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A Thousand Blows saison 2 : Jack l’Éventreur était-il woke ?

On aime l’odeur du napalm au p’tit matin. Maintenant qu’on a toute votre attention, penchons-nous sur l’une des séries les plus intéressantes de Disney+, et cela tombe bien, A Thousand Blows est de retour pour une saison 2.

On n’a plus l’habitude des séries qui reviennent chaque année, la faute à quelques productions qui ont savouré de nous faire patienter des temps immémoriaux avant de livrer leur suite. Et pourtant, A Thousand Blows revient quasiment un an jour pour jour après s’être lancée sur Disney+ par chez nous. On est ravi de voir la série de Steven Knight faire son retour, d’autant que nous avions le sentiment que sa sortie n’avait pas fait le bruit qu’elle méritait. Donc cette fois, pour lui laisser davantage de chance de vous convaincre, on a décidé d’y aller plus franco. On ne s’en excuse même pas et bonne année surtout.

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A Thousand Blows saison 2 : Jack l'Éventreur était-il woke ?
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Au fait, pourquoi on parle de ce bon vieux Jack déjà ?

Précédemment dans A Thousand Blows

A Thousand Blows est une série de Steven Knight, le papa de Peaky Blinders, série devenue emblème d’une culture viriliste sur les réseaux sociaux, apparat d’un masculinisme qui n’a de cesse de regarder dans le rétroviseur (excellente série malgré ça). Le plus amusant étant qu’il y a une constante chez Knight que l’on retrouve dans ces deux shows et également dans son récent House of Guinness : dans ce monde d’hommes, la femme est souvent celle qui a le plus de pouvoir. De là à dire que Knight n’a pas le public qu’il mérite…

Dans l’East End londonien de la fin de l’ère industrielle, le destin de trois personnages va se croiser. Le Jamaïcain Hezekiah doué en boxe ; Sugar Goodson, un chef local faisant la loi sur le ring des combats clandestins ; et Mary Carr, la cheffe des Forty Elephants, célèbre gang de voleuses.

A Thousand Blows saison 2 : Jack l'Éventreur était-il woke ?
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La saison 2 s’ouvre sur notre trio bien mal en point. Sugar a sombré dans l’alcool, Hezekiah fréquente les combats illégaux et Mary est plus que jamais à la botte du « roi » des Forty Elephants. Bref, cette seconde fournée s’annonce encore plus sombre que la précédente. Et comme de véritables événements de l’époque peuvent faire parler d’eux au milieu, ou de vrais personnages, les crimes d’un certain Jack l’Éventreur font écho.

Une série qui assume son côté féminin

La première règle du Fight Club… Certains diraient que la force de la première saison se trouvait sur le ring, dans les gants d’Hezekiah, alias Malachi Kirby. D’autres, peuvent cibler son adversaire, le violent Stephen « Sugar » Graham. Les vrais savent que le véritable moteur de l’intrigue a les yeux d’Erin Doherty, camarade de Graham dans Adolescence.

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L’actrice bouffe toutes les scènes dans lesquelles elle apparaît, éclipsant ses collègues masculins non seulement par sa présence, son charisme et sa profondeur de jeu, mais également parce que Mary est le centre névralgique de l’histoire. C’est elle qui bouscule l’ordre établi, qui sauve les hommes de leurs démons ou les y font plonger. Et cette saison 2 s’articule plus que jamais autour d’elle et de ses « filles ». Sans elles, il n’y aurait pas vraiment de fil rouge, ce qui est également un problème – cette saison semblant installer un récit sur le long terme, sans se soucier du manque d’intérêt présent.

Bien que le plan de Mary ne soit pas des plus captivants, il est indéniable que les figures féminines portent la série. Même lorsqu’elles apparaissent un court laps de temps, elles ont immédiatement un impact sur les événements. Car l’enjeu véritable est bien la tentative d’émancipation de ces dernières sur une société qui au mieux les sous-estime, au pire entend vouloir les broyer. La même préoccupation qui a habité quasiment chaque personnage féminin chez Knight, toute série confondue, les hommes n’étant jamais présentés comme des modèles, loin de là.

Le déterminisme oui, le colonialisme aussi

Autre thématique chère à Knight, le déterminisme. Si on reste sur les seules trois séries citées – qui pourraient partager un même univers -, elles traitent de personnages cherchant à dépasser leurs classes sociales. On peut parler d’ambition, mais il s’agit davantage de surmonter des normes sociétales qui nous poussent dans des cadres. Prisonniers de ce qu’on voit d’eux, nos protagonistes usent de violence, de manigances, de politique, afin d’obliger le monde à les voir, les considérer.

A Thousand Blows a cette particularité qu’elle va légèrement plus loin que cela. La figure d’Hezekiah a été le moyen pour le show de raconter le racisme anglais, y compris envers leurs colonies. On se souvient notamment d’une séquence où celui qui se croyait embauché pour être dresseur de lions n’était en réalité pensé que comme un sauvage en cage. Dans cette saison 2, l’arrivée du Prince Albert Victor (qui a réellement existé) permet au boxeur clandestin de fréquenter la noblesse britannique et de la confronter directement à la fois à la pauvreté, mais également à l’exploitation raciale.

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Même si beaucoup prétendent le contraire, l’art est politique, le monde des séries en fait partie et Steven Knight n’est pas le dernier à donner son avis par l’intermédiaire de ses productions. Sauf qu’A Thousand Blows est sans doute le show dans lequel l’auteur y glisse ces sujets le plus frontalement, avec le moins de détour. Si on a accentué sur deux facettes précises, on pourrait en citer bien d’autres, comme les écarts de richesses et la survie des plus miséreux. Toutefois, la première saison en disait déjà énormément sur le sujet et cette seconde fournée n’en est que le prolongement.

Tout n’est pas bien maîtrisé et l’intrigue d’A Thousand Blows saison 2 semble parfois faire du surplace. On finit les six épisodes sans avoir eu de plus-value nette concernant la suite du récit et c’est bien sur ce qu’elle dit à la marge qu’elle brille le plus. Une lumière qui nous pousse à lui garder une place bien au chaud, parmi nos meilleures séries disponibles sur Disney+.

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