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Critique Les Bad Guys 2 : on se jette dans la gueule du loup ? đŸș

DreamWorks sait y faire avec le suites, mais qu’en est-il de cette nouvelle aventure des Bad Guys ? Critique.

Hollywood abuse des spin-offs, prĂ©quels, et autres reboots, si bien que les spectateurs ne supportent plus de voir des franchises recyclĂ©es jusqu’à Ă©puisement. Cette fatigue du public concerne Ă©galement les suites, et plus particuliĂšrement dans le monde de l’animation oĂč les studios n’hĂ©sitent pas Ă  signer pour des quatriĂšme ou cinquiĂšme volets que personne n’a demandĂ©.

Mais il existe un gĂ©ant du divertissement dont les suites, et surtout les second opus, ont plutĂŽt tendance Ă  faire l’unanimitĂ© : DreamWorks. Shrek 2, Dragons 2, Kung Fu Panda 2, Le Chat PottĂ© 2
 C’est Ă  croire que le studio perfectionne toujours sa copie lors du deuxiĂšme essai. Ce qui ne l’empĂȘche malheureusement pas de produire des catastrophes plus tard (oui Shrek 4 et Kung Fu Panda 4, c’est de vous que l’on parle).

De fait, la logique voudrait que Les Bad Guys 2 soit une vĂ©ritable pĂ©pite. Le premier long-mĂ©trage a su briller par son animation osĂ©e autant que ses personnages aussi atypiques qu’attachants. De quoi laisser prĂ©sager du trĂšs bon pour le deuxiĂšme film ? Mais la nature mĂȘme de l’histoire des Bad Guys rend l’exercice de suite pour le moins complexe. Comment Ă©viter la redite ou l’ennui une fois les mĂ©chants devenus gentils ? Cela n’a pourtant pas empĂȘchĂ© DreamWorks de prendre des risques pour tenter de nous prouver une bonne fois pour toutes qu’il n’y a pas mieux que les Ă©pisodes 2 dans son catalogue.

Que raconte cette suite ?

Pour comprendre et apprĂ©cier Les Bad Guys 2, il faut impĂ©rativement voir l’opus prĂ©cĂ©dent. Contrairement au Chat PottĂ© 2 dont la narration repartait presque de zĂ©ro pour combler de nombreuses annĂ©es d’absence, le retour de Monsieur Loup et toute la clique s’effectue seulement 3 ans aprĂšs leur derniĂšre apparition sur grand Ă©cran. DreamWorks nous propose donc une suite directe explorant les consĂ©quences des nouveaux choix de vie de la mauvaise troupe. Les Bad Guys sont devenus des Good Guys et doivent faire de nombreux sacrifices, Ă  commencer par leur confort. Tout juste sortis de prison, les protagonistes font face Ă  une triste rĂ©alitĂ© : personne ne souhaite participer activement Ă  la rĂ©insertion d’anciens criminels.

Les Bad Guys Prison
© DreamWorks

Et c’est ainsi que Les Bad Guys 2 signe un coup de maĂźtre dĂšs sa phase d’introduction. Le petit dernier de DreamWorks n’hĂ©site pas Ă  dĂ©naturer la conclusion pourtant pleine d’espoir du premier film pour s’attaquer Ă  un sujet de sociĂ©tĂ© rĂ©el et plus que sĂ©rieux. MĂȘme des personnages aussi attachants et pleins de bonne volontĂ© que ceux-ci ne peuvent avoir droit Ă  une seconde chance dans un monde oĂč le mal est perçu comme immuable. En abordant la franchise sous cet angle, ce nouveau long-mĂ©trage parvient Ă  Ă©viter la redondance tout en apportant une profondeur supplĂ©mentaire au propos du premier opus.

Un univers développé dans la bonne direction

Continuer l’histoire des Bad Guys n’a rien d’une mince affaire. Que faire de mĂ©chants devenus gentils si personne ne veut les laisser vivre une nouvelle vie ? Fort heureusement, les bandits dĂ©chus peuvent compter sur une bonne dose d’audace, de trahison et de rebondissements propre aux productions DreamWorks pour relancer leur carriĂšre. C’est ainsi qu’un flamboyant nouveau groupe de personnages dĂ©barque pour secouer (et corrompre) nos Bad (devenu Good) Guys.

Si vous avez visionnĂ© les diffĂ©rentes bandes-annonces du film, vous comprendrez qu’il est question ici des fameuses Bad Girls. La prĂ©sence de ces figures inĂ©dites n’avait d’ailleurs rien de rassurant dans les premiers extraits diffusĂ©s. Difficile de voir en ces rivales autre chose qu’une solution de facilitĂ© pour transformer les Bad Guys en justiciers. Mais force est de constater que DreamWorks se surpasse une fois de plus en matiĂšre de construction de personnage. Les Bad Girls ne sont pas lĂ  pour imiter leurs prĂ©dĂ©cesseurs, mais plutĂŽt pour les complĂ©ter et gĂ©nĂ©rer une prise de conscience. La dynamique entre ces deux groupes est d’une efficacitĂ© sans pareil, et qui permet au film de naviguer entre purs moments de comĂ©die et Ă©lans dramatiques.

Les Bad Guys Bad Girls
© DreamWorks

Un propos maßtrisé pour tous les ùges

Pour couronner son approche scĂ©naristique efficace, Les Bad Guys 2 parvient Ă©galement Ă  proposer une dimension humoristique digne des plus grandes Ɠuvres du studio. On retrouve ici le culot, l’assurance et l’aciditĂ© qui a su faire le succĂšs de la franchise Shrek. Nous n’avons pas affaire Ă  un film pour enfant que l’on tenterait de rendre tolĂ©rable pour les adultes via de quelconques artifices. Il est ici question d’une production dont la double lecture est minutieusement construite pour offrir une expĂ©rience qui ravira tout type de public.

Ces efforts s’appliquent Ă©galement Ă  la narration, qui parvient aborder des sujets puissants pour nous Ă©mouvoir et nous faire rĂ©flĂ©chir, tout en Ă©duquant les plus jeunes spectateurs sans les dĂ©stabiliser. Car aprĂšs tout, ce n’est pas parce qu’un film d’animation doit viser un large public qu’il doit absolument prendre des pincettes pour Ă©viter de brusquer. C’est pourtant la direction que ne cesse de prendre l’industrie ces derniĂšres annĂ©es en Ă©dulcorant ses crĂ©ations de toutes thĂ©matiques fortes, au dĂ©triment de la puissance Ă©motionnelle et de la morale. On remercie donc DreamWorks de ne pas avoir cĂ©dĂ© Ă  cette mode de l’aseptisation, afin de faire des Bad Guys les porteurs de messages mĂ©morables : c’est ainsi qu’un film d’animation est capable de marquer les esprits.

Les Bad Guys 2 Image
© DreamWorks

Un nouveau standard pour l’animation 3D

Qui a dit que l’animation 3D devait ĂȘtre formatĂ©e et ennuyeuse ? Tandis que d’autres peinent Ă  innover ou Ă  sortir de leur zone de confort, DreamWorks laisse libre cours Ă  la crĂ©ativitĂ© de ses artistes pour repousser les limites des technologies modernes. Dans la lignĂ©e du premier Bad Guys, mais aussi du Chat PottĂ© 2 et du Robot Sauvage, la nouvelle production du studio nous prouve une fois de plus que l’animation 3D peut ĂȘtre tout aussi (voir plus) expressive que l’animation classique.

On sent que les animateurs se sont amusĂ©s Ă  tirer profit du cadre loufoque de la franchise pour produire des visuels toujours plus extravagants. Les Bad Guys 2 est un vĂ©ritable rĂ©gal pour les yeux et ne cesse de nous surprendre avec des plans encore jamais (ou rarement) vus dans des Ɠuvres du genre. L’audace dont font preuve des productions telles que celle-ci ou KPop Demon Hunters a tout intĂ©rĂȘt Ă  devenir un nouveau standard, au risque de voir cet art s’éteindre au profit de crĂ©ations de moins en moins humaines. C’est donc Ă  nous, en tant que public, que revient la tĂąche de soutenir les Ɠuvres qui font un pas dans la bonne direction, et DreamWorks vient une nouvelle fois de prouver son amour pour l’animation.

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Notre avis

Chez DreamWorks, le chiffre 2 est porte bonheur et cette suite aux aventures des Bad Guys en est la preuve. Monsieur Loup et toute la mauvaise troupe sont plus drĂŽles, plus touchants et plus mĂ©morables. De quoi ancrer dĂ©finitivement ces personnages aux rangs de vĂ©ritables icĂŽnes du studio, au mĂȘme titre que Shrek, Po et Krokmou ?

L'avis du Journal du Geek :

Note : 8 / 10

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