Valérie Pécresse a détaillé ce matin le nouveau projet porté par Île-de-France Mobilités. Un Navigo moins cher ? Une ligne 15 qui arrêtera d’être retardée ? Non, un service de transport collectif autonome ! Puisque le marché existe déjà dans plusieurs pays du monde comme en Chine ou aux États-Unis, mais axé surtout sur le véhicule autonome ou le robot-taxi, le projet est de se lancer davantage sur celui du bus, ou plutôt du minibus afin d’augmenter et d’améliorer l’offre dans la région, surtout dans les zones ou les horaires moins desservis.
Pourquoi le bus ? Pour ne pas participer à la congestion routière là où les études montrent que dans les villes où le système de robot-taxi est en place, 90 % des véhicules ont deux, voire un seul passager, cela représente 0,73 personne par véhicule. L’idée est donc de prendre exemple sur des villes comme Oslo ou Hambourg, le leader du marché, pour développer un parc de minibus capables d’accueillir 8 à 12 usagers. Ces derniers auront trois objectifs : créer ou renforcer des lignes peu fréquentées ou avec des fréquentations irrégulières via des “bus à la demande” ou des navettes locales ; mieux mailler les zones rurales ou urbaines moins denses et optimiser les dessertes pour les services publics comme des hôpitaux ou des écoles ; enfin, proposer des trajets sur des horaires décalés, notamment pour celles et ceux qui finissent ou commencent entre minuit et 5 heures du matin. Un service inclus dans l’offre Navigo (avec hausse du prix de l’abonnement ?)
2030, avec combien d’années de retard ?
Une stratégie en quatre étapes : l’obtention de véhicules motorisés avec accélération, freinage et direction autonomes ; le logiciel de conduite ; la supervision et la maintenance et, enfin, la gestion des courses avec une plateforme de mise en relation entre le service et le client. Pour ce faire, IDFM a un planning assez serré, peut-être trop au vu de l’ambition affichée.
Parce qu’entre l’annonce de ce matin et la volonté de généraliser le service avec plus de cent véhicules en circulation, IDFM s’est donné comme mission impossible quatre ans seulement. Concrètement, la chronologie affichée annonce que pour 2026, il s’agira de préciser la stratégie adoptée avec le choix de l’opérateur et des véhicules, en 2027 lancement du marché et mise en concurrence (avec priorité sur la fiabilité technologique et le prix), 2028 lancement du 1ᵉʳ véhicule de transport à la demande autonome, 2028-2029 l’augmentation à une vingtaine de véhicules puis horizon 2030, la centaine. Une course contre-la-montre qui est censée coûter vingt millions d’euros une fois la vingtaine de véhicules autonomes en circulation.
Pas de service autonome dans Paris !
Une phase de test sera bien évidemment à l’ordre du jour avec un secteur déjà sélectionné : celui de Saclay-Versailles Grand Parc-Saint-Quentin-en-Yvelines avec son pôle de recherche de l’institut Vedecom, partenaire du projet. IDFM a déjà annoncé que l’appel d’offres exigerait un package entre le constructeur de véhicules et le logiciel de conduite, même de deux entreprises différentes. L’accent sera évidemment mis sur la nécessité d’une cybersécurité à la pointe, tant on sait que c’est devenu un enjeu majeur avec un monde aujourd’hui toujours plus numérique. Le principal danger résidant dans le fait que le moindre hacking du système pourrait provoquer des accidents sur la route, sans conducteur pour pallier la défaillance technologique.
Néanmoins, ne vous attendez pas à voir ces transports collectifs autonomes rouler dans Paris intra-muros. Valérie Pécresse a bien précisé que la priorité actuelle était de revaloriser l’usage du bus dans la capitale tout en repensant le plan de circulation et qu’il n’était pas question de rajouter une couche de véhicules dans ce sac de nœuds.