Même quand on ne l’apprécie pas, il faut reconnaître une certaine constance à Donald Trump. Quand il veut quelque chose, il a du mal à lâcher l’affaire, même lorsqu’il s’agit de renommer des zones géographiques connues depuis des siècles. Lors d’un meeting en Caroline du Sud, le président américain a raconté avoir directement appelé Sundar Pichai, le patron de Google, pour lui proposer de modifier le nom de l’océan Atlantique sur Google Maps. Heureusement il essuie un refus plutôt catégorique. En effet, il semble que les océans concernent trop de pays pour qu’on puisse les rebaptiser aussi facilement.
Après avoir voulu rebaptiser le golfe du Mexique “golfe d’Amérique”, ou encore le lac Ontario en “lac d’Amérique”, Trump est déterminé à laisser son empreinte sur les cartes géographiques. Il aurait même évoqué un “Trump Ocean” ou un “océan américain”. Le monde ne manque pourtant pas de problèmes à régler, mais visiblement, renommer les océans figure aussi sur la liste des priorités présidentielles.
Google a déjà accepté de jouer le jeu
Le plus ironique, c’est que Google a déjà suivi Trump sur plusieurs changements de noms. En février 2025, après le changement officiel de nomenclature américaine concernant le golfe du Mexique, Google Maps a commencé à afficher golfe d’Amérique pour les utilisateurs situés aux États-Unis. Au Mexique, le nom traditionnel est conservé, tandis que les utilisateurs d’autres pays voient les deux appellations.
Même chose pour le lac Ontario. Le détail qui rend l’affaire encore plus absurde, c’est que Google n’était pas légalement obligé d’appliquer ces changements. Les décisions du gouvernement américain concernant les noms géographiques officiels ne s’imposent pas automatiquement aux entreprises privées. Google a donc choisi de s’aligner sur ces appellations pour ses utilisateurs américains.
Cette fois, Sundar Pichai aurait donc posé une limite. Selon le récit de Trump, le patron de Google lui aurait expliqué qu’un océan, contrairement à un lac ou à un golfe, concerne trop de pays pour que l’entreprise puisse simplement changer son nom. Attention toutefois car Google n’a pas confirmé publiquement cet échange. Pour l’heure, on connaît surtout la version racontée par le président lui-même.
Trump quittera la Maison-Blanche, mais ses noms pourraient rester
Pour ceux qui se poseraient la question, Donald Trump doit normalement terminer son second mandat le 20 janvier 2029 à midi, conformément au calendrier constitutionnel américain. Mais cela ne signifie pas que les appellations qu’il a imposées disparaîtront automatiquement avec lui.
Un futur président pourrait revenir sur les décisions administratives concernant les noms officiels américains. Google pourrait également choisir de modifier ses cartes, de conserver les deux appellations ou de revenir aux noms historiques. Rien n’oblige l’entreprise à perpétuer éternellement les choix de Trump.
En attendant, l’océan Atlantique conserve son nom. Pour combien de temps, vous vous demanderez ? Difficile à dire avec un président qui a également évoqué l’idée de rebaptiser le détroit d’Ormuz “détroit Trump”. On aimerait croire qu’il s’agit d’une blague, mais quand des entreprises mondiales adaptent déjà leurs cartes à ses lubies, l’affaire est nettement moins drôle.