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Le nouveau mini-réacteur nucléaire américain encore loin de la prise électrique

L’administration Trump tient son réacteur nucléaire de poche. Antares Nuclear a réussi une démonstration de réaction nucléaire contrôlée avec son réacteur Mark-0. Un essai qui reste très loin d’un déploiement commercial.

Antares Nuclear a livré à l’administration Trump ce qu’elle attendait : une bonne nouvelle nucléaire avant le 4 juillet. La jeune entreprise américaine a annoncé que son réacteur Mark-0 avait réussi sa démonstration au laboratoire national de l’Idaho, sous l’autorisation du département américain de l’Énergie (DOE). C’est le premier réacteur du programme pilote voulu par la Maison-Blanche à franchir cette étape avant la date fixée par Donald Trump.

Beaucoup de symbole, mais pas encore de courant

« Réaction nucléaire », des mots impressionnants, mais ils mérite d’être cadrés. Ce test signifie que le cœur du réacteur entretient une réaction en chaîne de manière contrôlée. Dans le cas de Mark-0, il s’agit d’une démonstration « à puissance zéro » : l’engin ne produit pas d’électricité. Il ne s’agit donc pas encore d’un micro-réacteur prêt à alimenter une base militaire, un datacenter ou une installation isolée. Antares a surtout validé des paramètres de physique nucléaire et le comportement de son prototype.

Cela n’a pas empêché le département américain de l’Énergie de sortir les grands mots, en parlant d’un « accomplissement considérable » et de l’une des avancées les plus importantes du nucléaire américain depuis plus de quarante ans. La communication officielle colle de près avec la politique énergétique de Donald Trump, qui veut accélérer les tests de réacteurs avancés en s’appuyant sur les infrastructures du DOE plutôt que sur les circuits habituels, plus longs, de la Nuclear Regulatory Commission.

Mark-0 est un micro-réacteur refroidi par caloducs au sodium. Il utilise du combustible contenant de l’uranium faiblement enrichi à plus haute teneur que celui utilisé dans les centrales classiques. Le combustible a été fourni par BWX Technologies, déjà impliqué dans un projet de micro-réacteur transportable développé pour l’armée américaine.

C’est d’ailleurs un des points importants de cette histoire, vu de France : le projet n’est pas seulement civil. L’armée américaine a participé à l’intégration et à l’observation de l’essai, et Antares vise clairement les installations militaires parmi ses premiers clients. L’entreprise promet une production d’électricité en 2027, puis des premiers déploiements en 2028, notamment pour les besoins de l’armée US. La prudence reste donc de mise. Antares devra encore passer par d’autres tests, puis obtenir les autorisations nécessaires pour commercialiser sa technologie.

Cette démonstration confirme la différence d’approche entre les deux côtés de l’Atlantique. Les États-Unis mettent en avant la rapidité, les usages militaires et la multiplication de petits prototypes privés. La France, elle, reste structurée autour d’un nucléaire centralisé, industriel, très régulé, avec EDF, les grands réacteurs existants, l’EPR2 et quelques projets de petits réacteurs modulaires encore loin du marché.

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Source : DOE

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