La Chine veut aller voir ce qui se cache au fond des cratères les moins accueillants de la Lune. Chang’e-7 doit explorer le pôle Sud lunaire, une région particulièrement intéressante pour les scientifiques puisqu’elle pourrait abriter d’importantes réserves de glace d’eau.
De l’eau pour boire, respirer et décoller
La mission doit décoller depuis la base spatiale de Wenchang, sur l’île de Hainan, à bord d’une fusée Longue Marche 5. Une fois arrivée en orbite lunaire, la sonde commencera par examiner plusieurs sites d’atterrissage possibles avant de tenter de se poser. L’un des secteurs envisagés se trouve près du cratère Shackleton. Son fond est plongé en permanence dans l’ombre, tandis que certaines parties de son rebord profitent presque constamment de la lumière du Soleil. Un voisinage plutôt pratique quand on cherche à la fois de la glace et une prise électrique solaire.
Les cratères du pôle Sud n’auraient pas reçu directement la lumière du Soleil depuis des milliards d’années. Dans certaines zones, la température peut descendre jusqu’à -203 °C. De quoi conserver de la glace d’eau et d’autres composés volatils pendant très longtemps. Cette eau intéresse évidemment les chercheurs, mais aussi les futurs occupants de la Lune. Elle pourrait servir à boire, produire de l’oxygène et même fournir les composants nécessaires à la fabrication de carburant pour fusées. Autant de ressources qu’il ne serait alors plus nécessaire d’expédier entièrement depuis la Terre.
Le pôle Sud a un autre avantage : certaines hauteurs bénéficient de très longues périodes d’ensoleillement. Pour une future base lunaire dépendante de panneaux solaires, c’est nettement plus pratique que de subir des nuits longues d’environ quatorze jours terrestres.
Chang’e-7 ne se contentera pas d’un atterrisseur et d’un rover. La mission embarquera aussi un petit robot capable de se déplacer à l’aide de propulseurs et de se poser sur six pattes articulées. Son travail sera d’aller là où un rover classique aurait bien du mal à descendre. Il pourra bondir jusque dans les zones plongées dans l’obscurité, y rechercher des molécules d’eau, puis revenir vers un secteur éclairé pour recharger ses batteries. L’agence chinoise Xinhua évoque au moins trois sauts pendant la mission.
Les données recueillies doivent préparer Chang’e-8, prévue autour de 2029, mais aussi les projets lunaires plus ambitieux de Pékin. La Chine vise toujours un alunissage habité avant 2030 et veut construire avec la Russie une station scientifique lunaire dans les années 2030.