Critique

[Critique] Get Out : le thriller américain mérite-t-il sa réputation ?

Cinéma

Par Mathieu le

C’est l’histoire d’un choc qui a bouleversé les Etats-Unis. Get Out, film au budget serré (seulement 4,5 millions de dollars) a rapporté quelques 170 millions de recettes au box-office américain depuis sa sortie. Une vraie réussite financière pour une réalisation qui n’en attendait certainement pas tant. Produit par Jason Blum (Insidious, Sinister, Paranormal Activity), le long-métrage jouit d’une vraie popularité outre-atlantique. Alors, grande réussite ou simple pétard mouillé ?

Une histoire sur fond de racisme

Jordan Peele a réussi son pari. Pour sa première derrière la caméra, le new-yorkais de 38 ans, qu’on connait pour ses rôles comiques (Modern Family, Key & Peele), décide donc de passer par la case thriller.

On suit ici une période de la vie de couple de Chris, un jeune afro-américain et Rose, sa petite amie depuis cinq mois. Cette dernière le convie à passer un week-end au sein du domaine de sa famille, dans une petite ville au nord de l’Etat. C’est donc avec Missy (la mère), Dean (le père) et Jeremy (le frère) Armitage que Chris va passer ses deux prochaines journées. Et au-delà de faire la connaissance des parents de Rose, il se rend compte à quel point sa couleur de peau, même si on veut lui faire croire qu’il ne s’agit pas d’un problème, est au centre de bien des mystères. Une série d’événements plus louches les uns que les autres va alors l’amener à se poser de sérieuses questions et à croire en l’inimaginable.

De ce postulat est donc né le scénario de Get Out. Tout au long de la projection, c’est un sentiment nauséabond qui prédomine dans notre esprit. Le malaise fait très rapidement son apparition et c’est bien là que se situe la grande force du film. On ne sait pas réellement ce qui se trame sous nos yeux, bien qu’on remarque très rapidement que la volonté du long-métrage est de faire du racisme ordinaire, une peur grandissante. Chaque scène nous en apprend un peu plus sur la situation, tout en ayant l’intelligence de poser des fondements dont nous ignorons totalement les conséquences futures.

Des personnages travaillés

Les personnages sont remarquables. Chacun d’entre eux cache une part de mystère qui met le spectateur dans l’expectative. Le héros, Chris, nous perd entre rires et peur. Get-Out est dans ce sens l’un des rares films qui pourra vous faire passer d’une émotion à l’autre en l’espace de quelques instants. D’un instant festif, joyeux et parfois drôle, vous pourrez rapidement vous retrouver face à une situation angoissante. Les yeux rivés sur l’écran, le cœur palpitant, vous n’aurez de cesse de chercher des indices qui vous mèneront peut-être à une bribe de réponse.

Pour revenir au racisme ordinaire que nous évoquions plus haut, c’est bien ici que réside la structure de l’oeuvre. Dès le départ, nous sommes confrontés à des situations classiques, qu’on a tous déjà vécu. Le père blanc qui dit à son gendre noir “J’ai voté Obama” comme pour se dédouaner de pensées qu’ils ne pourraient assumer. Le grand frère qui demande “Tu dois aimer le basket ?” pensant que la couleur de peau dicte forcément nos goûts. C’est de ce constat qu’est parti le réalisateur Jordan Peele pour construire son film. Et le fait est que tout va beaucoup plus loin que ce à quoi on pouvait s’attendre au départ.

Jordan Peele a habilement travaillé ses personnages

Le rythme ne connait jamais de baisses. Happé par cette envie d’aller plus loin, plus vite, le spectateur reste constamment sur le qui-vive, comme conscient que le pire se prépare. Jusqu’au dénouement final, Jordan Peele réussit à insuffler une forme de fougue à son histoire pour finir par déverser son génie dans sa dernière partie.

Des acteurs impliqués

Fort d’un scénario semé de surprises et d’embûches, le film dépeint également une société américaine sur le déclin. Basé sur des faits fictifs, tout en trahissant certains maux de nos cultures actuelles, le long-métrage nous emporte dans un pays qui se force à oublier ses trépas du passé. Dans cette aventure qu’on aimerait croire impossible, les acteurs s’en sortent tous plus qu’honorablement.

Daniel Kaluuya, que vous avez certainement vu dans Black Mirror ou Kick-Ass 2, est stupéfiant. L’acteur de 27 ans, qui incarne Chris, livre une prestation remarquable où il retranscrit à la perfection les émotions, souvent contrastées, de son personnage. Sa petite-amie Rose, jouée par Allison Williams (la série Girls) est également resplendissante et devrait véritablement vous surprendre. Quant aux seconds-rôles, notons les performances de Caleb Landry Jones (X-Men : le commencement) dans la peau du grand-frère, mais aussi des parents, incarnés par Catherine Keener et Bradley Whitford.

Pour finir, évoquons la filmique de Jordan Peele. Pour sa première réalisation, l’américain fait très fort en proposant des scènes mémorables et savamment chorégraphiées. Chaque plan bénéfice d’un travail d’orfèvre qui sublime les acteurs et leurs personnages. La photographie est également de qualité bien qu’on regrette simplement que les teintes de blanc et de noir, les deux couleurs fortes du film, ne soient pas plus mises en avant.

Conclusion

Véritable thriller psychologique, Get Out est la grosse surprise de ces premiers mois de 2017. Choquant, dans le bon sens du terme, le film vous fera réfléchir et angoisser comme rarement auparavant. Dotée d’une aura inqualifiable, la réalisation de Jordan Peele a de quoi faire valoir ses records au Box-office américain tant elle dépeint une ambiance pesante et sous adrénaline. Un long-métrage qu’on ne peut que vous conseiller, vivement, de voir.

39 réponses à “[Critique] Get Out : le thriller américain mérite-t-il sa réputation ?”

  1. Je n’ai pas encore vu le film. J’espère que ce n’est pas du simple bashing anti-blanc, tant à la mode ces derniers temps, mais que Peele a su intégrer quelque chose de plus complexe et nuancé dans son film.

    • petite maire deux tu as raison joue la petite victime blanche tout comme les noirs qui joue les victimes parfois. en attendant fais moi signe si tu connais un blanc a qui on n’ a pas louer un apparte ou refusé un boulot uniquement à cause de sa couleur de peau et non en fonction de ses moyens ou ses compétences.

      • Petit merdeux, carrément? en quoi je joue la victime dans mon message? je ne fais qu’écrire mon espoir que ce film sera plus intelligent qu’un simple bashing “primaire” anti blanc. Quel est le problème? pourquoi l’existence de problèmes pour d’autres ethnies devrait m’empêcher de le faire?

        • autant pour moi et je tiens a retirer mon agression envers vous et m’en excusez.
          Vous démontrez clairement une altitude d’esprit quasiment inexistante sur ce site donc j’ai réagis bêtement en croyant avoir à faire aux minables individus qui polluent ce site.
          Et oui je suis d’accord avec votre raisonnement mais n’oubliez pas de chercher l’origine première de ce racisme anti blanc qui oui il est vrai existe malgré sa marginalité.

          • Pas de souci! merci d’être raisonnable dans la discussion 🙂
            Pour le reste, je comprends votre réaction même si je suis perso plus du genre à essayer de discuter (en excluant les trolls évidents bien sûr).

      • Quant à votre message sur la discrimination raciale, que dire…cela n’est pas l’apanage des blancs, que vous vouliez l’admettre ou pas.

    • Mdr bashing anti-blanc, il y en a qui deviennent pro dans la victimisation imaginaire … C’est comme ça que l’on trouve ça normal que l’extrémisme est au second tour dans l’un des rare pays ou il ne devrait pas y être.

      • Je ne suis pas pro dans la victimisation. Il n’y a rien de “victimisant” dans mon message, à moins que vouliez bien me citer ce à quoi vous faites allusion?
        Pourquoi l’existence de problèmes pour d’autres ethnies devrait m’empêcher d’émettre une crainte toute relative quand à un film dont le pitch via le trailer est simplement qu’un jeune noir se retrouve dans une communauté blanche stéréotypée qui hypnotise des noirs pour se remémorer le temps de l’esclavage?
        Expliquez-vous.

    • @disqus_SunTL3kX8w:disqus et @Lynze :
      C’est fou de voir que le racisme envers les blancs est encore “inexistant et paranoïaque” selon certains… ouvrez un peu les yeux au lieu de vivre dans votre monde idéal 😉 cela viendra en grandissant (je doute fortement de votre majorité vu vos propos hors sujet et votre orthographe).

        • En quoi votre commentaire aide-t-il la situation? si mon message est si stupide, ne feriez-vous pas mieux d’essayer de nous faire comprendre pourquoi, plutôt qu’utiliser ce genre d’expression infantile?

  2. Au lieu de parler de “racisme” comme mes camarades au dessus, je voudrais juste féliciter mathieu pour son excellente critique qui donne envie.

  3. Attendez mon popcorn n’est pas encore prêt! C’eeeest bon allez y commentez. krouaf krouarf #superfilm #jordanpeelecegenie

  4. C’est marrant car en réalité…. le film fait du gauche bashing….

    En gros, ils dénoncent la pensée des gauchiasses, qui veulent protéger les Noirs, etc… en gros, le père dit “je voterais encore Obama” mais pas parce qu’il ne supporte pas, les Noirs….. juste parce qu’il le pense vraiment, comme ceux de la gauche qui insulte tout le monde.. et qui retourne les propos du film pour faire dire “le fn c’est des méchants” alors que la c’est littéralement des insoumis, qui sont tellement fanatiques et qui chient tellement sur leur couleur de peau blanche, qu’il transfert leur cerveau chez les Noirs car je site “les blancs vont disparaître et les Noirs vont les remplacer” (bon la phrase n’est pas dit comme ça, mais il le dit un moment)…

    Et c’est marrant de voir que les gauchiasses défendent le film en sortant les propos comme si c’était des méchants du KKK ou du FN… alors quand réalité, ces leur vision poussé à l’extrême….

    Ps: après ça reste toujours un film avec méchant blanc et gentil Noir… mais pour une fois c’est pas les raciste xénophobe qui sont les méchants, mais les connards xénophile qui préfèrent chier sur leur origine, et idolâtrer l’étranger comme étant le sauveur.

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