À Paris et dans toute la petite couronne, plus question de grimper sur une trottinette électrique la tête à l’air. Casque et équipement réfléchissant sont désormais obligatoires, et l’oubli se paie cash. Fini le petit trajet peinard en jean-baskets, la préfecture de police a décidé de sévir.
Casque et gilet, la nouvelle règle du jeu
Deux arrêtés signés par le préfet de police, et voilà tout le monde concerné. L’obligation vaut à Paris, dans les Hauts-de-Seine, la Seine–Saint-Denis et le Val-de-Marne, à toute heure du jour et de la nuit. Elle ne s’arrête d’ailleurs pas aux trottinettes : gyropodes, monoroues et hoverboards passent aussi à la caisse. Bref, tout ce qui roule tout seul sous vos pieds.
Et le vrai changement, c’est pour les adultes. Jusqu’ici, le casque en trottinette, seuls les moins de 12 ans y étaient tenus. Maintenant, que vous ayez 16 ou 55 ans, même combat. Idem pour le réfléchissant, qui n’était imposé que la nuit ou par mauvaise visibilité. Désormais, c’est gilet ou brassard de jour comme de nuit.
79 morts, et Paris n’a rien inventé
Parce qu’il y a une raison derrière cette avalanche de règles, et elle n’a rien de drôle. Les chiffres de l’ONISR cités par la préfecture donnent le vertige : 79 morts en 2025, soit 34 de plus qu’en 2024. Ajoutez à ça environ 1 100 blessés graves sur la même période, une hausse de 33 % en un an. La part des traumatismes crâniens graves a explosé, et c’est précisément ce que le casque est censé limiter.
La capitale n’est même pas la première sur le coup. Les Alpes-Maritimes imposent casque et gilet à tout le monde depuis avril, le Vaucluse a rendu le casque obligatoire au 1er juillet, et les Hauts-de-Seine avaient dégainé leur propre arrêté dès le 27 juillet. La Seine-et-Marne et l’Yonne suivent le mouvement. Et tout en haut, la ministre chargée de la sécurité routière confirme que des discussions sont en cours pour généraliser le casque à toute la France. Ce qui se passe à Paris a de bonnes chances de débarquer bientôt partout.
Ce que vous risquez vraiment
Là, on entre dans le vif. Rouler sans casque, c’est 135 euros. Sans réfléchissant c’est à dire un gilet ou un brassard, 35 euros. Les deux oubliés le même matin, et vous repartez allégé de 170 euros. Petite subtilité côté 92, où certaines mairies affichent 35 euros pour le casque au titre de l’arrêté départemental, quand la préfecture de police retient 135 euros. En cas de doute, c’est l’arrêté local qui tranche.
Et pour les petits malins tentés de débrider leur engin pour dépasser les 25 km/h, la sanction va jusqu’à 1 500 euros. Ajoutez les classiques à 135 euros pièce comme rouler sur le trottoir moteur en marche, être au téléphone, porter des écouteurs ou être à deux sur une trottinette et ça peut vite virer au gouffre.
Reste à savoir si quelqu’un respectera tout ça. Entre ceux qui ne sont pas au courant et ceux qui assument le fameux « je mettrai le casque seulement si un policier m’arrête », la préfecture a du pain sur la planche. Une règle, aussi vertueuse soit-elle, ne vaut que si elle est appliquée. Rendez-vous dans quelques semaines pour compter ceux qui se conforment, mais vous voilà prévenus.
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