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Critique Avatar le dernier maître de l’air : une saison 2 Appa-thique ?

Il y a presque deux ans et demi, Avatar, le dernier maître de l’air prouvait que Netflix avait digéré la recette d’une bonne adaptation. Alors pourquoi changer une formule qui gagne ?

Il y a quelque chose d’étrange au lancement d’Avatar, le dernier maître de l’air saison 2. Comme si un truc clochait, mais que l’on n’arrivait pas à mettre le doigt dessus. Pourtant, à l’écran, tout semble correct, dans la droite lignée de la première saison. Ni pire, ni meilleure, suivant simplement le chemin tracé par la série animée avant elle, avec le même nombre de saisons pour conclure l’histoire d’Aang (du moins si on se contente du récit original).

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Critique Avatar le dernier maître de l'air : une saison 2 Appa-thique ?
© Netflix

Et puis, les épisodes défilent et on commence à comprendre ce sentiment de malaise. Il est facile de dire « c’est pas toi, c’est moi », tout le monde l’a déjà entendu (sinon, bravo, vous êtes une exception). Toutefois, avec cette seconde fournée d’Avatar, ce n’est vraiment pas elle, c’est nous. Parce qu’il faut faire un constat amer, indépendamment de la série. Si la première saison avait su attirer la curiosité par l’amour que les gens portaient à l’animé, depuis, le temps a passé, beaucoup de choses ont changé, et la passion s’est un peu essoufflée.

Un Avatar de feu devenu cendres ?

La surconsommation est le plus grand mal du siècle et c’est d’autant plus vrai au sein de plateformes de streaming qui nous balancent cent nouveaux contenus à la semaine (on exagère à peine). Il y a presque trois ans, une bonne adaptation chez Netflix pouvait encore être un exploit. Depuis, le N rouge a multiplié quelques coups de force, a maintenu le cap avec One Piece saison 2 et même chez lui, la sortie d’un Avatar le dernier maître de l’air saison 2 n’est même plus traitée comme un événement. La preuve, beaucoup ignoraient encore l’arrivée de sept nouveaux épisodes en cette fin juin, l’attention de Netflix semblant davantage être portée sur cette chère Enola Holmes. Ce que l’on ne voit pas, n’existe pas.

Critique Avatar le dernier maître de l'air : une saison 2 Appa-thique ?
© Netflix

Tout ceci peut sembler être une remarquable digression au sein d’un article que l’on appelle critique, mais il paraît important de souligner l’état d’esprit personnel (et peut-être général) qui accompagne cette sortie, tant elle impacte forcément notre avis. Parce que du reste, que dire qui n’a pas déjà été dit ?

L’enjeu de cette saison 2 pour l’Avatar Aang et ses amis est d’accompagner des réfugiés du Royaume de la Terre jusqu’à Ba Sing Se, la capitale, dernier rempart contre l’invasion de la nation du Feu. En chemin, ils vont faire la connaissance de Toph, une jeune fille bien née, aveugle de naissance et redoutable maître de la terre. Acceptant d’enseigner à Aang, elle les accompagne jusqu’à Ba Sing Se où la guerre qui approche ne semble étrangement préoccuper personne.

L’art de brasser de l’air

Qu’est-ce qui a foncièrement changé en presque trois ans ? Rien ou quasiment. Si vous voulez savoir de quelle terre est faite cette saison 2, il vous suffirait presque de lire notre avis sur la première. Cela ne signifie pas que les années de production prises ont été gâchées. Déjà, elles ont servi à tourner les saisons 2 et 3 simultanément, nous offrant ainsi une fenêtre de sortie moins espacée avant la conclusion de l’intrigue. De plus, il faut reconnaître que les effets visuels ont encore fait un bond en avant, notamment lors du premier et du dernier épisode où l’on atteint facilement le niveau de certains blockbusters de cinéma.

Critique Avatar le dernier maître de l'air : une saison 2 Appa-thique ?
© Netflix

Toutefois, ce laps de temps provoque obligatoirement un effet « Stranger Things » sur le casting puisque si l’ensemble n’a pas réellement pris une ride – ayant déjà passé la phase adolescente -, ce cher Gordon Cormier (Aang) a pris plusieurs centimètres et dépasse maintenant beaucoup de ses camarades. Rien de bien dramatique, d’autant que la série se sert d’une ellipse et d’une petite blague pour évacuer l’éléphant du placard, mais cela demande un effort d’adaptation.

Du reste, rien de bien bouleversant. Le cast est toujours aussi impliqué, l’animé toujours aussi respecté, malgré quelques prises de liberté à la marge, et la photographie a toujours aussi peur de la couleur et des contrastes. Nos personnages poursuivent leurs évolutions et, tout comme son modèle, le centre névralgique du show se déplace d’Aang à Zuko, dont la métamorphose s’accélère. Reste ce pauvre Sokka, éternellement le moins intéressant de la troupe, héritage de l’animé.

Des ajouts tophissimes !

Il y a quand même deux noms à ajouter au crédit de cette saison 2. La première était déjà apparue rapidement lors de la saison 1 et trouve ici un terrain de jeu bien plus vaste pour voler la vedette à chacune de ses apparitions. Elizabeth Yu est formidable en Azula. La frangine de Zuko est un parfait mélange de force, d’ambition, de machiavélisme, avec une fragilité bien dissimulée. Là où Zuko n’était jamais réellement une menace dans la première saison, Azula est clairement trois rangs au-dessus niveau danger et ajoute une tension supplémentaire (et de beaux combats).

Critique Avatar le dernier maître de l'air : une saison 2 Appa-thique ?
© Netflix

Mais on sait bien qui les fans attendaient vraiment dans cette saison 2 d’Avatar, le dernier maître de l’air : Toph, la maître de la terre dont la force n’a d’égal que son franc-parler. L’actrice Miyako s’intègre très bien au reste de la distribution et il ne faut pas un épisode avant d’avoir l’impression qu’elle a toujours été là. Si l’utilisation de ses pouvoirs va surtout dépendre des effets visuels parfois inconstants, niveau panache on peut rien reprocher au personnage. Cela n’empêche pas le scénario d’accentuer également ses failles pour lui offrir une humanité peut-être plus appuyée et matière à s’imbriquer plus naturellement au sein du groupe.

Critique Avatar le dernier maître de l'air : une saison 2 Appa-thique ?
© Netflix

En l’état, cette saison 2 a donc les qualités et les défauts de son aînée et va profiter d’un décor plus resserré pour renforcer les liens des personnages, anciens comme nouveaux. Les fans continueront d’apprécier, les détracteurs de détester et l’entre-deux de regarder poliment avant de passer à autre chose, car ce n’est pas tant la prestance de la série qui blesse, mais bien qu’elle soit devenue un non-événement. Qui blâmer pour ça ? Ceux qui la font, ceux qui la diffusent ou ceux qui la regardent ?

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Notre avis

Avatar le dernier maître de l'air continue d'être une adaptation plus qu'appréciable de son illustre modèle animé avec une saison 2 qui ne trahira rien, si ce n'est un certain ennui sans doute indépendamment de son fait. Une saison presque de transition servant à approfondir les personnages avant de les amener vers un climax bien plus épique qui devrait en réveiller plus d'un, même chez Netflix (on espère).

L'avis du Journal du Geek :

Note : 7 / 10

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