Les musiques. Le folklore et la culture hawaïenne. L’insouciance et l’innocence de Lilo. Les bêtises à répétition et le côté attachant de Stitch. En 2002, Lilo et Stitch débarquait au cinéma, offrant un vent d’air frais bienvenu aux productions des studios Disney et marquait – comme souvent – toute une génération entière et plus, même, au fur et à mesure des années, totalement conquise sur cette histoire aussi drôle que touchante d’une famille recomposée certes, mais complètement loufoque.
Une suite et des séries, le succès a été au rendez-vous pour Lilo et Stitch, qui ont donc été exploités à foison par Disney, prolongeant du même coup le plaisir procuré dans un premier temps au cinéma. Vingt-trois ans après, le duo fait son grand retour au cinéma, sous une forme désormais bien habituelle chez la compagnie aux grandes oreilles, à savoir celle du remake en live action, soit en prise de vues réelles, avec de véritables acteurs et, le plus souvent, une histoire et un traitement à l’identique comme à l’époque de sa première sortie. L’idée ? Toucher la nouvelle génération, probablement passée en partie à côté du film d’animation de 2002, tout en replongeant les autres dans leurs souvenirs, avec une expérience visuellement inédite… sans oublier la ferme intention de relancer la fabrique à goodies.
On prend presque les mêmes et on recommence, à deux (gros) détails près
Si tous les live action des oeuvres Disney ne se valent pas, leur box-office le prouvant d’ailleurs assez bien, ainsi que leur réception auprès du public – l’occasion pour nous prochainement, qui sait, de vous faire un classement des meilleurs et des pires films dans cet exercice ? – Lilo et Stitch a le mérite de se démarquer du reste de la concurrence pour plusieurs raisons. Et de bonnes raisons. Si l’histoire racontée en 2002 était émouvante, touchante et pétrie d’humour, sa copie en 2025 pousse les curseurs, notamment celui de l’émotion, encore plus loin. Rien de plus logique à cela quand, cette fois, la quasi-majorité des personnages animés sont joués par de vraies personnes.
C’est le cas de la jeune Maia Kealoha, l’interprète de Lilo, qui reprend avec beaucoup de personnalité les traits du personnage, les mimiques ainsi que les répliques, donnant à celles-ci une autre profondeur. On ne va pas vous le cacher, c’est notre coup de cœur et si Lilo était déjà bien réussie en animation, on ne peut que saluer le travail d’acting effectué avec cette petite fille, dont les interactions avec Stitch sont bien mieux réussies que celles d’un dénommé Jack Black avec l’environnement virtuel et le fond vert massivement utilisé pour et pendant Minecraft. Par exemple.

Si Lilo est réussie, la vraie interrogation se tournait vers Stitch, dont le rendu serait forcément scruté et attendu, avec comme minimum syndical à remplir, l’obligation d’être au moins aussi mignon que ne l’est son pendant animé. Là encore, c’est chose faite et Stitch est 100 % fidèle à ce qu’il était en 2002. L’effet peluche vivante que le live action et la CGI lui offrent sont particulièrement convaincants, au point de se dire que Disney n’aura pas trop de mal à relancer les ventes de produits dérivés dans les jours à venir.
Mais si certains personnages sont fidèles à leur matériel d’origine, certains ont subi des changements plutôt bienvenus. Personnage secondaire par la force des choses, Nani, la grande sœur de Lilo, obtient une promotion dans ce film. Elle a droit à un vrai background, une véritable identité et de vrais enjeux autres que celui d’être “juste” l’aînée de Lilo et sa tutrice légale. Nani galère toujours autant à joindre les deux bouts, à comprendre et à gérer sa sœur, mais cette fois, elle a des rêves aussi et, finalement, le film lui donne une couverture qu’on n’aurait pas forcément réclamée par le passé, mais qui s’avère bien plus logique plus d’une vingtaine d’années plus tard.
Des personnages plus cohérents, un petit bonus en plus
Même chose pour le rôle de Cobra Bubbles, ce sosie bodybuildé de Will Smith dans Men in Black, censé jouer les assistantes sociales en 2002, tout en étant à la fois un ancien membre du gouvernement, ayant enquêté sur les extraterrestres. Le twist de fin le concernant n’avait surpris personne et, cette fois, Disney n’a pas voulu s’embarrasser de faux semblants pour son personnage : Cobra Bubbles (Courtney B. Vance) est un agent de la CIA, point, tout comme le rôle de l’assistance sociale méritait une interprétation à part entière et c’est Tia Carrere – souvenez-vous, la série Sidney Fox, l’aventurière – qui s’y colle, apportant une touche de féminité en plus et de logique, en soi là aussi, à l’intrigue, en campant la posture de Mme Kekoa. Un juste retour des choses pour l’actrice, puisque, dans le projet initial, c’est elle qui prêtait sa voix à… Nani.

L’apport de tous ces changements ? Le sentiment léger ou profond, c’est selon, de presque revoir la même chose ou du moins de l’apprécier différemment. Là encore, pour se démarquer un peu du produit de base, les scénaristes ont jugé bon d’ajouter un personnage inédit : Tutu, une voisine pour Lilo et Nani. On ne vous spoile rien, mais à nos yeux, il s’agit du meilleur protagoniste de ce live action, non seulement pour les doses d’humour et d’incongruité qu’elle apporte, mais aussi pour la façon dont sa présence s’imbrique parfaitement dans l’histoire.
Après tout, en 2002, cela ne choquait personne de voir une jeune adolescente enchainer les boulots pour s’en sortir et élever sa petite sœur, sans, pour le coup, aucune aide extérieure de la part de son village. L’inverse ne peut être que plus cohérent et, là encore, on a puisé dans le casting vocal de l’époque, puisque Tutu est joué par Amy Hill, l’actrice qui doublait Mme Hasagawa, la vendeuse de fruits, dans le film d’animation.
Là, cette voisine a le rôle de soutien, de support, de conseillère, voire de tante de substitution et cela marche, finalement, peut-être mieux ainsi. Pour le reste, on retrouve les autres personnages introduits en 2002, comme le Dr Jumba, magnifiquement bien joué par Zach Galifianakis (qui d’autre que lui finalement), l’agent Pikly (Billy Magnussen), la présidente du grand conseil, les habitants d’Hawaï ou encore Jason Scott Lee (qui joue le patron de Nani), faisant plus office de caméo finalement qu’autre chose dans ce film, mais évidemment présent à la fête, lui qui prêtait sa voix à l’époque au personnage de David, l’ami de Nani.
À l’arrivée, il n’y a pas grand-chose à dire ou à reprocher à ce live action (hormis l’absence du général Gantu, personnage important dans le film d’animation) qui remplit son office et dépoussière en partie, avec de vrais décors, de vrais acteurs et une émotion tout aussi puissante (si ce n’est plus) l’oeuvre proposée en salles il y a vingt-trois ans. Ohana signifie famille, famille signifie que personne ne doit être abandonné, ni oublié. C’est aussi le cas du retour de Lilo et Stitch en salles. Vous savez quoi faire de votre temps libre désormais.
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