Il y a un peu moins de trois ans, une nouvelle série débarquait sur Apple TV : Monarch : Legacy of Monsters. L’objectif était simple : préparer le terrain pour le futur Godzilla x Kong : le Nouvel Empire qui sortirait quelques semaines plus tard tout en offrant une extension au MonsterVerse de Legendary Pictures. Une série affiliée à la saga cinématographique, sans pour autant s’ancrer trop profondément dans celle-ci, afin qu’elle garde une certaine forme d’indépendance et puisse trouver son public en solo.
Sauf qu’il y a un peu moins de trois ans, Apple TV n’avait pas encore la popularité que ses programmes méritaient. Certes, il y avait déjà des Ted Lasso, des Severance, des For All Mankind… mais la plateforme restait à la marge de ses concurrentes, comme si la question de sa fin n’était pas pourquoi, mais quand.

Loin de nous l’idée de disséquer le service SVoD entre ces lignes, ce n’est pas le sujet présent, néanmoins, il nous semblait important de recontextualiser afin d’expliquer pourquoi, fin 2023, Monarch : Legacy of Monsters était un peu passée sous le radar. Avec l’arrivée de la saison 2, on espère que le show aura enfin le succès qu’il mérite. Et on vous explique pourquoi.
De quoi parle Monarch : Legacy of Monsters ?
Se situant après les événements du film Godzilla (2014), on y suit Cate Randa (Anna Sawai, récompensée pour Shogun), apprenant que son père disparu avait une double vie. Avec son demi-frère, ils partent à sa recherche et découvrent leurs liens familiaux avec une mystérieuse organisation surveillant les titans, Monarch. Dans leur quête, ils vont être aidés par Lee Shaw (Kurt Russell), un ancien haut gradé de l’organisation mis sur la touche.
En parallèle, on suit le récit dans les années 50 où un jeune Shaw (Wyatt Russell), le Dr Keiko Miura et Bill Randa découvrent l’existence des titans et fondent Monarch.

Le final de la première saison, sans trop en dire si vous n’avez jamais vu la série, nous faisait visiter l’Axis Mundi, le monde des titans, et sa dilatation du temps, pour s’achever sur le territoire de Kong, à Skull Island.
Encore plus d’humains
On le répète, il n’est pas nécessaire d’avoir vu les cinq films (six l’année prochaine avec Supernova) pour apprécier Monarch : Legacy of Monsters. Celle-ci dresse suffisamment les points importants, comme la destruction de San Francisco pour qu’on comprenne de quoi il retourne sans avoir besoin d’une séance de rattrapage. Le show prend le parti de récupérer les éléments scénaristiques qu’il veut, faisant fi du reste, tout en évitant également de prendre les contradictions trop frontalement. Il y a, certes, plusieurs clins d’oeil, la présence de quelques acteurs passerelles (John Goodman, vieux Bill Randa dans Kong : Skull Island, fait une apparition), mais rien d’excluant pour le nouveau spectateur.

D’autant que Monarch base son succès sur un énorme manque des films : l’humain. Considéré interchangeable au cinéma, juste présent pour donner du contexte entre deux bastons de monstres, il est ici le cœur du sujet. Avec l’essor d’Apex, le retour de Keiko, et les conflits internes chez Monarch, la famille Randa continue de se raconter dans cette saison 2 et nous offre un fort lien émotionnel avec l’histoire. Passé ou présent, l’humanité est moteur de l’histoire et ses actions impactent littéralement l’Axis Mundi.
Encore plus de monstres
La première saison faisait, certes, une économie de temps d’écran de ses titans, budget oblige, mais lorsque ces derniers apparaissaient, surtout Godzilla, il faut reconnaître que c’était visuellement très soigneux. Bonne nouvelle, cette saison 2 a clairement bénéficié de davantage de moyens puisque dès le premier épisode, entre l’arrivée de Kong et le nouveau MUTO créé pour l’occasion, Titan X, la série n’a rien à envier à un film gros budget. Surtout que la mise en scène sait remettre le rapport d’échelle au premier plan, chose complètement saccagée avec Nouvel Empire.

Les scènes impliquant les titans se multiplient et chaque épisode comporte son petit lot de scènes impressionnantes où des petits individus font face à quelque chose de beaucoup, beaucoup plus gros. La série n’a pas peur de regarder son ambition, et son univers, dans les yeux.
Encore plus de twists et de science-fiction
On ne va rien révéler ici des différents rebondissements qui émaillent cette seconde saison, sachant qu’ils sont encore plus nombreux. Avec moins de temps mort, on peut facilement dire que cette nouvelle fournée d’épisodes est plus aboutie, le temps entre les deux saisons ayant visiblement permis de soigner le bébé, aussi bien visuellement que narrativement parlant.
Et puisqu’on parlait d’ambition, on peut noter que Monarch n’a pas non plus peur d’explorer des territoires inédits, y compris dans le pur genre de la science-fiction. Même lorsque l’on met nos titans de côté, il y a encore beaucoup à raconter, notamment sur le décalage temporel entre l’Axis Mundi et notre monde. Un fil scénaristique que le show entend bien tirer pour, peut-être, réaliser quelques souhaits des fans.
Monarch : Legacy of Monsters est une série bien trop sous-estimée qui, avec la sortie de la saison 2, mériterait de prendre davantage la lumière. Rien que pour nous montrer que le MonsterVerse a de l’avenir, loin des catastrophes cinématographiques. Il n’y a pas que Minus One qui peut faire du bon Godzilla.
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