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War Machine : enfin un gros film d’action qui déménage sur Netflix ?

On pourrait se dire qu’avec War Machine, tout est dans le titre. On n’aurait pas tort. Le réalisateur d’Expendables 3 derrière la caméra, l’acteur de Reacher devant, et un film Netflix qui joue les déménageurs baston. Que faut-il de plus ?

Avant de parler de War Machine, parlons de l’homme. On a une énorme sympathie pour Alan Ritchson. Et ce n’est pas qu’à cause de son prénom. Depuis qu’on a découvert le bonhomme dans Smallville, on a pris plaisir à suivre sa carrière malgré un bon paquet de navets à son actif (et ce n’est pas fini).

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On ne saurait pas dire si c’est à cause de sa carrure de frigo américain apportant une touche de crédibilité non négligeable dans les rôles physiques ou parce qu’il semble déployer une énergie folle, volontaire, à chacun de ses personnages, montrant qu’il n’a pas envie de faire semblant d’aimer son métier. Rien que récemment, on était parmi les rares à ne pas avoir cassé du sucre sur Une Journée incontrôlable et puis il y a Reacher, sûrement le rôle d’une vie le concernant.

War Machine : enfin un gros film d'action qui déménage sur Netflix ?
© Netflix

De l’autre côté, il y a le réalisateur et coscénariste (avec James Beaufort) Patrick Hughes. Un cinéaste collant au film d’action comme une mouche sur le cul d’une vache puisqu’on lui doit le très mauvais Expendables 3, les oubliables Hitman & Bodyguard (1 et 2), ou encore The Man from Toronto dont personne ne se souvient de l’existence sur Netflix. Mais puisque la plateforme de streaming a besoin de films à son catalogue et que le gaillard ne croule pas sous les projets, en avant Guingamp.

War Machine est-il le film d’action que le monde entier attendait ? Cela dépend de quel côté du monde vous êtes.

Un récit daté, malheureusement trop contemporain

Suite à un drame personnel, un ingénieur officier de l’armée s’inscrit au programme de sélection des Rangers. Un entraînement intensif avec beaucoup d’appelés pour peu d’élus. Parvenu à l’étape finale, il va devoir diriger une unité sur le terrain. Sauf que ces soldats vont devoir faire face à une menace qui n’a rien de factice. L’objectif est désormais d’en revenir vivant.

War Machine : enfin un gros film d'action qui déménage sur Netflix ?
© Netflix

Il y a encore quelques jours, on pouvait se dire que le scénario de War Machine sentait bon le périmé avec son américanisme exacerbé, mettant en avant les valeurs patriotiques de l’armée de l’Oncle Sam. Hughes et Beaufort pompent l’essentiel au Predator de McTiernan, transformant de la même façon des soldats entraînés en chair à pâté face à un ennemi implacable. Sauf que là où Predator sonnait comme une satire ironique de cette puissance militaire déshabillée de ses atouts, War Machine entend glorifier l’uniforme d’un bout à l’autre.

Une production America First à l’ancienne, pleine de bons sentiments et d’engagements, avec des discours se voulant inspirants pour qui porte une casquette rouge. Le genre de trame narrative qu’on avait pas vue depuis des lustres, du moins aussi appuyée, qui ferait dater si la situation géopolitique actuelle ne sonnait pas comme une envie affichée de voir un certain pays être le personnage principal de l’histoire des civilisations. D’une certaine manière, War Machine est un beau brossage dans le sens du poil.

Un rythme qui n’a pas le temps

Pour le coup, War Machine ne fait pas semblant d’avoir beaucoup de choses à raconter. Après un très rapide préambule, on passe rapidement à la partie entraînement avant d’entamer le plat principal. Un film de moins de deux heures, dont les deux tiers sont consacrés à faire parler l’action, il faut reconnaître que le titre n’est pas usurpé.

War Machine : enfin un gros film d'action qui déménage sur Netflix ?
© Netflix

On s’étonne même de voir la barre de temps défiler, s’étonnant de voir qu’il en reste encore à montrer alors que le récit semble arriver au bout de sa course. Le long-métrage entend ainsi faire simple, efficace, caractérisant juste ce qu’il faut sa demi-douzaine de personnages secondaires (le reste fera de la figuration) pour qu’on les reconnaisse sous l’uniforme. L’occasion de revoir Keiynan Lonsdale après son passage dans The Flash et DC’s Legends of Tomorrow, Esai Morales (le méchant des deux derniers Mission : Impossible) et un Dennis Quaid ravi de jouer un rôle qui plairait à son président favori. On saluera également Jai Courtney, couronné roi des caméos. Quelques têtes connues pour mieux les faire exploser par la suite, c’est ça qu’on veut !

Moteur, action !

Contrairement à ce que l’on pourrait penser en lisant notre titre, l’idée n’est pas de dire que les films d’action sont absents du catalogue Netflix, au contraire, mais simplement que cela faisait longtemps que nous n’avions pas eu une œuvre assumant autant son genre.

War Machine : enfin un gros film d'action qui déménage sur Netflix ?
© Netflix

War Machine est même plutôt sale une fois les hostilités lancées, n’ayant pas peur d’éparpiller son casting aux quatre coins du décor dans des effets gores et pyrotechniques généreux, dans des séquences assez diversifiées. Les bouts d’apprentis rangers volent et la réalisation de Patrick Hughes s’amuse quelques fois de ce petit brin de folie avec des idées scéniques inspirées. S’il n’y avait pas cette glorification militaire pour contrebalancer, on pourrait même s’éclater franchement de voir ces grands costauds s’être entraînés si durement, pour ensuite se rendre compte qu’ils sont aussi efficaces que des enfants face à plus gros et plus armé qu’eux.

War Machine est le genre de film qui a un relent patriotique assez nauséabond, mais qui profite de sa simplicité pour distraire avec du bourrin bien comme il faut. Difficile de nier qu’il accomplit ce qu’on lui demandait d’être : son titre.

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