Passer au contenu

Percy Jackson : la saison 2 ne tient pas ses promesses mais c’est une bonne chose

La nouvelle adaptation des romans de Rick Riordan suit son cours sur Disney+ et prend une direction inattendue mais bienvenue.

Les adaptations de sagas cultes ont-elles besoin d’être parfaitement fidèles pour être bonnes ? C’est la question que nous nous sommes posée en découvrant la première moitié de la saison 2 de Percy Jackson et les Olympiens. À son annonce en janvier 2022, le projet de série télévisée était présenté comme une seconde chance pour la franchise littéraire de Rick Riordan de briller sur nos écrans. Puisque l’échec des deux longs-métrages de 2010 et 2013 est attribué à leur manque de respect pour l’œuvre originale, la série Disney+ a de suite été vendue comme la véritable adaptation que les fans attendaient. Le format d’une saison par roman devait permettre de retracer les aventures de Percy (presque) à l’identique, mais plus les épisodes passent et plus le programme semble prendre ses aises… Ce qui ne manque pas d’agacer les connaisseurs des livres, comme nous.

Les épisodes qui retracent les événements du Voleur de Foudre se montrent plutôt fidèles, mais appliquent déjà quelques changements qui ont parfois du mal à passer. On pense notamment au changement brutal de caractère pour Hadès, ou encore certains raccourcis pas toujours très habiles dans le scénario. Mais rien qui ne justifiait encore notre exaspération. En revanche, l’adaptation de La Mer des Monstres est une toute autre histoire. Les prémices de cette saison 2 prennent de telles libertés que nous étions prêts à quitter le navire en cours de route. Cette introduction accélérée aux événements du second tome ne laissait présager rien de bon, mais les sacrifices des deux premiers épisodes n’ont pas été commis en vain, loin de là.

Un bon roman ne fait pas une bonne série

En tant que fan des livres de Rick Riordan, les deux premiers chapitres de la saison 2 font mal. Ces épisodes cochent toutes les cases d’une mauvaise adaptation : changement d’éléments scénaristiques clés, refonte des dialogues et des dynamiques entre les personnages, raccourcis à tout va… En seulement deux épisodes d’une trentaine de minutes, le premier quart de La Mer des Monstres est balayé au point de n’être plus que l’ombre de lui-même. Une fois encore, la Colonie des Sangs-Mélés est relayée au second plan pour passer le plus rapidement possible à l’aventure. Un drôle de blasphème quand on sait que ce havre de paix est l’équivalent de Poudlard pour les Demi-Dieux. Pourquoi ne pas nous montrer cette partie de leur quotidien ?

Et la série répond d’elle-même à cette question dans les épisodes qui suivent. Tous ces raccourcis permettent de laisser place à de nouvelles scènes que l’auteur et les producteurs ont jugées plus pertinentes. “Si nous avions adapté certaines scènes des premiers chapitres du livre, je pense que le début de la saison aurait été trop lent. Nous aurions eu besoin de trois épisodes supplémentaires juste pour arriver à la colonie. Et tous ces changements qui ont été incorporés dans cette saison nous permettent de libérer du temps pour approfondir la caractérisation de certains protagonistes” nous a expliqué l’auteur Rick Riordan au cours d’une interview. Cet échange nous a rappelé que, malgré l’attachement que nous pouvons porter à une œuvre, les meilleurs moments d’un livre ne sont pas toujours taillés pour apparaître à l’écran. C’est en arrêtant de faire le deuil de ce qui aurait pu être que l’on apprend à apprécier une adaptation pour ce qu’elle est : une nouvelle façon de vivre une histoire qui nous est chère.

174121 0517 16d32e81
Après un Hadès presque comique, c’est au tour de Tantale de perdre tout son charisme. © Disney+

La série mise sur l’humanité

L’exercice de lecture est un instant personnel au cours duquel chacun résonne différemment avec le texte qui lui est présenté. Par définition, il est donc impossible de satisfaire tous les lecteurs avec une adaptation, aussi fidèle soit-elle, puisque chacun aura ses propres critères de fidélité. La saison 2 de Percy Jackson a bien compris cela et se défait donc de cette pression pour revenir à l’essentiel. Plutôt que d’essayer de reproduire l’épopée de Percy à grands coups d’effets spéciaux et de scènes épiques, cette adaptation mise sur un tout autre aspect des romans de Rick Riordan : l’humanité. Avant d’être des héros en devenir, les Demi-Dieux sont aussi des humains. Et de jeunes humains qui plus est, des enfants et des adolescents qui grandissent avec le poids de leurs parents divins sur leurs frêles épaules.

Dès l’épisode 3, cette saison de Percy Jackson et les Olympiens cherche à nous plonger dans les conflits intérieurs des personnages. Tandis qu’Annabeth et Percy tentent de maintenir leur amitié sur fond de prophétie désastreuse et de visions opposées du monde, la série décide de replacer Clarisse au cœur du récit. Celle que les romans nous présente simplement comme une rivale caractérielle de Percy est mise en avant au même titre que les autres protagonistes de l’histoire. Plutôt que de suivre des bribes de sa quête à travers les yeux du héros, la série permet de (re)découvrir l’histoire sous des angles jusqu’alors inexplorés.

174110 0093 D1260fc1
© Disney+

Et cette approche promet de faire la force de la série Percy Jackson au long terme. Cette adaptation parvient à se distinguer tout en maintenant suffisamment de fidélité avec l’œuvre originale pour ne pas faire dérailler l’histoire. Rick Riordan et les showrunners nous invitent à vivre cette histoire comme jamais auparavant. Comment savons-nous que Percy n’est pas un narrateur peu fiable dans les livres ? Ce qu’on lit n’est que son point de vue nous a rappelé l’auteur lors de notre interview. La série saisit l’opportunité de raconter les événements sous une lentille qui ne se limite plus uniquement au protagoniste principal, et c’est une excellente nouvelle. Maintenant, seul le temps nous dira si ce pari risqué portera ses fruits jusqu’au bout.

🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.

Mode