La Chine prépare son premier grand test de défense planétaire. Le scénario est simple : envoyer une sonde s’écraser à très grande vitesse sur un astéroïde afin de modifier son orbite. L’opération pourrait avoir lieu en 2029 ou 2030, lorsque la cible passera à environ sept millions de kilomètres de la Terre.
Une cible minuscule et encore mal connue
Cette méthode dite de l’impact cinétique a déjà fait ses preuves. En septembre 2022, la sonde DART de la NASA a percuté Dimorphos, le petit satellite de l’astéroïde Didymos. Le choc a raccourci de 33 minutes son orbite autour de son compagnon, confirmant qu’un engin spatial pouvait déplacer un objet céleste. Les scientifiques chinois veulent cependant aller un peu plus loin. Selon eux, DART n’a pas directement changé la trajectoire d’un astéroïde autour du Soleil par rapport à la Terre. Leur mission chercherait donc à reproduire une situation plus proche d’une véritable opération de protection planétaire.
La cible retenue serait 2015 XF261, un astéroïde découvert en 2015 et dont le diamètre est estimé à une trentaine de mètres. Il reste toutefois assez mystérieux : sa composition, sa forme exacte et sa rotation sont inconnues. Très peu lumineux, il n’a été observé que 74 fois. L’impacteur devrait le frapper à plus de neuf kilomètres par seconde, soit environ 32.400 km/h. C’est nettement plus rapide que DART, qui voyageait à 6,1 kilomètres par seconde au moment de la collision. Les chercheurs évoquent une modification de son orbite, voire une possible fragmentation de sa structure.
Une seconde sonde serait envoyée en même temps. Après le décollage, les deux engins se sépareraient : l’impacteur prendrait une route directe, tandis que l’observateur passerait par Vénus pour profiter de son assistance gravitationnelle. Arrivée sur place, la sonde d’observation étudierait la surface, la forme et l’intérieur de l’astéroïde. Elle larguerait également un petit appareil chargé de suivre la collision en temps réel. Des télescopes terrestres compléteraient les mesures.
Toute la difficulté sera d’abord de trouver puis de frapper une cible d’à peine 30 mètres. Durant l’approche finale, l’impacteur devra se guider seul, car le délai des communications avec la Terre empêchera tout pilotage précis à distance. Après le choc, les chercheurs devront mesurer une variation de trajectoire probablement minime, malgré le nuage de poussière et de débris. Ils devront aussi confirmer que l’opération n’a rendu l’astéroïde ni instable ni dangereux… pour notre planète. Le projet n’est pas encore définitivement validé.
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