Tim Sweeney n’a jamais été du genre discret. Le patron d’Epic Games a passé plusieurs années à dénoncer publiquement les pratiques des boutiques d’applications d’Apple et de Google. Dans ses sorties médiatiques, il avait notamment accusé les deux géants de fonctionner comme des « business de type gangster » et dénoncé ce qu’il considérait comme des plateformes verrouillées.
Un accord qui impose de changer de ton
Mais l’accord signé avec Google marque un tournant. Selon les termes du règlement du litige, Epic et son dirigeant s’engagent désormais à tenir un discours nettement plus favorable à propos d’Android et du Play Store. Le document visé par The Verge prévoit en effet qu’Epic reconnaisse que « la plateforme Google et Android, avec les changements prévus, est favorable à la concurrence et constitue un modèle pour les plateformes et boutiques d’applications ». L’entreprise doit même « faire des efforts de bonne foi » pour défendre cette position publiquement.
Autrement dit, les critiques frontales qui faisaient la réputation de Tim Sweeney vont devoir se faire beaucoup plus rares. L’accord va plus loin qu’un simple cessez-le-feu judiciaire. Epic renonce à poursuivre Google sur ces questions, mais aussi à critiquer publiquement ses politiques concernant la boutique d’applications. Dans certaines circonstances, Tim Sweeney pourrait même être amené à défendre cet accord dans d’autres procédures judiciaires.
Et cette obligation pourrait durer longtemps. La clause prendra fin cinq ans après la mise en œuvre complète des changements promis par Google. Comme ceux-ci doivent être déployés au plus tard le 30 septembre 2027, Tim Sweeney pourrait être tenu de garder un ton conciliant jusqu’en… septembre 2032 ! Il l’a d’ailleurs exprimé sans détour sur les réseaux sociaux : « Google ouvre Android avec un solide soutien aux boutiques concurrentes, aux paiements alternatifs et à de meilleures conditions pour les développeurs. Nous avons donc réglé tous nos différends dans le monde. Merci Google ! »
Si Epic a accepté ces conditions, c’est aussi parce que Google a promis plusieurs changements importants pour le Play Store. La modification la plus visible concerne la commission prélevée sur les transactions. Le fameux taux de 30 %, longtemps dénoncé par les développeurs, va être abaissé à 20 % dans la plupart des cas. Dans certaines situations, notamment pour les nouveaux téléchargements d’applications participant à certains programmes de Google, il pourra même descendre à 15 %.
Autre évolution notable : les développeurs auront davantage de liberté pour gérer les paiements. Ils pourront intégrer leurs propres systèmes de paiement directement dans leurs applications ou rediriger les utilisateurs vers leurs sites web pour finaliser un achat. Google prévoit aussi de faciliter l’installation de boutiques d’applications concurrentes sur Android.
Mise à jour — Epic Games a clarifié la situation. L’entreprise et son patron pourront toujours critiquer Google, mais sur des sujets autres que la distribution ou les commissions des boutiques d’apps. « Les échanges entre Epic et Google sont libres et ouverts tant qu’ils ne sont pas liés à l’accord », ajoute l’éditeur.
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