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Motorola veut des smartphones moins fouineurs avec GrapheneOS

Motorola s’associe à GrapheneOS pour proposer, sur certains modèles, une alternative à Android classique. Au programme : moins de services Google, plus de contrôle sur les données, et une offensive assumée sur le marché des entreprises.

Motorola veut faire de la sécurité un argument de vente à part entière. Le fabricant, propriété de Lenovo, a officialisé un partenariat avec la Fondation GrapheneOS pour intégrer son système d’exploitation alternatif sur plusieurs de ses smartphones. L’annonce donne aux utilisateurs soucieux de leur vie privée une nouvelle option plus intéressante qu’Android, qui pourrait aussi intéresser les entreprises un peu nerveuses à l’idée de voir leurs données s’éparpiller.

GrapheneOS, un Android sans Google (ou presque)

GrapheneOS n’est pas un inconnu dans les cercles technophiles. Basé sur Android Open Source Project (AOSP), il reste compatible avec la plupart des applications Android, mais fait l’impasse, par défaut, sur les services du géant du web. Surtout, il ajoute une couche de protection supplémentaire : contrôle plus fin des accès réseau et des capteurs, masquage automatique d’informations sensibles dans les captures d’écran, et même la possibilité de neutraliser le port USB-C ou de le limiter à la simple recharge pour éviter les mauvaises surprises avec un câble douteux.

« Nous sommes ravis de nous associer à Motorola pour intégrer […] le système d’exploitation mobile GrapheneOS, leader du secteur en matière de confidentialité et de sécurité », a indiqué un porte-parole de la fondation. Les deux partenaires promettent des recherches communes et des améliorations logicielles dans les prochains mois.

Pour l’utilisateur, l’intérêt est clair : davantage de maîtrise sur ce que fait le téléphone en arrière-plan. GrapheneOS permet par exemple de multiplier les profils utilisateurs — jusqu’à 32, contre quatre pour Android standard. Pratique pour un smartphone partagé entre collègues ou pour cloisonner vie pro et vie perso sans jongler entre deux appareils.

Motorola n’a pas encore dévoilé les modèles qui seront concernés en premier. La marque parle d’un partenariat « de long terme », ce qui laisse entendre que l’intégration se fera progressivement. Une chose est sûre : le constructeur veut se positionner comme un acteur crédible sur le terrain de la confidentialité, à l’heure où la question des données personnelles est devenue centrale.

En parallèle, Motorola muscle son écosystème logiciel. L’application Moto Secure s’enrichit d’une nouvelle fonction baptisée « Private Image Data ». Activée, elle supprime automatiquement les métadonnées sensibles, comme les coordonnées GPS, des photos prises avec le smartphone. De quoi éviter qu’une image partagée un peu trop vite ne révèle plus que prévu. Le déploiement est annoncé sur les appareils Motorola Signature.

Au final, Motorola joue sur deux tableaux. D’un côté, une alternative à Android classique pour les amateurs de discrétion numérique. De l’autre, des outils pensés pour les organisations qui veulent garder la main sur leurs appareils.

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