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Canal+ : la justice ordonne le blocage des sites pirates par Google et Microsoft

Canal+ ne compte visiblement pas regarder les pirates marquer des buts tranquillement. Saisi par la chaîne cryptée, le tribunal judiciaire de Paris a ordonné à Google et Microsoft de faire le ménage dans leurs résultats de recherche en bloquant l’accès à plusieurs sites et services IPTV qui diffusent illégalement la Premier League en France.

Si vous tapiez le nom d’une de ces plateformes dans un moteur de recherche, il devrait bientôt devenir beaucoup plus difficile de tomber dessus. Seize noms de domaine sont dans le viseur immédiat, mais la décision, relevée par UniversFreebox, prévoit aussi d’anticiper les petits malins qui changeraient d’adresse en cours de route. Les nouveaux sites signalés pourront eux aussi être bloqués.

Google et Microsoft sommés d’agir sous trois jours

Canal+ a quelques raisons de monter au créneau. Le groupe détient en exclusivité les droits de diffusion des 380 matchs de Premier League pour la saison 2025-2026, du 15 août 2025 au 24 mai 2026. Un contrat en béton signé avec la Football Association Premier League. Problème : pendant que les abonnés payent leur dû, des matchs se retrouvent diffusés gratuitement en direct sur une ribambelle de sites accessibles depuis la France.

Face à ces retransmissions sauvages, la chaîne a choisi l’option judiciaire. Durant la procédure, Google a tenté de contester la capacité de certaines entités du groupe Canal+ à agir, estimant qu’elles ne détenaient pas directement les droits nécessaires. Argument balayé par le tribunal, qui a retenu l’existence d’atteintes graves et répétées aux droits exclusifs d’exploitation audiovisuelle et aux droits voisins invoqués.

Le message est très clair : les moteurs de recherche doivent agir vite. Google et Microsoft disposent de trois jours après la notification du jugement pour mettre en place les mesures techniques nécessaires. Le blocage restera en vigueur jusqu’à la fin de la saison 2025-2026. Et il s’applique quasiment partout : métropole, outre-mer… sauf en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie française et aux îles Wallis-et-Futuna.

Cette décision ne sort pas de nulle part. Début février, le même tribunal avait déjà mis la pression sur deux poids lourds des VPN, NordVPN et Surfshark. Eux aussi ont été contraints de filtrer l’accès à seize plateformes IPTV illégales diffusant notamment le championnat anglais. La justice s’appuyait alors sur l’article L. 333-10 du Code du sport, qui encadre la lutte contre la diffusion illicite de compétitions sportives. Les VPN sont considérés comme des intermédiaires techniques essentiels : ils ne peuvent pas se contenter de regarder passer les flux.

Les deux services ont évidemment protesté. Bloquer des domaines, selon eux, reviendrait à trahir leur promesse d’anonymat. Et puis, ajoutent-ils, ce type de mesure ne serait qu’un pansement sur une jambe de bois : les plateformes pirates changent régulièrement d’adresse, et les solutions de contournement circulent à grande vitesse. Et le phénomène prend de l’ampleur. L’IPTV illégale séduit de plus en plus d’internautes, attirés par des offres proposant des milliers de chaînes et des contenus premium pour quelques dizaines d’euros par an.

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