Nvidia a profité de l’explosion de l’IA comme peu d’entreprises avant elle. Les GPU du groupe sont devenus l’infrastructure de base des modèles d’OpenAI, d’Anthropic et de nombreux autres acteurs. Autant dire que la société gagne déjà très bien sa vie sans avoir besoin de multiplier les paris financiers.
Nvidia préfère vendre des puces que de prendre parti
Lors d’une conférence Morgan Stanley, le CEO Jensen Huang a expliqué que les investissements récents dans OpenAI et Anthropic seraient probablement les derniers. « La raison, c’est qu’ils vont entrer en Bourse », a-t-il résumé. Une fois l’introduction réalisée, les opportunités d’investissement privé deviennent beaucoup plus rares. Nvidia vient pourtant de participer à l’une des plus grosses levées de fonds jamais réalisées dans l’IA : 110 milliards de dollars pour OpenAI. Dans ce tour de table, le fabricant de puces a apporté 30 milliards, aux côtés d’Amazon (50 milliards) et de SoftBank (30 milliards).
Dans ses documents financiers récents, Nvidia souligne d’ailleurs qu’il n’existe « aucune assurance » qu’un accord d’investissement plus large que ceux déjà conclus avec OpenAI soit conclu. Quoi qu’il arrive, la relation entre les deux entreprises reste solide. OpenAI s’est engagé à utiliser massivement les systèmes Vera Rubin de Nvidia. Si Nvidia choisit de lever le pied sur les investissements, c’est peut-être aussi parce que le paysage de l’IA devient de plus en plus chaotique. Le groupe se retrouve aujourd’hui actionnaire de deux rivaux directs, OpenAI et Anthropic, dont les visions et les alliances divergent fortement. Et ces derniers mois, les tensions se sont multipliées.
La relation avec Anthropic s’est déjà crispée peu après l’annonce d’un investissement de 10 milliards de dollars par Nvidia. Sur la scène du Forum de Davos, son PDG Dario Amodei avait comparé la vente de processeurs d’IA à certains clients étrangers à « la vente d’armes nucléaires à la Corée du Nord ». Une remarque visant implicitement les fabricants de puces.
Dans ce climat, Nvidia occupe une position particulière : celle du fournisseur indispensable à tout l’écosystème. Peu importe qui gagne la bataille des modèles, les centres de données continueront d’acheter ses puces. Au temps de la ruée vers l’or, on aurait dit que Nvidia vendait les pelles et les pioches… Mieux vaut rester dans cette position que de choisir un camp dans l’eldorado de l’IA.
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