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Critique The Last of Us saison 2 : c’est bien, mais on reste sur notre faim

Que vaut la deuxième saison de la série The Last of Us produite par HBO ?

Depuis le mois d’avril, les téléspectateurs peuvent découvrir la saison 2 de The Last of Us, l’adaptation du jeu éponyme par HBO. Chaque lundi durant ces 7 dernières semaines était l’occasion d’obtenir un nouvel épisode des aventures d’Ellie (et Joël). Située cinq ans après les évènements de la première saison, l’intrigue reprend la trame de The Last of Us Part II.

Pas de surprise donc du côté des joueurs pour qui cette aventure commence à devenir familière. C’est sans compter sur l’intervention du showrunner Craig Mazin qui nous a promis à tous un périple inédit, comme si on le découvrait pour la toute première fois. Car c’est justement l’expérience du commun des mortels, les spectateurs n’ayant jamais touché à la manette de PlayStation pour plonger dans l’univers de Naughty Dog. Après une première saison plus que réussie, le pari est-il tenu ? La réponse dans cette critique de The Last of Us saison 2.

De la pression sur ses épaules

La deuxième saison de The Last of Us était attendue comme le Messie. Les neuf premiers épisodes de la série avaient su convaincre non seulement les joueurs, mais aussi les néophytes du monde vidéoludique. Les spectateurs se sont très vite attachés à cette version sur petit écran d’Ellie et Joël. La jeune fille est devenue jeune femme, tandis que le père adoptif a pris de l’âge, alourdi par les conséquences de ses actions passées.

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© HBO

Après avoir rejoint la base de Jackson, tous deux ont suivi le cours de leur vie, tentant de se reconstruire après les évènements traumatisants survenus cinq ans auparavant. Ellie a été sauvée de justesse par Joël qui a décimé les Lucioles. Ce groupe de survivalistes voulait utiliser l’immunité a priori unique d’Ellie — et lui ôter la vie au passage — pour trouver un remède ou un vaccin contre le Cordyceps.

Cette saison 2 amorce un tournant encore plus sombre qu’au départ. L’infection n’est plus le seul ennemi de la survie quand il faut se protéger des autres groupes armés, des conditions climatiques et de la nature humaine ténébreuse qui repose en chacun. L’ambiance post-apocalyptique devient encore plus oppressante, mais plus profonde et plus mature.

Craig Mazin corrige ses défauts…

Visuellement, la série The Last of Us n’a rien à envier aux autres œuvres post-apocalyptiques, ni même aux jeux vidéo. HBO n’a pas lésiné sur les moyens alloués aux effets spéciaux, au maquillage, aux costumes et aux décors. L’univers est respecté dans tous les sens du terme et fait même honneur à l’ambition qu’elle s’est donnée.

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© HBO

Là où la série The Last of Us se démarque du jeu vidéo c’est à travers son casting. Bella Ramsey et Pedro Pascal réussissent le tour de force de donner une seconde vie à des personnages que l’on connaît déjà très bien. Un exercice loin d’être évident quand on adapte un jeu vidéo aussi récompensé et acclamé pour sa narration que The Last of Us Part II.

Contre toute attente, Caitlyn Dever s’empare du rôle d’Abby avec une certaine maîtrise. En revanche, ses camarades restent en retrait, presque effacés. On espère les voir gagner en importance dans la saison 3. Certains liens entre les personnages sont bien amenés, mais un ou deux épisodes supplémentaires auraient permis de mieux développer les différents attachements. Les relations entre Dina et Ellie, ou encore Dina et Jesse avaient encore des choses à nous montrer, mais on apprécie le traitement particulier qu’a eu celle entre Jesse et Ellie.

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© HBO

Malgré la mort de Joël, son rapport à Ellie continue de rayonner dans l’ensemble de la série. Le jeu accordait pourtant davantage de place aux amitiés de la jeune femme, à son rapport à la violence, à sa quête identitaire et à son histoire d’amour naissante dans des conditions particulièrement rudes. Dina, interprétée par Isabela Merced, ne peine pas à s’imposer. L’actrice est convaincante, mais son personnage reste parfois trop en surface. Craig Mazin réussit tout de même l’exploit de faire vivre Joël à travers elle en explorant une partie de leur lien qui n’est pas présent dans le jeu de base.

… mais se laisse avoir par la facilité de l’adaptation

Craig Mazin choisit de rester extrêmement fidèle, au plan près, à la trame de The Last of Us Part II. Ce n’est pas une surprise pour cette deuxième saison, puisque c’était déjà le cas dans la première. C’est dans la construction de la narration que tout se joue. La narration pensée pour un jeu vidéo est-elle réellement transposable telle quelle dans un format passif comme la série ?

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© HBO

Selon nous, la structure en deux parties distinctes ne fonctionne pas. Ce qui rend l’implication du spectateur plus impactante dans l’histoire originale est le fait de pouvoir interagir avec l’univers à travers les deux personnages. Le joueur n’a pas d’autre choix que d’adopter le point de vue d’Abby, littéralement. Le spectateur, lui, possède ce choix.

Reste à voir comment cela est amené dans la saison 3, mais il y a beaucoup moins de chances que les sériephiles adhèrent à cette stratégie. De plus, ce choix de structure sur tout une saison a créé des soucis de rythme dont on pouvait aisément se passer.

Il y a certes beaucoup plus de phases d’action dans cette saison 2. Craig Mazin a retenu la leçon et a écouté les critiques en intégrant dans cette salve d’épisodes de nombreux combats contre les infectés, qui manquaient cruellement à l’image de la saison 1. Cela n’empêche pas la série de parfois tourner en rond et d’adopter des techniques de mise en scène incompatible avec le format. La saison 2 peine à cacher ses lourdeurs et ses lenteurs avec un scénario trop linéaire.

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© HBO

La structure narrative remise en cause pour la suite

Certains moments, essentiels dans le jeu pour renforcer l’immersion et l’implication du joueur – récupération de ressources, exploration de nouveaux lieux, introduction d’ennemis – deviennent de simples prétextes scénaristiques dans la série, ralentissant inutilement l’intrigue.

Cela aurait pu être évité en ajustant la narration pour qu’un mouvement d’alternance se crée entre les intrigues d’Abby et d’Ellie. Quelques-uns des ressorts scénaristiques servent le suspense, mais à trop vouloir créer de la tension artificielle, on perd le côté percutant de l’univers.

C’est aussi le cas de la subtilité et la nuance des jeux vidéo. De peur que son propos ne soit pas compris ou assez explicite, Craig Mazin a tendance à dire tout haut ce que tout le monde avait compris tout bas, diluant ainsi la subtile violence de The Last of Us, normalement présente tout ce qui ne se dit pas, mais qui se vit ou se constate simplement.

La série est disponible en intégralité sur HBO Max. Pour savoir comment y accéder, rendez-vous ici.

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Notre avis

Après une saison 1 acclamée et réussie, la saison 2 de The Last of Us s'impose comme la suite d'une œuvre ambitieuse, visuellement somptueuse et interprétée avec justesse par les acteurs qui composent le casting. Mais sa fidélité extrême au matériau d’origine devient parfois un piège pour Craig Mazin. La série oublie d’adapter son rythme et son propos à un médium fondamentalement différent, créant ainsi des lenteurs et des lourdeurs inutiles. Il s'agit d'une saison de transition, qui pose les bases pour la suite, mais qui réussit tout de même à nous éblouir avec des coups d'éclat ponctuels et maitrisés.

L'avis du Journal du Geek :

Note : 7 / 10

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