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Critique Casa de Papel Korea : un remake pas original pour un sou 💰

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La Casa de Papel revient, cette fois-ci en Corée. Netflix vient de dévoiler le remake de l’une de ses séries les plus populaires. Alors on achète ? Critique.

En 2017, La Casa de Papel débarque sur Netflix avec la ferme intention de séduire les utilisateurs du monde entier. La série espagnole, d’abord produite et diffusée par la chaîne Antena 3, rencontre un succès immédiat auprès du public et des critiques, qui louent sa narration nerveuse et son originalité de propos.

La plateforme n’hésite donc pas à commander une troisième saison, uniquement pour son compte cette fois-ci. C’est toujours Alex Pina qui est aux commandes, et la même bande de braqueurs devant la caméra. Elle peine néanmoins à s’offrir un second souffle, en jouant avec le même procédé et la même recette. Cela ne lui empêchera pas d’obtenir deux saisons supplémentaires jusqu’à sa conclusion en décembre dernier.

Six mois plus tard, voilà que l’univers est (déjà) de retour sur nos écrans. Si un spin-off centré sur le personnage de Berlin est au programme, c’est d’abord avec un remake que la plateforme élargit la mythologie de La Casa de Papel. La poule aux œufs d’or de Netflix n’a pas chômé, et elle a mis toutes les chances de son côté pour récolter de nombreux billets verts.

Après le succès incontesté de Squid Game, ou plus récemment de All of Us Are Dead, Netflix prend le meilleur des deux mondes pour créer un hybride d’un nouveau genre, un amoncellement d’ingrédients qui ont fait la popularité d’autres productions. Mais à force de vouloir le beurre, l’argent du beurre et le derrière de la banquière, la plateforme ne s’est-elle pas perdue en cours de route ?

L’histoire nous plonge dans un futur imaginaire, où les deux Corées ont acté une réunification. Peu de temps après cet événement historique, un sommet est organisé près de la Maison de la Monnaie. C’est ce moment qui est choisi par le Professeur et son équipe pour investir les lieux et réaliser ce qui s’annonce comme le coup du siècle.

Tiens l’adaptation, moi je fais copier/coller. Crédits : Netflix

Les deux faces d’une même pièce

Netflix applique à la lettre la définition de remake. La nouvelle série reprend à quelques détails près l’intrigue de la série mère, peu de chance d’être surpris avec ce nouveau cru. Sous la houlette du Professeur campé par Yoo Ji-Tae, c’est le même plan qui est déroulé. Un jeu du chat et de la souris efficace, mais qui perd de son efficacité pour qui a déjà vu La Casa de Papel.

On retrouve pratiquement tous les ingrédients, les flashback, la cérémonie du choix des pseudos, le basculement pour nos héros, et même les amourettes entre les protagonistes. Une impression de redite qui s’accentue à mesure que progresse la narration. Comment s’émouvoir pour des personnages qui on le sait survivront au moins jusqu’au final de la saison 1.

Money Heist : Korea reprend ainsi tout ce qui faisait la force de la série originale, en y ajoutant aussi ses faiblesses en cours de route. Les ficelles sont grosses, la machine pourtant bien huilée éprouve des difficultés lorsqu’il s’agit de se réinventer. Des purs moments de tensions sont néanmoins au programme, tout n’est pas à jeter.

L’aspect inédit de la série réside dans son contexte politique, la réunification de deux nations et les retombées économiques de celle-ci. Une toile de fond très à propos, mais qui ne parvient jamais à vraiment s’étendre au-delà de la simple mention. La critique sociale de Money Heist : Korea tombe ainsi à plat, et c’est bien dommage.

Elle aurait eu tout aussi bien fait de ne garder que les prémices de La Casa de Papel, pour s’épanouir en y faisant que très rarement référence et en se construisant de nouvelles bases plus solides. Ici, c’est un peu une histoire de copier, coller grossier, une relecture qui arrive aussi sans doute bien trop tôt. Après tout, la série n’a tiré sa révérence que six mois auparavant. On veut bien admettre que beaucoup de choses ont été diffusées depuis sur Netflix, mais à moins d’avoir une mémoire de poisson rouge…

Money Heist Corée
Seul volet vraiment inédit, les origines de la réunification. Crédits : Netflix

Des personnages en toc

La Casa de Papel ne brillait pas par la complexité et la densité de ses protagonistes. Des archétypes qui avaient néanmoins su se rendre attachants à mesure que défilaient les épisodes. Money Heist reprend trait pour trait des protagonistes, au point de leur donner les noms et les mêmes caractéristiques. On retrouve ainsi le petit génie Rio, la taiseuse Tokyo (qui fait encore office de narratrice), Denver le benêt et aussi et surtout Berlin.

Il est cette fois incarné par un certain Park Hae-Soo, qui n’est pas inconnu des spectateurs de Squid Game. C’est en effet lui qui prêtait ses traits à Cho Sang-Woo, ami de longue date du personnage principal. Ici, il se mue en tyran caractériel et incontrôlable, là encore peu de changement à noter.

Même son de cloche pour El Professor, l’acteur reproduit à la perfection chaque élément du personnage autrefois campé par Alvaro Morte, jusqu’au tic avec ses lunettes. Quelques changements sont néanmoins à noter du côté de son parcours, que l’on taira pour préserver le peu de suspens qu’il reste.

Berlin dans la casa de papel corée
Crédits : Netflix

A-t-on encore vraiment besoin de remakes ?

L’arrivée de Netflix dans le panorama audiovisuel a redistribué les cartes sur le secteur de la création télévisuelle. Alors que les chaînes misaient sur des productions locales, à destination d’une audience réduite, Netflix investit massivement dans des séries produites aux quatre coins du monde et visibles partout. Là où les remakes étaient monnaie courante pour la petite lucarne, l’arrivée de Netflix pose la question de leur nécessité.

Un remake étant l’occasion de faire découvrir une production à des spectateurs ne l’ayant jamais découverte, comme ce pouvait être le cas avec The Office US en réponse à The Office UK ou plus récemment Fleabag et Mouche en France, que se passe-t-il lorsque votre audience a déjà mis la main sur la série que vous souhaitez revisiter ?

Preuve que ces questions intéressent les professionnels du secteur, c’était le sujet d’une conférence qui s’est tenue en mars dernier lors de Série Mania à Lille. Les différents invités ont ainsi insisté sur l’importance de positionner une œuvre dans un contexte différent, tout en lui permettant d’atteindre une nouvelle audience. Pour Netflix, c’est un peu différent puisque les spectateurs sont de plus en plus enclins à découvrir une série étrangère dans sa version originale, et que le doublage est toujours disponible. Preuve s’il en fallait une que le catalogue anglophone de la plateforme est loin d’être son seul atout, Squid Game s’est imposée comme la série la plus populaire de son histoire.

Alors à la question La Casa de Papel méritait-elle un remake ? On serait tenté de répondre non. Mais la série semble moins destinée à un public européen et nord américain qu’à une audience coréenne qui n’aurait pas encore eu l’occasion de découvrir la série espagnole. On n’est pas le cœur de cible.

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