Le véhicule de XPeng est conçu pour répondre aux standards de conduite autonome de niveau 4 : il peut se conduire seul dans un périmètre opérationnel défini, sans intervention humaine. Il embarque quatre puces Turing développées en interne par XPeng, pour une puissance de calcul totale de 3 000 TOPS.
Mais le choix technique le plus significatif est ailleurs, car le système repose sur une approche dite de vision pure : pas de capteurs LiDAR, pas de cartographie haute définition. La détection et la navigation s’appuient entièrement sur le modèle d’intelligence artificielle VLA 2.0. C’est exactement le même pari que Tesla avec son FSD. Pas de LiDAR à 10 000 euros par véhicule, pas de cartes HD à mettre à jour en permanence, et si ça fonctionne, ça change radicalement l’économie du robotaxi.
VLA 2.0 a été déployé officiellement en mars 2026 sur la flotte de véhicules XPeng. Son impact a été immédiat sur les ventes car après son lancement, le temps moyen que les clients prennent pour décider d’acheter après un essai a diminué de 44,7 % d’un mois sur l’autre. Les gens essaient donc l’ADAS et signent plus vite !
Le marché dans lequel XPeng arrive
La Chine n’attend pas. Apollo Go de Baidu revendiquait 250 000 courses hebdomadaires fin 2025 sur plus de vingt villes. Pony.ai et WeRide exploitent chacun des flottes de plus de 1 000 véhicules. Geely, avec son EVA Cab, peut s’appuyer sur le réseau existant de CaoCao Mobility, présent dans 60 villes.
Aux États-Unis, Tesla a lancé son service de robotaxi à Austin en juin 2025, sans supervision à bord depuis janvier 2026, étendu à Dallas et Houston. Waymo reste l’opérateur le plus avancé commercialement, avec des centaines de milliers de courses par semaine dans plusieurs grandes villes américaines.
XPeng arrive donc dans un marché déjà structuré, avec des acteurs établis. Ce qui le distingue, c’est d’être le premier constructeur automobile à avoir produit en masse un robotaxi entièrement développé en interne. Baidu et Pony.ai sont des pure players de l’autonomie qui intègrent leurs systèmes dans des véhicules achetés à des tiers. XPeng conçoit et fabrique tout, de la carrosserie à la puce.
La stratégie derrière le produit
Le PDG de XPeng, He Xiaopeng, a déclaré clairement que la production en masse de robotaxis et de robots humanoïdes est l’une de ses deux priorités personnelles pour 2026, aux côtés de la croissance des ventes de véhicules grand public. Ce n’est pas un projet annexe, mais un axe stratégique central, avec des ressources en conséquence.
Le groupe dispose de 47,66 milliards de yuans de liquidités au 31 décembre 2025, soit environ 6 milliards d’euros. Une réserve qui permet d’absorber les pertes d’un déploiement commercial progressif pendant que la technologie monte en maturité. Tesla a mis des années à rendre son robotaxi viable à Austin. XPeng commence la production en masse avant même d’avoir lancé un service commercial à grande échelle !
Pendant des années, la vision dominante était que le robotaxi resterait l’apanage de pure players hyper-spécialisés comme Waymo ou Cruise, avec des investissements de R&D que seuls les grands groupes technologiques pouvaient absorber. XPeng est en train de montrer qu’un constructeur automobile peut internaliser toute la stack technologique et produire en masse. Si ça se confirme industriellement dans les prochains trimestres, ça change les règles du jeu pour tout le monde.
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