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[Notre sélection cinéma] Ces biopics geeks qu’il faut avoir vus

Cinéma

Par Henri le

L'industrie du cinéma a toujours eu un faible pour les films biographiques. Mais depuis quelques années, elle s'intéresse à des figures qui ne fascinaient pas le...

L’industrie du cinéma a toujours eu un faible pour les films biographiques. Mais depuis quelques années, elle s’intéresse à des figures qui ne fascinaient pas le grand public autrefois.

Si la définition du terme Geek laisse souvent place à un débat houleux, c’est parce qu’elle n’est pas si claire que ça. La plupart des gens s’accorderont néanmoins à dire qu’il s’agit d’une personne passionnée par un domaine précis lié à la création (cinéma, bande dessinée, jeux vidéo…) et bien souvent aux sciences et à la technologie.

Longtemps méprisée, cette figure est depuis devenue à la mode notamment grâce à l’avènement extraordinaire de l’informatique dans nos vies. Alors que l’industrie cinématographique raffole des histoires vraies concernant les politiques ou les sportifs adulés, elle se penche de plus en plus sur la réussite spectaculaire de certains de ces geeks en question.

Ce petit classement revient sur les films retraçant l’existence de véritables personnes dont les inventions ont changé le monde. Des figures qui ont bien souvent sacrifié une partie de leur vie sociale afin de poursuivre leur objectif.

[nextpage title=”Des ordinateurs et des hommes”]

Steve Jobs

L’emblématique fondateur d’Apple a toujours intrigué, et on comprend pourquoi. Derrière sa brillante carrière se cache un homme caractériel, où le génie frôle parfois une forme de tyrannie. Si Jobs, sorti en 2013, était bien trop policé et glorifiait clairement le personnage, le film de Danny Boyle (notre critique) est nettement plus nuancé. Le réalisateur décide de sortir des sentiers battus en proposant plusieurs moments clés de la vie de Jobs, repartis sur les désormais célèbres keynotes de la firme.

Les dialogues signés Aaron Sorkin sont précis et incisifs et donnent à Michael Fassbender un rôle à la mesure de son talent. Les joutes verbales qui animent le long-métrage permettent de conserver un rythme bouillonnant, qui se rapproche de celui d’une pièce de théâtre. Probablement le film qui se rapproche le plus de l’esprit original de Jobs.

The Social Network

David Fincher sait à peu près tout filmer, mais il réalise un véritable tour de force avec The Social Network. En se penchant sur la création mouvementée de Facebook, l’Américain arrive à insuffler des éléments de thriller à une histoire qui ne s’y prêtait pas forcément. C’est aussi une plongée fascinante dans l’esprit de Mark Zuckerberg, interprété par un Jesse Eisenberg impeccable.

L’occasion de découvrir que dans le monde de l’informatique moderne, le sens du business est au moins aussi important que l’invention en elle-même. Le scénario et les dialogues d’Aaron Sorkin (encore lui) décortiquent habilement comment un esprit pourtant solitaire a pu créer la plus gigantesque plateforme de sociabilisation en ligne. Aussi intelligent qu’effrayant.

Les pirates de la Silicon Valley

Sorti en 1999, Les Pirates de la Silicon Valley est un téléfilm assez peu connu qui aura laissé un bon souvenir aux geeks de l’époque. Réalisé par Martyn Burke, ce dernier se focalise une nouvelle fois sur l’ascension de Steve Jobs, mais également sur celles de son meilleur ennemi, Bill Gates. On y découvre une époque foisonnante, où l’informatique grand public connait un essor considérable.

L’œuvre s’intéresse bien sûr aux caractères bien trempés des deux hommes, mais aussi à d’autres figures importantes, comme celle de Paul Allen, cofondateur de Windows. Noah Wyle et Anthony Michael Hall font du bon travail pour incarner ce duo de jeunes idéalistes, qui vont réussir à mettre des géants comme IBM et Xerox à leur pied. Un téléfilm presque historique et qui a plutôt bien vieilli.

[nextpage title=”Entre surveillance et cosmos”]

Une merveilleuse histoire du temps

Chaque personne qui s’est un tant soit peu intéressée à l’espace connait Stephen Hawking, au même titre qu’Hubert Reeves ou Carl Sagan. James Marsh retrace ici la vie du chercheur à travers la rencontre avec sa première femme Jane, interprétée par Felicity Jones. Un bon moyen de découvrir le destin extraordinaire de ce passionné de cosmologie qui a réussi à vulgariser le fonctionnement de l’espace pour des millions de gens, malgré une terrible maladie neurodégénérative.

Si le film ne se focalise peut-être pas assez sur le travail d’Hawking, il permet de découvrir un Eddie Redmayne absolument impeccable, épaulé par un casting de qualité. Le film lui vaudra d’ailleurs l’Oscar du meilleur acteur en 2015. Un mélodrame de qualité, qui fait réfléchir sur l’existence et le sens à lui donner. Émotions garanties.

Un homme d’exception

Après les succès de Willow et Apollo 13, Ron Howard s’est par la suite attaqué à un biopic sur la vie de John Forbes Nash Jr. Ce brillant mathématicien s’est rapidement passionné pour la théorie économique des jeux, qui selon lui permettait de prédire les mouvements des marchés financiers. Atteint d’une schizophrénie paranoïde, ce génie des chiffres se met alors à douter de tout et de tous. Russel Crowe, tout juste oscarisé pour Gladiator, livre peut-être ici sa plus belle performance.

Il y incarne un homme fragile, qui se sert de sa propre intelligence pour lutter face à une maladie contre laquelle il ne peut rien. Howard prend certes des facilités avec l’histoire officielle, mais son film mêle habilement des éléments de thriller et de drame et fait douter de ce qui se passe réellement à l’écran. Un film à (re)voir absolument.

The Imitation Game

Ce film de Morten Tyldum se penche sur une histoire assez peu connue de la Seconde Guerre mondiale. Et pour cause, elle se déroule intégralement dans des bureaux alors que les armées s’affrontaient sauvagement au-dehors. On y découvre la vie du génie Alan Turing, dont les travaux ont révolutionné le monde de la cryptologie et permis de prendre un avantage conséquent sur les forces allemandes, qui détenaient alors la machine Enigma, réputée inviolable.

Benedict Cumberbatch convainc dans le rôle de ce surdoué solitaire, qui voyait dans sa passion un moyen d’oublier les troubles de sa vie intime. C’est aussi une plongée intéressante dans un des esprits les plus précurseurs du XXe siècle, puisque Turing est aujourd’hui considéré comme un des pères de l’informatique moderne. Maltraité du fait de son homosexualité, le Britannique aura pourtant permis de sauver la vie de 14 millions de personnes. Malgré un aspect « film à oscars » un peu poussé, The Imitation Game (notre critique) est avant tout la réhabilitation d’un héros discret.

Snowden

À Hollywood, qui dit sujet brûlant dit bien souvent Oliver Stone. Si le sulfureux réalisateur n’avait pas renoué avec le succès depuis un moment, il reprend du poil de la bête avec Snowden (notre critique). Sur plus de deux heures, il retrace la carrière tumultueuse du désormais célèbre lanceur d’alertes. Le film réussit d’ailleurs assez bien à résumer l’ampleur du système de surveillance américain sur ses citoyens et dans le monde.

Joseph Gordon Levitt fait preuve d’un mimétisme étonnant et livre une belle prestation. On peut certes reprocher à Stone, grand pourfendeur de l’Amérique, un côté un peu trop partisan, mais les révélations sont si accablantes qu’il est bien difficile de ne pas y adhérer. Un film efficace pour faire comprendre cette histoire au grand public, qu’il est possible de compléter avec l’excellent documentaire CitizenFour.

Mentions spéciales: Les films suivants mettent également en scène des génies, mais ils sont fictifs. Cependant, la qualité de ces longs-métrages leur permet de faire partie du classement.


Good Will Hunting de Gus Van Sant (1998)
Pi de Darren Aronofsky (1998)
Le Petit Homme de Jodie Foster (1991)