- SpaceX prévoit de tenter un vol orbital de Starship le 22 septembre 2026, marquant une étape clé vers des missions orbitales.
- Le vol 14 vise à déployer des satellites Starlink V3 en orbite et à réaliser plusieurs tours autour de la Terre avant une rentrée contrôlée.
- Cette mission est cruciale pour tester la réutilisabilité du système de lancement et préparer des futures missions, y compris celles pour la NASA.
Cette fois, il ne s’agit donc plus simplement de vérifier que Starship peut atteindre l’espace et revenir. SpaceX veut démontrer qu’elle peut enfin franchir la frontière entre le vol suborbital et une véritable mission orbitale. Et cette différence est beaucoup plus importante qu’elle n’en a l’air.
Treize vols et toujours pas une orbite complète
Depuis le début des essais de Starship, SpaceX a progressivement fait évoluer le profil de ses missions. Les premiers vols ont surtout servi à vérifier que cet immense assemblage composé du booster Super Heavy et du vaisseau Starship pouvait décoller, se séparer et survivre suffisamment longtemps pour accumuler des données.
Le vol 13, réalisé le 24 juillet 2026, avait notamment permis au Starship V3 de déployer pour la première fois 20 satellites Starlink V3, de rallumer un moteur Raptor dans l’espace et de réaliser une rentrée atmosphérique contrôlée avant un amerrissage dans l’océan Indien. Le booster Super Heavy, lui, n’avait pas réussi son propre atterrissage et avait terminé sa course dans le golfe du Mexique.
Mais malgré ces progrès, le vaisseau n’avait toujours pas effectué une orbite complète. La raison est simple car jusqu’ici, les Starship étaient envoyés sur des trajectoires suborbitales. Ils atteignaient l’espace, parcouraient une grande partie de leur trajectoire autour de la Terre, puis retombaient dans une zone maritime prédéterminée. Le vol 13, par exemple, a suivi une trajectoire qui l’a conduit vers l’océan Indien avant sa rentrée.
Une mission orbitale impose une autre logique, une fois suffisamment rapide, le vaisseau ne doit plus simplement monter puis redescendre, il doit acquérir une vitesse suffisante pour rester en orbite autour de la Terre.
Et c’est précisément ce que SpaceX veut tenter avec le vol 14, à savoir six tours de la Terre avant de retomber dans le Pacifique. Selon le scénario annoncé par SpaceX et rapporté par Reuters, le Starship doit atteindre une altitude d’environ 275 kilomètres avant de se placer sur une orbite terrestre basse.
La mission devrait durer près de dix heures, pendant lesquelles le vaisseau effectuerait environ six tours de la Terre. Il doit ensuite rentrer dans l’atmosphère et terminer sa mission par un amerrissage dans le Pacifique, à l’ouest du Chili.
Le profil est donc très différent de celui des précédents vols. Starship ne se contentera plus de traverser brièvement l’espace, il devra rester en orbite pendant plusieurs heures, fonctionner dans cet environnement, puis gérer une rentrée atmosphérique après avoir accumulé plusieurs passages autour de la planète.
C’est une marche supplémentaire particulièrement importante pour SpaceX, car une fusée orbitale doit atteindre une vitesse bien plus élevée qu’un véhicule effectuant simplement une trajectoire suborbitale.
Le calendrier reste toutefois conditionnel puisque SpaceX vise le 22 septembre, mais le lancement dépend encore des autorisations réglementaires nécessaires. La FAA avait d’ailleurs déjà intégré Starship Flight 14 dans ses prévisions de circulation aérienne, ce qui montre que la fenêtre de lancement est bien en préparation, sans pour autant constituer à elle seule une garantie de décollage.
Starlink V3 : cette fois, les satellites doivent vraiment rester en orbite
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, SpaceX a déjà lancé de vrais satellites Starlink V3 avec Starship. Lors du treizième vol, 20 exemplaires avaient été embarqués et déployés avec succès. Mais leur trajectoire ne devait pas les maintenir durablement en orbite, ils ont été envoyés sur une trajectoire suborbitale et devaient finalement se désintégrer lors de leur rentrée.
SpaceX prévoit cette fois de déployer une première série de Starlink V3 sur une orbite terrestre, ce qui permettrait pour la première fois à Starship d’effectuer une véritable mission de mise en orbite avec une charge utile destinée à rester dans l’espace.
Ce détail est loin d’être anecdotique, car jusqu’ici, Starship a principalement été son propre cobaye. Avec Flight 14, le lanceur doit commencer à jouer le rôle pour lequel il a été conçu : transporter quelque chose en orbite.
Les V3 constituent justement une charge utile particulièrement intéressante pour SpaceX. Ces satellites de nouvelle génération sont conçus pour offrir une capacité nettement supérieure aux générations précédentes et sont destinés à devenir un élément important de la prochaine phase du réseau Starlink.
Le vrai défi reste la réutilisation
Atteindre l’orbite serait déjà une étape majeure, mais ce n’est pas l’objectif final de SpaceX. Le projet Starship repose depuis le départ sur une idée beaucoup plus ambitieuse : construire un système de lancement entièrement réutilisable, capable de repartir rapidement après une mission.
Le vol 14 doit donc tester une grande partie de cette chaîne. Le Super Heavy devra d’abord propulser l’ensemble hors de l’atmosphère, avant la séparation avec Starship. Le booster effectuera ensuite son retournement et sa manœuvre de retour avant de tenter son amerrissage contrôlé dans le golfe du Mexique.
Le vaisseau devra, de son côté, accomplir toute la partie la plus ambitieuse de la mission : mise en orbite, déploiement des satellites, maintien en vol orbital, rentrée atmosphérique et amerrissage dans le Pacifique.
Il ne faut toutefois pas confondre cette étape avec le fameux système de récupération par la tour de lancement. Le vol 14 ne doit pas encore tenter de rattraper le Starship ou le Super Heavy avec les bras de la tour. Cette étape viendra plus tard, une fois que SpaceX estimera les différentes phases suffisamment maîtrisées.
Le vol 13 avait justement permis de faire progresser plusieurs de ces briques. Le Starship avait réussi son rallumage moteur dans l’espace, sa rentrée et son amerrissage, tandis que SpaceX avait recueilli de précieuses données sur son bouclier thermique.
Un passage obligé pour la suite du programme
Le calendrier de SpaceX ne s’arrête évidemment pas à cette première tentative orbitale. La société veut à terme utiliser Starship pour lancer massivement des satellites Starlink, mais aussi pour des missions plus ambitieuses, notamment dans le cadre du programme lunaire de la NASA. Starship doit notamment servir de système d’atterrissage lunaire pour les futures missions Artemis.
Avant cela, il faut toutefois démontrer que le lanceur peut faire ce qu’aucun de ses précédents vols n’a encore réussi à faire : atteindre une orbite stable et y rester suffisamment longtemps pour accomplir une mission, avant de revenir.
Le vol 13 avait déjà franchi un cap en faisant voler et communiquer de vrais Starlink V3, tout en ramenant le vaisseau intact après sa rentrée. Le vol 14 doit maintenant transformer cette démonstration en véritable mission orbitale.
SpaceX vise le 22 septembre, avec une fenêtre de lancement annoncée à partir de 7h15 heure locale au Texas. Une date de secours est également prévue le 23 septembre. Si tout se déroule comme prévu, le vol 14 pourrait néanmoins marquer le véritable début de la phase orbitale de Starship.