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C’est historique : la RATP perd ses bus dans les Hauts-de-Seine, et passe la main à l’Italie

Depuis le 1er mars, 18 lignes de bus du sud des Hauts-de-Seine ne sont plus exploitées par la RATP. C’est une première historique : un opérateur étranger, l’italien ATM, prend les commandes.

Depuis ce week-end, les usagers qui empruntent les bus à Issy-les-Moulineaux, Clamart, Vanves, Châtillon, Meudon ou Fontenay-aux-Roses ont peut-être remarqué un détail : les chauffeurs arborent désormais un gilet gris et bleu siglé Île-de-France Mobilités. Derrière ce changement de tenue discret, c’est une révolution silencieuse mais majeure dans les transports publics franciliens. Dix-huit lignes de bus, dont cinq Noctiliens, sont passées sous la responsabilité d’ATM, la régie des transports de Milan. C’est la toute première fois qu’un opérateur étranger exploite des lignes de bus en Île-de-France.

Milan débarque à Paris

ATM, est une entreprise détenue à 100% par la municipalité de Milan. Autrement dit, c’est un service public… mais italien. L’opérateur est déjà présent à Copenhague, où il gère l’ensemble du réseau de métro, ainsi qu’à Salonique en Grèce. Sa candidature en France s’inscrit dans une stratégie d’expansion internationale bien rodée. Le groupe avait d’ailleurs déjà tenté sa chance sur les lignes 16 et 17 du Grand Paris Express avant de décrocher le gros lot sur cette portion de bus.

Pour ce contrat, baptisé “Croix du Sud” du côté d’Île-de-France Mobilités, ATM récupère 200 bus, environ 700 conducteurs transférés et la charge de transporter plus de 2 millions de voyageurs chaque année. Le contrat court jusqu’à fin février 2031, avec une possible prolongation d’un an. Pour l’opérateur milanais, il s’agit d’un premier pied dans la porte : une démonstration grandeur nature avant de candidater à d’autres appels d’offres sur le réseau francilien, dont la redistribution se poursuivra encore pendant plusieurs années. Du côté des conducteurs, la loi prévoit le maintien du salaire net, la garantie d’emploi et le régime spécial de retraite RATP pour les agents transférés. Mais les syndicats restent prudents.

La fin d’un monopole vieux de 75 ans

Ce transfert n’est pas une surprise : c’est l’aboutissement d’un processus enclenché il y a plusieurs années sous l’impulsion d’une directive européenne de 2007 imposant l’ouverture à la concurrence des réseaux de transport. En Île-de-France, la présidente Valérie Pécresse a même contraint la RATP à créer une filiale privée pour rester dans la course. La régie s’en sort toutefois bien dans cette redistribution des cartes. Sur l’ensemble des lots attribués, elle conserve environ 70% des bus de petite couronne et la totalité des lignes circulant à Paris intramuros.

De plus, ATM n’est pas seul dans la danse : Transdev, qui va bientôt passer sous pavillon allemand récupère 19 autres lignes en Seine-Saint-Denis et dans neuf arrondissements parisiens à partir de mai 2026. La question qui se pose maintenant est celle de la coordination. Avec trois, quatre, voire cinq opérateurs différents sur un même réseau, organiser un service de substitution en cas de panne sur le RER ou le métro va devenir un exercice logistique autrement plus complexe.

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