Les panneaux solaires sont efficaces, mais ils ont un défaut : ils se remarquent. Une équipe de chercheurs de la NTU de Singapour travaille justement sur une solution capable de produire de l’électricité sans attirer l’attention. Leur création est une cellule solaire en pérovskite si fine qu’elle paraît presque irréelle. Les chercheurs expliquent qu’elle est environ 10.000 fois plus fine qu’un cheveu humain et jusqu’à 50 fois plus mince que les cellules en pérovskite classiques.
Une cellule solaire qui sait se faire oublier
Le plus surprenant est que cette cure d’amincissement ne s’est pas traduite par des performances au rabais. Les résultats publiés dans la revue ACS Energy Letters figurent parmi les meilleurs obtenus à ce jour pour ce type de cellule solaire ultrafine.
Autre atout : ces cellules sont semi-transparentes et neutres en couleur. En clair, elles peuvent être intégrées à une vitre sans lui donner l’apparence d’un panneau photovoltaïque. Dans leur version la plus avancée, elles laissent passer environ 41 % de la lumière visible tout en continuant à produire de l’électricité. De quoi imaginer des fenêtres capables d’éclairer un bureau tout en participant à son alimentation électrique.
« Les bâtiments représentent environ 40 % de la consommation mondiale d’énergie », rappelle la professeure Annalisa Bruno, qui a dirigé les travaux. Transformer des surfaces déjà existantes en producteurs d’énergie devient donc une piste de plus en plus intéressante. Les applications potentielles ne manquent pas. Les chercheurs évoquent les façades vitrées des immeubles, les fenêtres, les toits panoramiques des voitures ou encore les lunettes connectées.
L’un des avantages des pérovskites par rapport au silicium traditionnel est leur capacité à fonctionner même lorsque le soleil ne tape pas directement sur la surface. Une lumière diffuse ou un ciel couvert suffisent à produire de l’électricité. Un point particulièrement intéressant pour les centres-villes, où les immeubles passent une bonne partie de la journée à se faire de l’ombre.
Cette technologie permet un contrôle très précis de l’épaisseur des films tout en évitant l’utilisation de certains solvants. Les performances obtenues restent modestes face aux meilleurs panneaux solaires conventionnels, mais elles sont impressionnantes au regard de la finesse des dispositifs. Les cellules opaques ont atteint jusqu’à 12 % de rendement, tandis que la version semi-transparente a affiché un rendement de 7,6 %.
À grande échelle, les chercheurs estiment que les façades vitrées d’un grand immeuble pourraient générer plusieurs centaines de mégawattheures d’électricité par an. De quoi couvrir la consommation annuelle d’une centaine d’appartements de quatre pièces.
🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.