Ce n’est pas la production la plus mise en avant au sein du catalogue Netflix en ce mois de juin. Et pourtant, elle a rapidement grimpé dans le Top 10 des séries les plus vues de la plate-forme de streaming. Si vous nous lisez régulièrement, vous savez que ce classement ne veut pas dire grand-chose (n’est-ce pas Sirens ?). Néanmoins, il faut reconnaître que dans le cas présent, on est plutôt contents de voir Sans Merci à cette position, lui offrant ainsi toute la visibilité qu’elle mérite.
On ne peut pas dire que les thrillers d’action manquent sur le service SVoD, mais cette série coréenne de six épisodes de cinquante minutes environ a su capter rapidement notre attention par sa proposition brutale – oui, on est de grands romantiques – qui ne lésine pas sur l’action tout en nous offrant un univers plaisant à suivre. On vous en dit davantage juste après cette pause non publicitaire.

L’histoire de la série
Nam Gi-joon a coupé les ponts avec les gangs depuis des années, se tranchant lui-même le tendon d’Achille pour signer son renoncement. Son frère, lui, a gravi les échelons jusqu’à se voir offrir la possibilité de prendre la tête d’une des deux organisations les plus puissantes. La mort soudaine de ce dernier ramène Gi-joon sur le terrain, à la recherche du meurtrier.
Le retour de cette légende du milieu va mettre à mal la trêve fragile entre les deux bandes rivales et les événements vont s’accélérer, menaçant le pouvoir des deux côtés. Qui va faire le premier pas vers l’escalade de la violence, et qui pourra arrêter Gi-joon ?

Sans Merci et sanglant
Sans Merci n’est pas le show le plus original du moment, y compris le plus réussi. Rien que le premier épisode a failli nous perdre plusieurs fois avec sa multitude de personnages présentés si rapidement qu’on a du mal à saisir leurs rôles respectifs au sein des organisations criminelles. Et si les deux trois séquences d’action initiales promettent de belles choses, on craint que la série ne parvienne pas à tenir le rythme sur l’ensemble des six épisodes, cela semble impossible.
Que c’est bon d’avoir tort ! L’intrigue, bien que maladroite et recyclée par moments, parvient à mener la barque de bout en bout avec ce qu’il faut de rebondissements et de coups dans le dos pour qu’on y prenne du plaisir jusqu’au dénouement. Originale ? Non. Efficace ? Assurément. Au point où l’on regrette que certains protagonistes ne soient pas plus développés, sacrifiés sur l’autel de l’action.
Car du bourrin, en veux-tu en voilà ! Dès que Nam Gi-joon remet les pieds en ville, il entend marcher sur tout ce qui croisera son chemin, avec une radicalité jouissive. Ici, pas de déluge de plomb, on est sur du corps-à-corps brutal. Les os craquent et le sang éclabousse les murs au milieu de chorégraphies exagérées, mais tellement satisfaisantes à l’écran. Poings, marteau, batte de baseball, couteaux… Toute la série est généreuse dans la douleur, que ce soit à cent contre un ou sur des duels où la disproportion ne s’excuse jamais d’être là.

Sans Merci assume jusqu’au bout, ne tourne pas autour du pot inutilement et laisse notre ange de la mort boiteux inarrêtable mettre des droites à qui le mérite (soit l’ensemble du casting). On est dans le spectacle, la surenchère, l’explosivité. Aucune séquence ne se ressemble, mais le but reste le même : nous en donner pour notre argent.
Dans la peau du personnage principal, So Ji-seob joue les taiseux, trimballant une perpétuelle figure triste, ne laissant que son corps s’exprimer. Une prestation très solide qui parvient à transmettre toute l’expression de l’implacabilité de cet antihéros avec peu de matière. Lorsqu’il entre dans une pièce, malgré ses blessures, son handicap, on sait que ça va faire mal. Et on n’est jamais déçus.
Un homme réclamant vengeance va empiler des montagnes de cadavres sur sa route, on connaît l’histoire et oui, on sait, on va ENCORE citer John Wick. Pas notre faute si le bonhomme a marqué la culture populaire de ces dernières années. Pourtant, si Sans Merci est un meilleur spin-off de la franchise qu’un spin-off officiel (suivez notre regard), la série tient davantage ses inspirations du côté d’Old Boy – rien que pour sa séquence dans un couloir – et de The Raid pour son approche des combats physiques plus qu’armés.
C’est peut-être ce que les productions coréennes font de mieux au final, ingurgiter les tendances, les références, et en sortir le meilleur pour nous livrer des séries et des films implacables avec une forte identité nationale. De Parasite à Squid Game jusqu’à ce Sans Merci, on a toujours ce sentiment d’être à la fois en terrain connu et inédit. Un mélange qui leur réussit bien et qu’on savoure sans retenue. Et ça vaut bien quelques remerciements.
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