Neuralink continue d’avancer — à son rythme, et avec une communication bien huilée. La société d’Elon Musk affirme désormais compter 21 participants dans ses essais cliniques internationaux. En septembre dernier, ils étaient 12 à avoir reçu « The Link », l’implant développé par l’entreprise pour permettre à des personnes paralysées de contrôler des outils numériques par la pensée.
La production de masse est-elle réaliste ?
Sur le papier, l’objectif est de redonner de l’autonomie à des patients atteints de lésions de la moelle épinière, de sclérose latérale amyotrophique (SLA) ou d’autres troubles neurologiques sévères. Concrètement, l’implant est un petit disque d’environ 23 mm de diamètre et 8 mm d’épaisseur ; il capte l’activité neuronale et la traduit en commandes numériques. Le cerveau envoie un signal, l’ordinateur exécute l’ordre. Jouer, écrire, naviguer… sans bouger un doigt.
Neuralink met largement en avant les expériences de ses « Neuralnauts », comme l’entreprise appelle ses participants. Noland Arbaugh, premier patient implanté, explique qu’il peut jouer à des jeux vidéo, naviguer sur internet, poster sur les réseaux sociaux ou déplacer le curseur d’un ordinateur simplement par la pensée. À l’entendre, le système serait parfois « plus rapide que la conscience » : le curseur arriverait à destination avant même qu’il ne réalise explicitement son intention.
D’autres exemples sont tout aussi spectaculaires. Nick, paralysé depuis plusieurs années, a pu manipuler un bras robotisé et accomplir des gestes simples comme boire ou se gratter. Il décrit une sensation troublante : ne plus penser en termes de directions (« haut », « bas »), mais simplement en termes d’action (« je tiens une tasse »).
Au-delà des démonstrations, l’entreprise évoque aussi des indicateurs techniques, comme le taux de transfert d’information, comparable selon elle à celui d’une souris d’ordinateur utilisée par une personne valide. Certains participants auraient même dépassé cette moyenne. Ces avancées sont réelles, mais elles sont encore très encadrées.
Fin 2025, Elon Musk a annoncé vouloir passer à une production « à haut volume » d’interfaces cerveau-ordinateur. Il s’agit d’accélérer la procédure chirurgicale, de l’automatiser davantage et de faire en sorte qu’elle soit moins invasive et ce, dès cette année. On connait les promesses du milliardaire, et dans les faits, les experts du secteur tempèrent. « Haut volume » pourrait signifier, dans un premier temps, quelques centaines, voire quelques milliers d’implants par an ce qui serait déjà énorme.
La production de masse pose plusieurs questions : celle de la capacité industrielle évidemment, mais aussi la validation des processus et le suivi médical à long terme. Sans oublier le cadre réglementaire. Après un refus initial en 2022, l’autorité sanitaire américaine (FDA) a finalement autorisé les essais humains en 2024, une fois certaines préoccupations de sécurité levées. Neuralink assure n’avoir enregistré aucun événement indésirable grave lié au dispositif à ce stade.
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