L’IPTV illégale a le sens du calendrier. Avant la Coupe du monde de football, les offres promettant des milliers de chaînes pour quelques dizaines d’euros par an ont forcément attiré les amateurs de ballon rond, de séries et de bouquets TV normalement beaucoup plus chers. Sauf que derrière la bonne affaire, il y a souvent une organisation bien rodée. Et parfois, la police au bout du flux.
Une organisation bien huilée
Les policiers de l’Office anti-cybercriminalité ont mis au jour un vaste réseau de revente d’abonnements IPTV pirates, rapporte Sud-Ouest. Quatorze personnes ont été interpellées ces derniers mois en France, en Europe et en Algérie. Elles sont poursuivies notamment pour contrefaçon, et pour certaines pour blanchiment en bande organisée.
L’enquête est partie d’une plainte déposée par Canal+. Le groupe avait repéré que ses chaînes étaient proposées sur des plateformes clandestines. Les investigations, menées sous l’autorité de la Juridiction interrégionale spécialisée de Bordeaux, ont d’abord ciblé un fournisseur de matériel installé dans les Landes. Elles ont ensuite mené les policiers dans l’Aude, l’Hérault et en Gironde.
En Gironde, un revendeur de boîtiers pirates et d’abonnements aurait encaissé plus de 340.000 euros en cinq ans. De quoi rappeler que l’IPTV illégale n’est pas seulement une petite combine entre voisins, mais un business très rentable quand il passe à grande échelle. Selon l’enquête, le réseau était dirigé par un Algérien d’une trentaine d’années, propriétaire du site proposant l’offre pirate. Il aurait pris soin de ne jamais recevoir directement l’argent généré par l’activité. Les fonds transitaient par des intermédiaires, ou via le paiement de frais liés à l’hébergement des données auprès de fournisseurs de serveurs.
Le responsable présumé s’appuyait sur des hommes de confiance, originaires de sa ville natale en Algérie, mais installés en France ou y ayant des attaches familiales. Leur rôle : recruter d’autres revendeurs, administrer les accès et faire tourner la boutique.
Les policiers ont saisi plusieurs centaines de milliers d’euros, ainsi que des biens immobiliers. Deux personnes soupçonnées d’avoir blanchi l’argent du réseau ont aussi été identifiées en Belgique et en Algérie. Elles auraient utilisé les comptes bancaires de proches installés en France. Une association censée aider les plus démunis en Algérie aurait également servi de coquille vide pour accueillir des fonds.
La police insiste aussi sur un autre point : les utilisateurs ne sont pas à l’abri de poursuites pénales. Les autorités réfléchissent à un système d’amende, de 150 € pour une première infraction à 5.000 € en cas de récidive, sur le modèle italien.
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