En 2022, Hulu, filiale de Disney, surprenait son monde en dévoilant un film original tiré de la licence Predator : Prey. Après des années et autant de longs-métrages de saccage, la franchise retrouvait enfin (de notre avis) ses lettres de noblesse entre les mains d’un Dan Trachtenberg inspiré. Il était évident pour le studio que cela ne pouvait n’être qu’un coup d’essai et il a été aussitôt décidé que le cinéaste allait vite remettre les mains dans le cambouis. Pour la beauté de l’art-gent.
Et alors que le bonhomme étendra son univers sur grand écran en fin d’année avec Predator : Badlands, film se déroulant cette fois dans le futur avec un croisement affiché avec l’univers Alien, il était également à la tête d’un projet secret directement pour Disney+. Un projet qui a été révélé en avril dernier comme un film d’animation, toujours autour de notre chasseur extraterrestre. Aussitôt déclaré, aussitôt montré, Predator : Killer of Killers sort ce mois-ci sur la plateforme et voici ce qu’on en retient.

L’histoire de Predator : Killer of Killers
Predator : Killer of Killers est un long-métrage d’anthologie suivant le parcours de trois guerriers à trois époques différentes. Une cheffe viking entraînant son fils dans une quête de vengeance, un ninja affrontant son frère samouraï dans le Japon féodal, et un jeune mécanicien et apprenti pilote tentant de prévenir un escadron allié d’une menace invisible durant la Seconde Guerre mondiale. Trois histoires qui ont un point commun : tous ces personnages vont devenir la proie d’un danger bien plus grand venu de l’espace.
Une franchise qui sait se renouveler…
Si en comics, notre bébête chérie a croisé ses lames avec des personnages comme Batman ou Wolverine, les films auront eu tendance à trop vouloir draguer l’oeuvre de John McTiernan ou de partir dans le n’importe quoi. Comme si personne ne parvenait à saisir ce qui avait fait le succès du premier film et qu’on tentait de reproduire la recette au hasard. Prey avait ceci de rafraîchissant que le retour aux sources semblait compris et s’accompagnait d’une vraie proposition originale en faisant un bond dans le passé.

Un concept renouvelé ici avec trois époques où Trachtenberg et son coscénariste Micho Rutare, vont profiter de l’animation pour se montrer généreux en action et en hémoglobine, même avant que la créature rentre en scène. Le studio d’animation The Third Floor a fait un gros travail pour offrir une ambiance spécifique à chaque tableau et on sent que toute l’équipe créative s’est amusée à réimaginer toutes les horreurs dont peut être capable notre tueur alien. La boucherie a beau être animée, elle n’en demeure pas moins gourmande.
Killer of Killers est bourré d’idées originales dans le prolongement de Prey, avec des affrontements épiques à la clé. Le film d’animation est la preuve vivante que le Predator pouvait encore s’exporter dans un autre format sans rien perdre de sa saveur. Un monstre qui a un vrai potentiel cinématographique pour peu qu’on n’ait pas peur de sortir des sentiers battus, tout en conservant l’esprit de base. C’est peut-être ce que les studios ont (malheureusement?) le mieux compris…
Pour mieux se franchiser…
Il faut se faire une raison, la création des frères Thomas et de John McTiernan en 1987 ne leur appartient plus depuis des lustres. Il y a eu des suites au cinéma, des dérivés, des reboots, des jeux vidéo, des comics… Si on compte plus de ratés que de réussites dans le lot, le Predator est désormais un objet de pop culture qui ressortira constamment du placard.

Sans trop vous en révéler, on peut dire qu’avec Killer of Killers, la branche 20th Century Fox de Disney semble vouloir confier à Dan Trachtenberg la direction de son propre nouvel univers étendu autour de la créature. Un plan affiché qui montre déjà ses multiples possibilités de dérives au sein du long-métrage, notamment en éclairant peu trop frontalement une mythologie qui se construisait très bien dans ses mystères. Toutes les questions n’avaient pas besoin d’avoir de réponses…
Si la nécessité d’apporter du liant entre les opus passés et présents ne suppléante pas encore le scénario, elle s’implante désormais profondément au cœur du travail de Dan Trachtenberg à coup de clins d’œil dispensables et de besoin de préparer le terrain pour l’après. On est au bord de l’apparition caméo. On sort du film avec l’impression d’avoir assisté à quelque chose de surprenant, tout en ayant la désagréable sensation que quelqu’un a ouvert une boîte de Pandore.

Alors, faut-il bientôt parler de Predator Cinematic Universe avec un Predator vs des Avengers historiques en guise d’apothéose ? Peut-être la prochaine étape après un quasi certain futur Alien vs Predator. On ne serait même pas surpris que Killer of Killers accouche d’une série d’animation pour la suite. Fut un temps où, si ça saignait, on pouvait le tuer. Aujourd’hui, le monstre semble plus que jamais immortel et l’avenir nous dira si c’est une bonne nouvelle…
🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.