Il est toujours bon de rappeler que les Britanniques nous ont offert l’une, si ce n’est la, des meilleures séries de l’année. Il est également bon de rappeler qu’il s’agissait également d’une production Netflix. Oui, on parle bien d’Adolescence. Es-ce que cela signifie pour autant qu’il faut donner un blanc-seing à tout nouveau projet anglophone sur la plateforme de streaming ?
Parce qu’au-delà d’un titre identique à 63587 autres œuvres, Hostage ne nous paraissait pas avoir un solide potentiel, y compris dans le genre du thriller politique dans lequel elle s’insère. Intuition ? Impression de déjà-vu face aux premières images ? On ne saurait dire exactement ce qui nous aura mis le pull à l’orteil. Cependant, la réalité nous a imposé de lui laisser sa chance, puisque le show est dans le Top 10 de Netflix depuis sa sortie, le 21 août dernier. S’il y a du public, il y a peut-être de l’espoir. Red Notice nous ayant néanmoins prouvé le contraire. Est-ce que nous avons eu tort de ne pas visionner Hostage plus tôt ?

Que raconte Hostage ?
Huit mois seulement après sa prise de fonction, la Première ministre britannique Abigail Dalton (Suranne Jones) est sous le feu des critiques. Non seulement elle a réduit drastiquement le budget de l’armée pour tenter de relever l’économie, mais le pays fait face à une pénurie de médicaments, mettant en danger la vie d’une partie de la population. La solution pourrait venir d’un accord avec la présidente française Vivienne Toussaint (Julie Delpy), tout juste arrivée à Londres. Sauf que cette dernière, intéressée par sa propre réélection, n’entend pas faire de concession et demande l’impossible pour Dalton.
Au milieu de cette crise politique, la situation empire lorsque le mari de Dalton est capturé alors qu’il aidait les habitants en Guyane française. Ses ravisseurs exigent la démission de la Première ministre en échange de sa vie. Et alors qu’elle se tourne vers Toussaint pour tenter de le libérer, la présidente refuse, faisant également l’objet d’un chantage…

Pourquoi ce n’est pas si mal
C’est peut-être un détail pour vous, mais pour nous ça veut dire beaucoup, Hostage est une mini-série de cinq épisodes seulement. Une durée qui offre pas mal de rythme à l’intrigue puisque chaque épisode est un bon en avant dans les événements, avec les rebondissements qui s’accompagnent. On ne le dira jamais assez, mais quand un récit principal n’a pas de quoi tenir la longueur, il est rafraîchissant de voir des projets faisant le choix de se contenter de l’essentiel, sans fioriture. D’autant que si la qualité n’est pas au rendez-vous, le calvaire dure moins longtemps.
Malgré les commentaires qu’on a pu lire ici et là, il est également de bon ton que l’écriture n’utilise pas ses deux figures centrales comme des symboles féminins, simplement comme des êtres humains, évitant ainsi certains clichés. Les interprétations très solides de Suranne Jones et Julie Delpy tournent naturellement autour d’un personnage qui n’a pas besoin de se définir par son sexe pour exister. Un pendant masculin n’aurait pas agi différemment. La guerre des genres n’a pas lieu d’être ici.

Pourquoi c’est raté quand même
Parce que tout le reste. Plus sérieusement, si on salue l’effort sur son duo principal, l’écriture de tous les autres protagonistes ressemble à une caisse à outils où on sort du tiroir tel ou tel personnage pour avoir le rôle de Deus Ex Machina, de traître, de twist scénaristique… Faute de temps, ils n’ont aucun développement ou presque et ils vont servir à tirer les leviers dont l’intrigue d’Hostage a besoin à l’instant T, les plus chanceux disparaissant rapidement pour ne plus participer à la débâcle.
Et si on apprécie les premiers pas de la série, plus le récit avance, plus les incohérences vont aller crescendo jusqu’à atteindre du grand n’importe quoi dans les deux derniers épisodes. Hostage se voulait, au moins un poil, réaliste à ses débuts, jusqu’à pointer du doigt une certaine tendance politique française. Puis, d’un événement exceptionnel à l’autre, on met de côté la logique, la profondeur, les acteurs, en faveur du cliché et de la facilité narrative. Mention spéciale à la résolution finale, qui assume presque que plus personne ne savait ce qu’il faisait, ni à l’écran, ni au scénario.
Hostage est le parfait exemple d’une série qui se voulait maligne, avec un casting impliqué, mais qui n’avait aucune idée de comment imbriquer tous ses éléments au point de lâcher la rampe au fur et à mesure. Cela en devient presque drôle avec le temps, un sentiment loin de ce que l’on attend dans ce genre de production, il faut l’avouer. On se plaît alors à imaginer jusqu’où le show aurait pu descendre s’il s’était lancé sur plus de cinq épisodes. On n’a pas eu le thriller politique de l’année, on aurait presque eu la comédie malgré elle de l’année.
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