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Belphégor : pourquoi vous ne serez pas hantés par la série française ?

Le mythe Belphégor renaît de ses cendres sous forme d’une série française en 4 épisodes. Un show un brin programmatique malgré une envie de bien faire évidente.

Pour la culture, nous pourrions commencer cet article en rappelant que Belphégor fête bientôt ses cent ans, depuis sa création sous la plume d’Arthur Bernède en 1927. Puis, qu’il a pris ses lettres de noblesse au travers de multiples adaptations, sur grand ou petit écran, dont la plus mémorable fut un feuilleton radio de l’ORTF avec Juliette Gréco en 1965. Néanmoins, il faut faire preuve d’honnêteté et avouer que, en ce qui nous concerne, notre souvenir de Belphégor reste un blockbuster porté par Sophie Marceau en 2001 et que c’était une belle catastrophe industrielle.

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Belphégor, pourquoi vous ne serez pas hantés par la série française
© HBO Max

Alors forcément, quand Pathé, en partenariat avec HBO Max et M6, produit une série en quatre épisodes cherchant à ressusciter la légende, pour une diffusion sur la première plateforme avant une arrivée sur la seconde, on est curieux. Surtout qu’on aime bien le potentiel fantasmagorique de notre Bébél et qu’en 2025, on sait produire de belles choses sur le territoire, ou du moins avec un certain cachet, comme l’a prouvé Les Sentinelles.

L’histoire de Belphégor

Hafsa est une jeune et talentueuse restauratrice d’art, récemment embauchée au musée du Louvre. Une nuit, elle tombe sur une pièce unique, le masque de Belphégor, dieu des orages, de la vengeance, et de tout un tas de trucs pas cool. Depuis, elle commence à avoir des trous de mémoire, des visions et elle se réveille un matin chez elle, avec le masque. Soupçonnée par le chef de la sécurité du musée, elle va devoir se dépêcher si elle veut prouver son innocence, tout en luttant contre ses propres fantômes.

Faut-il regarder ou non ce nouveau Fantôme du Louvre ?

Hasard du calendrier, Belphégor débarque alors qu’un vol a récemment mis en lumière les failles de sécurité du Louvre. La fiction rejoint la réalité puisque notre héroïne n’a pas l’air de galérer davantage pour commettre son larcin. Un petit côté humour noir à la différence que, sur le papier, ici, on touche au fantastique. Quand on n’a pas de grue, on a un dieu de l’orage. Toutefois, la série prend le parti de délaisser dans sa grande majorité le côté surnaturel de l’histoire pour embrasser le thriller psychologique.

Belphégor, pourquoi vous ne serez pas hantés par la série française
© HBO Max

Portée par une formidable Shirine Boutella (remarquée dans la série Lupin sur Netflix), impliquée dans tous les bouleversements psychiques et émotionnels vécus par son personnage, la série apporte un soin minutieux à tenir son intrigue tout du long. Un soin qui se voit également dans la mise en scène, notamment du Louvre. Protagoniste à part entière, le lieu n’a jamais été aussi angoissant, sinueux, obscur. On y parcourt les couloirs, les dédales, en quête du mystère qu’il renferme.

La durée même sert la série, qui ne s’éparpille pas dans des sous-intrigues inutiles, préférant rester au plus près de ce qui renforce les personnages, même les secondaires. Le casting comporte d’ailleurs pas mal de beaux noms avec Kad Merad en père porteur d’une certaine misère dans le regard, Vincent Elbaz amène un côté plus physique lorsque la situation l’exige et il a une belle complémentarité avec Aure Atika, plus cérébrale. Quant à Tiphaine Daviot, elle est la touche de légèreté dont le show a besoin.

Belphégor, pourquoi vous ne serez pas hantés par la série française
© HBO Max

Alors qu’est-ce qui cloche ? En apparence, rien. Tout est propre, soigné, avec des codes de productions modernes. Il n’y a pas réellement d’ombre au tableau assez marquée pour être remarquable. Cependant, c’est sur l’impression générale à la sortie des quatre épisodes que ce Belphégor peine à marquer. Que ressent-on au générique final ? Un certain vide, une absence d’émotion forte, une forme d’ennui poli.

En refusant le surnaturel, Belphégor s’empêche aussi le moindre frisson. On ne se sent jamais étouffé par le récit, on compte sur les doigts d’une main les apparitions du dieu, et on attend un basculement qui ne vient jamais. En se voulant réaliste, la série ne comporte quasiment aucune folie et on subit une sorte de rythme programmatique qui lasse bien avant le dernier épisode. Les rebondissements manquent de panache et le twist ultime arrive comme l’annonce d’un menu de restaurant. Bref, un thriller sans mordant.

Se sent-on diverti après avoir regardé ce Belphégor ? Pas spécialement. On a été amenés d’un point A à un point B avec une forme d’élégance, mais on a envie de dire que le film avec Marceau avait au moins cette forme de nullité qui le rendait plus mémorable. Ici, on veut nous faire croire des choses, mais sans que le scénario ne semble y croire lui-même, comme si le fantôme du Louvre n’était qu’un prétexte. Aurait-on pu avoir un show identique en lui enlevant tout lien avec le dieu vengeur ? Quasiment. Belphégor est un prête-nom presque marketing donnant du cachet à une série qui manquait peut-être de souffle, d’arguments, pour arriver à convaincre le quidam de se lancer sur le visionnage dans ce qui ressemblait trop à une énième production policière française.

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