Vous en avez l’habitude, chaque semaine on va voir du côté des plateformes de streaming si l’herbe n’est pas plus verte ailleurs, hors des sujets programmés. Ce petit côté pochette surprise que l’on ouvre pour quasiment constamment mal tomber. Bon, peut-être pas constamment, mais il faut avouer que nos dernières expériences sur Netflix (Animals, Hungry, Unabomber) étaient au mieux passables et sans réel plaisir à l’arrivée. Du coup, cette semaine on est allés voir le catalogue de Prime Video, histoire de changer.

Sauf que sur Prime Video en ce moment, on a l’impression que ce qui cartonne ressemble soit à de la romance (les abonnés de la plateforme d’Amazon ont le droit d’avoir le petit cœur sensible, on ne juge pas), soit à du bon gros navet. De quoi refroidir nos ardeurs, même si le navet peut avoir le mérite de nous faire cracher quelques verbes sous la ceinture. Alors oui, on a lancé Normal, top 3 de Prime Video, et ses allures de sosie non désiré de Nobody, toujours avec Bob Odenkirk derrière l’arme.
Le synopsis de Normal
Ulysses (Odenkirk) est le nouveau shérif intérimaire de la petite ville de Normal, dans le Minnesota. Il remplace son prédécesseur, décédé d’une crise cardiaque, le temps d’une nouvelle élection. Le lieu est tranquille, sans histoire, au point où on a le sentiment que la loi s’est un peu assouplie à la marge, pour éviter de faire trop de bruit pour rien. Bref, on s’ennuie un peu.
Mais un braquage va précipiter les événements et soudain, Normal se transforme en zone de guerre où Ulysses va devoir affronter des yakuzas, des flics, un maire et… tous les habitants de la ville.
Normal fait des vidéos
Le rapprochement avec Nobody n’est pas si absurde puisque le scénario est cosigné par Odenkirk et Derek Kolstad, responsable notamment de Splinter Cell : Deathwatch, John Wick et… Nobody 1 et 2. De la même manière, on retrouve ce personnage en apparence tranquille qui va révéler des aptitudes incroyables dès lors qu’il faudra éliminer son prochain. Sauf que dans Normal, Ulysses est davantage victime des circonstances et est moins machine à tuer que tueur malgré lui. Oui, le long-métrage de Ben Wheatley (En eaux très troubles) fait penser à de nombreux films similaires et n’est sûrement pas le plus réussi d’entre eux. Sauf que.

Sauf qu’il faut bien l’avouer, le long-métrage sait être surprenant. Pour être honnête, on pensait déjà tout connaître de ce dernier rien qu’à l’affiche (on n’avait pas vu la bande-annonce) et qu’on allait voir un récit basique se dérouler sur 90 minutes (générique non compris) en cochant les cases du film bourrin, bête et méchant (qu’on apprécie régulièrement, il est vrai). Mais on ne s’attendait pas à voir le film s’ouvrir très, très loin du Minnesota. Ni qu’il comporterait autant d’humour.
Car oui, Normal est très souvent moins un Nobody qu’une version très américaine (et bien moins réussie) d’un Hot Fuzz d’Edgar Wright croisé avec les frères Coen en mode Fargo. Dès lors que le principal rebondissement a lieu, le film alterne entre l’action et l’humour, avec des séquences franchement surprenantes. Tout est dans le décalage entre l’affabilité des habitants et l’extrême violence dont ils font preuve. Il y a une sorte de plaisir non coupable à voir une petite vieille s’en prendre plein la tronche, voir des gens exploser au lance-grenades ou sortir de la grosse quincaillerie d’une table de bar comme si de rien n’était. Oui, on spoile un peu, mais croyez-nous, cela ne change rien à ce petit délire régressif qui assume sa bêtise.

L’action et le non-sens s’amusent à se côtoyer dans une sorte de danse dont on apprécie le sens du décalage. Surtout quand on a un bon paquet de morts plus ridicules les unes que les autres, avec un aspect bien gore par moment. Normal est clairement ce genre de production qui n’a pas envie de se prendre la tête et préfère s’en amuser, jusqu’à un dernier acte encore plus étonnant que les précédents où on se demande encore ce qui s’est passé. Et puis avec un rythme qui ne s’arrête jamais, difficile de s’ennuyer. Clairement pas un film qui se regarde en réfléchissant au sens de la vie, mais qui a un facteur sympathie indéniable.
On mate pour le divertissement.