Comme chaque semaine, notre amour du bon goût nous pousse à franchir les portes d’une plateforme de streaming pour y regarder le clinquant, ce qui brille au top des visionnages, et soit de polir la bête parce qu’elle n’a pas volé sa place, soit de lui éclater la verrière parce que, malheureusement trop souvent, succès ne veut pas dire qualité. D’ailleurs, ces derniers temps, on peut dire qu’on a rarement eu l’occasion de se réjouir devant l’un de ces fameux contenus. Reviens Maîtres de l’Univers, tu nous manques ! Toutefois, aujourd’hui est un grand jour puisque Netflix a lancé la seconde salve d’une série qui nous avait particulièrement enthousiasmés à l’époque de sa saison 1. Et puisqu’elle est dans le top 2 du service de SVoD, on s’est jeté dessus comme un végétarien dans un bar à salade.

Et ô combien il est compliqué de comprendre Guy Ritchie ! Le bonhomme se montre étrangement très timoré sur ces dernières productions filmiques, même quand il réunit Henry Cavill et Jake Gyllenhaal, mais côté série, on a la sensation qu’il se défoule, comme s’il était lui-même frustré de ce qu’il produit ailleurs. Étrange personnage. Tout ça pour dire que les huit épisodes de The Gentlemen saison 2 sont un petit bonheur en bouche, malgré des lacunes évidentes, il est vrai.
L’histoire de The Gentlemen saison 2
On prend les choses là où on les avait laissées. Ou plutôt, un an après. Notre cher duc d’Halstead, Eddie Horniman (Theo James), collabore toujours avec Bobby Glass, surtout par l’intermédiaire de sa fille Susie (Kaya Scodelario), et est maintenant à la tête d’un joli empire du cannabis en Angleterre. Au point d’exporter désormais leur concept en Italie. Mais le duc a de l’ambition et alors que Bobby semble avoir des moments de flottement, il monte un plan pour s’enrichir davantage. Sauf que, comme souvent, à viser la lune, on risque de s’écraser lourdement et Eddie a peut-être eu les yeux plus gros que le ventre…
Pourquoi elle est mieux que la saison 1
Évacuons immédiatement le problème le plus évident de cette saison 2, du genre à nous sauter aux yeux : une écriture qui n’a absolument pas le temps. Malgré des épisodes parfois un poil longs, The Gentlemen saison 2 mène une course en avant et enchaîne les évènements à un rythme effréné. Ce qui complique un peu le visionnage lorsqu’il s’agit de poser des bases relationnelles entre les personnages et qu’on a le sentiment qu’elles sont survolées pour passer à la suite. D’ailleurs, on a le sentiment qu’on n’a pas une seule saison, mais deux condensées en une avec un démarquage évident entre les deux grandes parties. On le répète, mais il est amusant de voir une production Guy Ritchie aller trop vite alors que ces derniers films ont tendance à aller trop lentement. Ironie de la chose, n’est-ce pas ?

Dans un sens, ce rythme est également ce qui rend The Gentlemen saison 2 si distrayante. Parce que là où la première saison consistait surtout à convaincre Eddie qu’il pouvait basculer du mauvais côté, celle-ci le voit multiplier les plans pour plonger davantage dans ce mauvais côté. Il y a clairement pris goût le bougre.
Et dans son sillage, il entraîne bien évidemment sa famille et de nouveaux protagonistes. Mais on a beau nous rajouter des personnages, le sel principal du show reste la relation entre Eddie et Susie, dont le respect mutuel camoufle une attirance presque évidente, mais les affaires doivent rester les affaires. À ce titre, Theo James et Kaya Scodelario débordent toujours autant de charisme et il n’y a pas à dire, The Gentlemen s’habille d’une forme de grandeur à chaque fois qu’ils sont réunis. Exception faite de Daniel Ings, absolument génial en Freddy (et dans tous ses rôles), bien qu’assez peu présent ici (attendons la saison 3 !).

The Gentlemen saison 2 fonctionne sur le bon vieux principe du plus grand, plus fort. On multiplie les scènes d’action (dont un home invasion en fin de saison assez délectable), la violence et les rebondissements, tout en sortant des manoirs d’aristocrates anglais pour voyager à travers le monde. Le tout, sans jamais perdre cette narration typiquement anglaise, se délectant d’une forme de nonchalance au milieu du chaos. Finalement, on a la sensation que la série Netflix a clairement gagné une forme de confiance à l’image de son personnage principal et qu’elle pourrait encore s’amuser comme ça un bon moment. Il n’y a qu’à voir comment elle pousse le curseur jusqu’à singer les codes des films de mafieux en utilisant les éléments du divin dans la bouche de ses Gentlemen devenus quasiment des Affranchis. Et puis, pourquoi pas rajouter une pointe de mythologie scandinave autour de Bobby Glass ? On ne dit pas que la série semble assez à l’aise pour maintenant tout se permettre, on dit juste qu’on a hâte de voir ce que la saison 3 nous réserve.
On mate sans hésiter !