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Pénurie de carburant : faire la queue à la pompe ne servira à rien (ce sera même pire)

Depuis les frappes contre l’Iran et la fermeture du détroit d’Ormuz, les Français font la queue dans les stations-service. Un réflexe compréhensible, mais contreproductif.

Ce week-end du 1er mars 2026, les Françaises et les Français se sont rués à la pompe, pour anticiper les éventuelles hausses de prix qui feraient suite aux frappes conjointes des États-Unis et d’Israël contre l’Iran, lancées dans la nuit du 28 février. Après la fermeture du détroit d’Ormuz, l’approvisionnement des stations-services n’est plus garanti.  Le problème, c’est qu’il n’y a pas de pénurie de carburant en France. Et la précipitation collective de ce week-end risque précisément de créer un effet Streisand, en provoquant la situation que tout le monde cherche à éviter.

Pourquoi Ormuz ?

Le détroit d’Ormuz, ce corridor maritime de 50 kilomètres de large coincé entre l’Iran et le sultanat d’Oman, est le point de passage incontournable pour les pétroliers qui quittent le Golfe persique. En 2024, environ 20 millions de barils de brut y transitaient chaque jour, soit l’équivalent de près de 20 % de la consommation mondiale de pétrole. Autant dire que quand Téhéran ferme ce robinet, même symboliquement, les marchés financiers réagissent avant même qu’un litre d’essence ne manque. Et c’est exactement ce qui s’est produit. Lundi 2 mars, les cours du pétrole se sont envolés, le Brent atteignant un pic de +13 % à 80 dollars le baril, avant de redescendre autour de 76 dollars.

Éviter un effet Streisand

Si pour le moment, aucune pénurie mondiale de pétrole n’est à prévoir, le comportement des automobilistes pourrait bien précipiter la crise latente. Les stations-service ne sont pas pensées pour absorber une ruée massive et simultanée. Si tout le monde s’y précipite au même moment pour éviter la hausse des prix, la demande explose, les réserves locales s’épuisent, et la pénurie devient une prophétie auto-réalisatrice. Ce n’est pas de la géopolitique qui vide les cuves, c’est de la panique.

Ce qui risque en revanche de changer dans les prochains jours, c’est la note à la pompe. La situation en Iran promet de se répercuter progressivement sur les prix, surtout si le conflit persiste. La stratégie la plus efficace dans ce contexte n’est donc pas de faire la queue pour remplir un jerrican, mais plutôt de limiter ses déplacements et de surveiller les comparateurs de prix officiels.

Rappelons qu’en France, les pénuries de carburant ont presque toujours été causées par des grèves de raffineries ou des blocages de dépôts. Pour l’instant, les cuves sont pleines.

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