Il n’est pas lui faire injure que de caractériser Darren Aronofsky comme un réalisateur clivant. Depuis ses débuts, le cinéaste a alterné le monument cinématographique (Requiem for a Dream), les tours de force (The Wrestler, Black Swan) et le boursouflé (Noé, The Whale). Et bien qu’il ait ses obsessions thématiques, il a toujours pris soin de ne pas s’enfermer dans un genre ou un sujet narratif. Néanmoins, Pris au piège – Caught Stealing est, sans doute, son projet le plus inattendu.
Le film est présenté comme un thriller teinté de comédie. Et s’il y a bien une chose qu’Aronofsky n’a jamais pratiqué dans son cinéma, c’est la comédie. Avec son affiche laissant penser à un Guy Ritchie et un casting de gros noms (Austin Butler, Zoë Kravitz, Regina King, Matt Smith… la liste est longue), Pris au piège – Caught Stealing ressemblait à une promesse d’un moment fun tout en se demandant si le piège n’était pas pour Aronofsky lui-même. À la sortie, il nous a finalement été facile de trouver 3 bonnes raisons de vous conseiller de vous faire une toile !

Quelle histoire pour Pris au piège – Caught Stealing ?
Hank Thompson (Austin Butler) est un ancien jeune prodige du baseball, promis à un brillant avenir dans le sport. Mais un accident lui a coûté ses rêves. Aujourd’hui, il gagne de l’argent en travaillant dans un bar et se noie dans l’alcool. Seule sa copine Yvonne (Zoë Kravitz) et la possibilité de voir son équipe préférée jouer pour le titre lui donnent un peu d’espoir.
Tout bascule le jour où son voisin, Russ (Matt Smith), doit partir précipitamment et lui demande de garder son chat quelques jours. Rapidement, Hank se retrouve au cœur d’une affaire avec de dangereux gangsters sans que lui-même ne comprenne ni comment, ni pourquoi. S’il veut s’en sortir vivant, il va devoir mobiliser toutes ses ressources.

Un casting génial !
On l’évoquait plus haut, mais le casting est sans doute LE point fort de Pris au piège – Caught Stealing. Aux noms déjà cités, on peut rajouter ceux de Vincent D’Onofrio et Liev Schreiber en frères hébreux assassins ou encore Bad Bunny en gangster aimant beaucoup son flingue. Toutefois, les stars ne font un film que si elles sont bien employées et il faut reconnaître que tout ce petit monde navigue dans ce récit à la perfection. Jusqu’au plus petit rôle (coucou Carol Kane), chacun obtient un moment pour briller et faire ressortir le meilleur de son personnage.
On ressent facilement le plaisir pris par ces talents, surtout lorsqu’il faut foncer dans le stéréotype. Matt Smith et son accent anglais appuyé, D’Onofrio et Schreiber en tueurs croyants… chacun en fait des tonnes, MAIS avec la justesse suffisante pour qu’on les prenne au sérieux. Et il y a Butler et Kravitz. Il suffit de deux scènes pour qu’Aronofsky nous fasse ressentir une véritable alchimie de couple, une sensualité, que notre tête d’affiche masculine n’a que trop peu connue (désolé Jodie Comer) dans sa carrière. Ce dernier a d’ailleurs l’occasion de nous montrer l’intégralité du spectre émotionnel dont il est capable, confirmant son statut d’étoile montante hollywoodienne.

Un scénario qui soigne l’humour comme le drame
On a beaucoup cité Aronofsky, mais c’est un travail d’équipe et il faut saluer l’autre artisan du film, le scénariste et écrivain Charlie Huston, qui adapte ici son propre roman. Il signe un scénario qui trouve le juste équilibre entre un humour assez noir et les codes du pur thriller. Une seule séquence peut ainsi passer d’un genre à l’autre en commençant sur un ton léger avant de s’achever en véritable drame.
Et si, globalement, on devine assez facilement les événements, il faut reconnaître que le long-métrage opère quelques choix narratifs particulièrement brutaux. Sous la plume d’Huston et avec le sens de la mise en scène d’Aronofsky, Pris au piège – Caught Stealing ne manque jamais de rythme et on achève ses deux heures de film avec une petite envie de rab.

Un divertissement assumé et assuré
Pris au piège – Caught Stealing surprendra assurément les fans du réalisateur qui trouveront ici un long-métrage ne ressemblant en rien à ce qu’il nous avait habitué, et avec bien moins d’impact. Un objet qui pourrait être qualifié de mineur dans sa filmographie, mais dont c’est peut-être la principale qualité : un style moins ampoulé au service de ce qui reste un pur divertissement. Autrement dit, le long-métrage est sans doute son projet le plus fédérateur. Ce n’est pas une œuvre marquante, néanmoins cela reste une bonne œuvre qui accomplit ce qu’on pourrait lui demander.
Il est probable que dans quelques années, voire mois, on ait zappé ce film au sein de la carrière de toutes les personnes impliquées. Le cinéaste a souvent échoué dans ses propositions en poussant le bouchon trop loin. Cette fois, il est peut-être un peu juste… ou juste ce qu’il faut. Un manque d’ambition qu’on a du mal à lui reprocher parce que l’essentiel, pour nous, est tenu : celui de nous faire passer un bon moment au cinéma.
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