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Les États-Unis accusent la Chine de copier un peu trop sur les entreprises d’IA américaines

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Les principales agences de sécurité américaines accusent plusieurs sociétés chinoises d’IA d’avoir siphonné à grande échelle les capacités de modèles américains comme Claude, GPT, Gemini et Grok. Dans leur viseur : DeepSeek, Moonshot AI, Alibaba, MiniMax, StepFun et Z.AI.

Aux États-Unis, les agences de sécurité et de renseignements sortent les gros dossiers. Dans un avis conjoint, la NSA, la CISA et le FBI accusent plusieurs entreprises chinoises d’IA d’avoir utilisé la distillation pour récupérer des capacités des modèles propriétaires américains.

Une distillation gênante à grande échelle

La distillation, dans l’IA, n’a rien d’anormal au départ. Le principe consiste à utiliser les réponses d’un modèle puissant pour entraîner un autre modèle. C’est une technique connue, pratique, et largement utilisée dans la recherche. Là où Washington tique, c’est sur l’échelle et l’intention présumée.

Selon les agences américaines, DeepSeek, Moonshot AI, Alibaba, MiniMax, StepFun et Z.AI auraient extrait « des milliards de tokens » au fil de « millions d’échanges ou de requêtes » depuis au moins la fin 2024. Les modèles concernés seraient notamment Claude, GPT, Gemini et Grok, développés par Anthropic, OpenAI, Google et xAI.

Les autorités américaines ne parlent pas d’un petit coup de main technique, mais d’une méthode placée au centre du développement de ces modèles chinois. Elles estiment que ces entreprises ont cherché à récupérer des fonctions avancées : raisonnement, génération de code, optimisation de réponses, capacités d’assistant, écriture spécialisée ou encore usages professionnels.

DeepSeek est particulièrement cité. D’après le document, l’entreprise aurait utilisé des données issues de Claude, Gemini, GPT et Grok pour entraîner ses modèles R1 et V3. R1, sorti début 2025, avait beaucoup fait parler de lui pour ses performances et son coût d’entraînement officiellement très bas. Les agences américaines jugent ce chiffre trompeur, car il ne compterait pas la valeur des données obtenues par distillation.

Moonshot AI est aussi dans la liste. Les agences affirment que l’entreprise aurait utilisé des données de Claude Fable 5 pour entraîner Kimi-K3, ainsi que des données de GPT-4o pour Kimi-K2. Alibaba aurait, de son côté, amélioré ses modèles Qwen grâce à des capacités liées au code, au service client, à la création d’images et à l’entraînement de modèles. MiniMax, StepFun et Z.AI sont également mentionnées. MiniMax aurait même tenté, selon les autorités américaines, d’utiliser des injections de prompt pour faire croire à Claude Code qu’il était un produit MiniMax. Ambiance.

Pour contourner les garde-fous, les sociétés visées auraient utilisé plusieurs chemins : API officielles, fournisseurs cloud, agrégateurs tiers et surtout des proxys appelés « transfer stations ». Ces intermédiaires permettraient de masquer l’origine des requêtes, de contourner des restrictions géographiques et de compliquer le traçage.

Ces accusations ne sont pas nouvelles. Mais le sujet dépasse Pékin : Elon Musk a reconnu avoir utilisé des sorties d’OpenAI pour entraîner des modèles de xAI. Autrement dit, dans l’IA, tout le monde regarde beaucoup ce que fait le voisin.

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