondamentale s’impose : faire confiance à un VPN géré par le gouvernement américain, est-ce vraiment une bonne idée ?
Contourner un règlement pour tomber sous une surveillance
Un VPN n’est pas une solution magique d’anonymat : son efficacité repose entièrement sur la confiance accordée à l’entité qui le gère et les meilleurs VPN comme NordVPN ou Proton se font régulièrement auditer pour montrer leur bonne foi. Or, un service opéré par le département d’État américain serait, par définition, soumis aux lois américaines et notamment aux injonctions des agences de renseignement comme la NSA ou le FBI.
Les révélations d’Edward Snowden en 2013 ont démontré l’étendue de la surveillance américaine sur les communications numériques mondiales. Autrement dit, un Européen qui utiliserait freedom.gov ne serait pas anonyme : il serait potentiellement visible du gouvernement américain avec horodatages, adresses IP et historique de navigation à la clé. La comparaison avec des acteurs privés comme NordVPN, basé au Panama, ou ProtonVPN, ancré en Suisse sous l’une des législations les plus protectrices de la vie privée au monde, est brutale.
Ces services ont construit leur réputation sur des politiques strictes de non-conservation des logs et elles sont régulièrement auditées par des tiers indépendants (Deloitte, PwC, etc). Un VPN gouvernemental américain serait structurellement incapable d’offrir de telles garanties : en effet, les agences fédérales disposent de mécanismes légaux pour contraindre n’importe quel opérateur américain à livrer des données utilisateurs, en toute discrétion et sans recours judiciaire possible.
En voulant offrir aux Européens un outil pour échapper à la “censure” de Bruxelles, Washington leur proposerait un service dont il serait lui-même potentiellement le principal observateur. Contourner le DSA pour se retrouver dans le viseur de la NSA, c’est troquer une contrainte réglementaire contre une surveillance bien plus opaque et sans recours. Pour quiconque cherche réellement à protéger sa vie privée, la règle reste immuable : un VPN digne de confiance doit être indépendant de tout gouvernement, soumis à une juridiction protectrice, et audité régulièrement. “Freedom.gov” ne coche aucune de ces cases.
9200 serveurs
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