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Critique Scream 7 : toujours notre film d’horreur préféré ?

Malgré une production chaotique, Scream 7 nous promettait un retour aux sources avec une histoire centrée sur Sidney Prescott, tout en n’oubliant pas le début d’héritage posé par les deux précédents opus. Bref, Scream 7 nous promettait un joyeux bordel.

Histoire de créer un débat au sein de la rédac’, puisque les avis sont partagés, l’auteur de ces lignes est un grand fan de ce qu’était Scream à l’époque de Wes Craven – oui, même le quatrième opus. Quant à Scream 5 et 6, ils ressemblaient à une formule réchauffée au micro-onde se croyant plus maligne que ce qu’elle était, avec une utilisation laborieuse du méta. Dans un sens, on aurait donc pu apprécier que Scream 7 décide de faire machine arrière dans son plan initial.

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Un projet poignardé plusieurs fois

Néanmoins, il convient de rappeler les raisons de ce revirement. Après les succès des deux volets précédents, le projet Scream 7 est immédiatement lancé, dans la continuité narrative des sœurs Carpenter. Problème, la guerre Israël-Palestine débute et l’actrice principale Melissa Barrera prend publiquement position pour Gaza. Le studio décide donc de renvoyer son actrice principale. Quelques jours plus tard, c’est Jenna Ortega qui claque la porte, officiellement pour conflit d’agenda. Scream 7 vient de perdre ses sœurs Carpenter… Et son réalisateur puisque Christopher Landon (Happy Birthdead) quitte lui aussi le projet, ne se reconnaissant plus dans l’orientation créative.

Critique Scream 7 : toujours notre film d'horreur préféré ?
© Paramount

Qu’à cela ne tienne, le film est entièrement repensé pour offrir une sorte de retour aux sources autour de l’héroïne iconique de la saga, Sidney Prescott. On sait que les fans aiment les retours aux sources. Sauf que le chèque d’origine n’a pas assez de zéros pour Neve Campbell qui refuse. Le studio offre une rallonge de billets et l’actrice devient soudainement très enthousiaste à l’idée.

On embauche même Kevin Williamson, scénariste emblématique des Scream 1,2 et 4, pour en être le réalisateur. Les anciens répondent également présent, comme Courteney Cox et, le petit coup de génie promotionnel, Matthew Lillard, alias Stu Macher / Ghostface dans le premier film. Quelques acteurs de la génération survivante récente sont aussi là, histoire de faire le lien.

Bref, sur le papier, Scream 7 ressemble davantage à un plan marketing tentant de sauver les meubles qu’à une œuvre d’une ambition créative folle. Mais on a déjà vu des productions commerciales accoucher de grands films, alors pourquoi pas ?

On prend les mêmes et on recommence

Sidney Prescott a refait sa vie, loin de Woodsboro. Elle a une jolie maison, un mari chef de la police, deux petites filles en vacances chez la belle-mère et une aînée adolescente en pleine rébellion. Un quotidien presque paisible, bousculé par l’apparition d’un nouveau Ghostface, bien décidé à la faire renouer avec son passé tragique. Quand sa fille devient la cible du tueur, Sidney reprend les armes.

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© Paramount

Qu’est-ce qui différencie Scream d’autres sagas horrifiques ? L’utilisation du méta, oui. Mais cette utilisation est conditionnée par deux choses : la conscience de lui-même et la volonté d’explorer les nouvelles tendances. Autrement dit, un œil constamment tourné vers le passé, un autre vers l’avenir.

Une formule qui a tellement tiré sur la corde qu’elle a menacé de se rompre lors du quatrième volet, l’obligeant à se tourner vers un simili-reboot par la suite. Simili-reboot qui espérait profiter de la fin de la sixième fournée, avec sa scène dans le musée, pour tirer un trait définitif sur l’héritage Woodsboro. On regarde une dernière fois derrière, puis on avance.

Scream 7 fait une ghostface

Scream 7 est un pas… pardon, dix pas en arrière. On l’a dit, on n’apprécie pas les opus 5 et 6, mais pas tant pour ce que ça essayait de renouveler que pour ce que ça ratait. Avec une sorte de fausse modestie, Williamson tente de revenir aux bases, oubliant ainsi qu’on parle du SEPTIÈME OPUS !

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© Paramount

Concrètement, le scénario coécrit entre Williamson et Guy Busick, le scénariste des volets récents, commence de la pire manière : en ressassant les événements précédents, depuis trente ans, encore et encore et encore… Et cela ne va pas aller en s’arrangeant. Scream 7 est prisonnier des poncifs de la saga, il le sait, et tente alors de nous bousculer en les exagérant. L’imperméabilité historique de Ghostface aux traumas crâniens ? Les coups dans la tête se multiplient pour le prouver. Ses facultés de ninja ? Il peut désormais se téléporter ou se rendre invisible. Les exemples ne manquent pas.

On se retrouve face à un long-métrage conscient du passé, s’appuyant notamment sur l’expérience cumulée des personnages cultes, mais qui, pour rester un slasher, doit forcer la main du ridicule pour les isoler ou les mettre en danger, sinon il n’y aurait plus de film. La saga est un sable mouvant dans lequel Scream 7 tente de se débattre et s’enfonce encore plus. Et qu’il en soit conscient nous ferait presque de la peine pour lui…

« On ne touche pas à l’original », vraiment ?

Il est encore plus frustrant de voir Scream 7 échouer alors qu’on sent une réelle volonté de surprendre le fan avec des tentatives de déstabilisation des codes. Sur l’intrigue elle-même, on ne vous donnera aucun détail, mais elle réussit à détourner un trope scénaristique attendu, au risque, peut-être, de déplaire (on a adoré ici). On reconnaît également qu’il y a des séquences de meurtres assez originales et visuelles, au point de regretter qu’elles ne soient pas plus régulières. Le fameux discours méta est très en retrait et, étonnamment, rien de gênant à cela, cela lui évite des lourdeurs.

Critique Scream 7 : toujours notre film d'horreur préféré ?
© Paramount

Quelques idées innovantes ici et là, une Sidney bien meilleure Scream Queen que Melissa Barrera (qu’on aimait bien pourtant), et des twists capables de sortir un peu des sentiers battus, tout ceci permet à Scream 7 de ne pas sombrer dans la médiocrité. Et Williamson a prouvé qu’il savait tenir une caméra. Mais voilà, c’est bien trop peu pour nous prouver que la saga a encore du potentiel, a encore quelque chose à dire ou à montrer. La corde était déjà rompue, il ne sert plus à rien de tirer.

La faute à qui ? À Wes Craven et Williamson lui-même, lorsqu’ils ont signé Scream 4. Un volet qui sous-entendait qu’un reboot ne pouvait pas marcher, ne devait pas marcher. À l’époque, nous étions d’accord. À l’époque, nous ne pensions pas que Scream continuerait sans Craven et l’échec de la série nous confortait dans cette croyance.

Il faut tuer Woodsboro

C’était il y a quinze ans. Depuis, Scream a continué, Ghostface aussi, et le cinéma d’horreur a évolué. La saga fête ses trente ans. Trente ans à entendre parler de Sidney Prescott, de Woodsboro, de Billy Loomis (ce septième volet fait très fort dans l’évocation nostalgique jusqu’à l’usure…). Difficile aujourd’hui d’avoir encore peur face à un meurtrier trop fidèle à son poignard – alors qu’il sait être si créatif quand il le veut – ou de ces suspects volontairement trop suspects. On tourne en rond et Scream 7 se mord la queue constamment.

Critique Scream 7 : toujours notre film d'horreur préféré ?
© Paramount

On aime Scream et on n’a pas envie que la saga sorte par la petite porte comme tant d’autres. Scream 7 commence à ouvrir cette porte, alors qu’un huitième volet semble inévitable. On en vient à lui souhaiter de prendre deux directions. La première est de conclure sur un chapitre final qui dynamiterait tous les codes, comme un ultime pied de nez méta. L’autre serait d’assumer faire le reboot complet, sans héritage. Le cinéma d’horreur moderne a réinventé suffisamment d’archétypes pour s’en amuser autour d’un nouveau « Scream » débarrassé de ses chaînes. Bref, Scream mérite d’oser à nouveau.

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Notre avis

Peut-être moins affligeant que son prédécesseur, Scream 7 se retrouve le cul entre deux chaises, à vouloir égratigner un peu les stéréotypes pour mieux retomber en plein dedans non par envie, mais par besoin. Un besoin construit sur trente ans d'héritage qui sent bon la poussière. Tout le monde a bien compris que le premier film était un classique, mais même son scénariste de l'époque ne semble plus savoir aujourd'hui ni pourquoi, ni comment. Après le soft reboot, la saga est maintenant bloquée en plein épisode de nostalgie. Et ce n'est pas une bonne nouvelle.

L'avis du Journal du Geek :

Note : 4 / 10

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