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Revolut va proposer une nouvelle solution de paiement à ses clients

Ressaisir son numéro de carte, son cryptogramme et sa date d’expiration à chaque achat en ligne appartient peut-être bientôt au passé.

Il y a des petites frictions du quotidien numérique que l’on finit par ne plus voir. Renseigner, à chaque achat en ligne, les seize chiffres de sa carte bancaire, puis le code à trois chiffres au dos, puis la date d’expiration, puis valider via son application, en est une. C’est précisément ce problème qu’essaie de résoudre Click to Pay. La banque en ligne Revolut vient de franchir le pas en l’activant pour l’ensemble de ses clients européens.

Un clic, une adresse mail, c’est tout

Le principe de Click to Pay est simple à comprendre. Le service, développé conjointement par les grands réseaux de cartes bancaires (Visa, Mastercard, American Express et le groupement CB), repose sur un mécanisme de tokénisation. Concrètement, les données de la carte ne transitent jamais directement chez le e-commerçant. À la place, un jeton numérique unique est généré pour chaque transaction, ce qui rend les informations volées inutilisables en cas de piratage d’un site marchand.

Côté utilisateur, l’expérience est sensiblement plus fluide. Sur les sites compatibles, un logo Click to Pay apparaît à l’étape du paiement. L’acheteur n’a plus qu’à renseigner son adresse mail ou son numéro de téléphone, s’authentifier (automatiquement ou via un code envoyé), et la transaction est bouclée.

Le 16 juin 2026, Revolut a activé Click to Pay au niveau carte pour l’ensemble de ses 40 millions de clients européens. La néobanque fondée en 2015, qui revendique 70 millions de clients dans le monde, prend ainsi une longueur d’avance sur une grande partie du secteur bancaire français traditionnel.

Les banques françaises rattrapent leur retard

Revolut n’est pas la seule à proposer Click to Pay en France. N26 a emboîté le pas, et du côté des établissements plus traditionnels, la Banque Populaire et la Caisse d’Épargne permettent déjà à leurs clients d’activer le service. En parallèle, le Groupement des cartes bancaires a annoncé sa propre prise en charge de la technologie, ce qui ouvrirait Click to Pay à l’ensemble des porteurs de ses 76 millions de cartes actives en France. Un déploiement coordonné avec les banques partenaires est en cours, et sa généralisation pourrait intervenir d’ici fin 2026.

Rappelons que l’adoption de Click to Pay n’est pas anodine dans la guerre que se livrent Visa, Mastercard et CB pour le contrôle des flux de paiement en Europe. Mastercard a fixé un objectif de tokenisation à 100 % des transactions e-commerce en Europe d’ici 2030, un cap qui paraît moins utopique qu’il n’y paraît : près de la moitié de ses transactions e-commerce européennes sont déjà tokenisées, et les inscriptions Click to Pay ont plus que doublé en un an sur 26 marchés européens. Visa, de son côté, avance que le service permettrait de réduire la fraude jusqu’à 91 % par rapport à la saisie manuelle. Un argument de poids dans un contexte où les arnaques à la carte bancaire explosent.

Reste que l’adoption du dispositif dépend aussi des commerçants en ligne, dont les pages de paiement sont déjà parfois chargées de solutions concurrentes (PayPal, Apple Pay, Google Pay, Wero…). Intégrer un logo de plus dans le tunnel d’achat n’est pas automatique et représente un coût de développement que tous les e-commerçants ne sont pas forcément pressés d’assumer.

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