Passer au contenu

Au fait, combien ça rapporte de travailler pour Sony ou Nintendo ?

Travailler dans l’industrie du jeu vidéo est un rêve pour beaucoup, mais est-ce que le salaire est à la hauteur ou est-ce qu’il faut ramasser des pièces le long de l’aventure histoire d’avoir une vie ?

On ne va pas se mentir, quand on est passionné de jeux vidéo, l’idée de bosser pour Nintendo ou Sony a traversé l’esprit de beaucoup d’entre nous. Mais concrètement, ça donne quoi côté fiche de paie ? OpenMoney, un service japonais qui agrège des données salariales fournies anonymement par les employés, vient de publier un classement de sept grandes entreprises du secteur. Salaire annuel moyen, heures supplémentaires mensuelles, satisfaction au travail, on vous dit tout.

Sony loin devant, Square Enix ferme la marche

Sans grande surprise, Sony Interactive Entertainment (SIE) truste la première place avec un salaire annuel moyen de 9,94 millions de yens, soit environ 54 000 euros. Et en prime, c’est aussi l’entreprise où l’on fait le moins d’heures sup’ avec 17,6 heures par mois en moyenne. Capcom suit avec environ 46 000 euros annuels, SEGA avec 44 000 euros, puis Bandai Namco à 43 000 euros. Nintendo, souvent perçu comme le saint Graal du secteur, se place en cinquième position avec environ 41 500 euros annuels et 27,2 heures de dépassement mensuel. Konami et Square Enix ferment le classement, ce dernier affichant le salaire moyen le plus bas de 37 000 euros en moyenne et, sans surprise, la satisfaction employés la plus faible du classement avec un score de 2,77 sur 5. Le classement révèle quand même certaines anomalies, comme Bandai Namco qui cumule à la fois les heures supplémentaires les plus longues du classement (28,3 heures par mois) et le score de satisfaction le plus élevé (3,89/5). On sait que le monde du travail au Japon est réputé pour ne pas être sain, mais allez comprendre.

Et en France, on en est où ?

Et en France, combien ça gagne quand on travaille dans le jeu vidéo ? Le salaire moyen d’un développeur de jeux vidéo en France tourne autour de 36 800 euros brut par an, soit à peine plus de la moitié du salaire moyen chez le moins bien payé du classement japonais, Square Enix. Un développeur débutant peut espérer démarrer autour de 3 000 euros brut par mois, quand un directeur technique senior à Paris peut viser jusqu’à 7 000 euros brut mensuels.

Évidemment, la comparaison a ses limites. Le coût de la vie à Tokyo ou Osaka n’est pas celui de Lyon ou Bordeaux, et les données japonaises reflètent une moyenne tous postes confondus au sein de ces entreprises, pas uniquement les développeurs. Il faut aussi noter que les salaires japonais dans le jeu vidéo ont longtemps été considérés comme faibles pour le secteur.

Quand on compare le salaire de la personne qui a surement été la plus impactante dans toute l’industrie du jeu vidéo moderne qu’est Shigeru Miyamoto et ses 1,84 million d’euros face à Robert Kotick, ancien PDG d’Activision Blizzard qui n’a surement jamais touché à un jeu vidéo de sa vie, la différence est flagrante. En effet, Bobby touchait la bagatelle de 120 millions d’euros il y a quelques années encore.

Une industrie qui se revalorise, mais pas sans douleur

La tendance est en ce moment à la hausse, aussi bien au Japon qu’en France. Sony va d’ailleurs encore renforcer son attractivité en avril avec une revalorisation record de ses salaires d’entrée au Japon. Côté français, le jeu vidéo reste la première industrie culturelle et créative en France, et les recrutements restent actifs. L’événement culturel qu’a été Clair Obscur Expedition 33 a d’ailleurs permis de redorer le blason de l’exception à la française dans le JV, malgré les déclarations toujours plus hasardeuses de Macron sur le sujet. Il ne faut pas oublier par contre que travailler pour l’industrie du jeu vidéo n’est pas un long fleuve tranquille. Malgré des profits record, les quotas d’embauche en baisse et les vagues de licenciements sont monnaie courante. Décrocher un poste dans ce secteur est une chose, mais le conserver en est une autre.

🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.

Mode