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[Dossier] Vous n’avez rien compris au Marvel Cinematic Universe ? On vous explique tout !

Le Marvel Cinematic Universe, ou MCU, fait maintenant partie du paysage cinématographique. Chaque sortie de film est un petit événement et attire toutes les attentions.

Et pour suivre le MCU, il faut s’accrocher. Lancé en 2008 avec Iron Man, l’univers se compose actuellement de seize films et de six séries, autant dire des centaines et des centaines d’heures super-héroïques, avec tout autant de personnages et des milliers de sous-intrigues développées.

Un univers démesuré

Dans l’univers du cinéma, le Marvel Cinematic Universe, ce n’est pas rien. Si on peut critiquer le fond, on ne peut en revanche qu’être admiratif devant la forme de cet univers. Le MCU, c’est tout simplement le plus grand projet de l’histoire du cinéma. Jamais un studio n’avait eu – avant Marvel – l’ambition d’étaler une saga sur plus de vingt ans. Une saga qui ne se compose pas seulement d’épisodes qui se suivent, mais d’œuvres capables de vivre par elles-mêmes, car centrées sur un personnage en particulier. Un plan chapeauté par Kevin Feige, le boss de Marvel Studios, et qui inspire les autres studios dans leur production. Car qu’on le veuille ou non, le Marvel Cinematic Universe a changé à jamais le visage du cinéma de divertissement. Pour le meilleur et pour le pire.

Résumer le MCU en une image, mission quasi impossible

Avant de commencer, voici tous les films et les séries sortis à ce jour (les films sont en gras, les séries en italique) :

Iron Man (2008)
L’incroyable Hulk (2008)
Iron Man 2 (2010)
Thor (2011)
Captain America : The First Avenger (2011)
The Avengers (2012)
Iron Man 3 (2013)
Agents of SHIELD (depuis 2013)
Thor : Le Monde des Ténèbres (2013)
Captain America : Le Soldat de l’Hiver (2014)
Les Gardiens de la Galaxie (2014)
Agent Carter (2015 et 2016)
Daredevil (depuis 2015)
Avengers : L’ère d’Ultron (2015)
Ant-Man (2015)
Jessica Jones (depuis 2015)
Captain America : Civil War (2016)
Luke Cage (depuis 2016)
Doctor Strange (2016)
Iron Fist (2017)
Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2 (2017)
Spider-Man Homecoming (2017)

Et voici les œuvres prévues à l’avenir :

The Defenders (2017)
Les Inhumains (2017)
Thor : Ragnarok (2017)
Runaways (2017)
Black Panther (2018)
Avengers: Infinity War (2018)
Ant-Man and the Wasp (2018)
Cloak & Dagger (2018)
Le Punisher (2018)
Captain Marvel (2019)
Avengers 4 (2019)
Spider-Man Homecoming 2 (2019)
Les Gardiens de la Galaxie Vol. 3 (2020)

[nextpage title= »3 phases et des ambitions demesurées »]
Le plan du Marvel Cinematic Universe est simple. Nous avons des films dédiés à un personnage en particulier, avec chacun sa propre histoire et ses propres enjeux. Tout ce petit monde se réunit ensuite dans les Avengers, points culminants des sorties Marvel. Un plan bien établi mais parfois mis à mal avec l’intervention de certains personnages ou d’événements importants dans d’autres films. Sur ce sujet, nous pouvons par exemple citer Civil War, mais nous y reviendrons. De même, l’apparition des séries dérivées tend parfois à perdre le spectateur.

The Avengers (2012)

Mais ce serait se tromper d’affirmer qu’il n’y a pas de scénario global dans le MCU. En réalité, il est distillé au compte-goutte depuis le début de la licence (depuis Captain America, en fait) via ces étranges objets appelés Pierres d’Infinité. Des Pierres qui aiguisent l’appétit d’un certain Thanos, le méchant ultime de l’univers Marvel.

2005, la naissance

À la fin des années 90, Marvel est sur le point de faire faillite et vend ses personnages les plus célèbres à divers studios. Universal hérite de Hulk, la Fox des X-Men ou Sony de Spider-Man. Les films Marvel se limitent donc à des films stand alone (sans liens entre eux) produits par différentes maisons de production. Mais Marvel Studios, qui s’est alors remis de ses déboires, a une autre idée en tête : Concevoir plusieurs films liés entre eux, à la manière des comics. Une idée ambitieuse. Peut-être un peu trop.

La première trace de projet a été trouvée en 2005. À l’époque, c’est Variety qui nous indique que Marvel a signé un partenariat avec Paramount pour faire des films autour des personnages qui lui restent. Un film sur Captain America et un autre sur Nick Fury sont alors envisagés. On parle alors de dix films.

2008, un premier pas

En 2008, le premier film du Marvel Cinematic Universe sort dans le salles : Iron Man. Succès aussi bien critique que public, le film pose la première pierre du MCU, sans pour autant trop se mouiller. Nous suivons juste les péripéties de Tony Stark, alias Iron Man, contre Obadiah Stane.

Réalisé par Jon Favreau, Iron Man est un film solide qui peut alors être n’importe quel film de super-héros. Marvel prend tout de même soin de poser les premières pierres de son univers. Par exemple, la mythique scène post-générique avec Nick Fury (Samuel L. Jackson) nous donne un avant-goût de la suite.

Nick Fury, le fil rouge de la phase 1

Cette logique est reprise dans le film suivant : L’Incroyable Hulk. N’ayant aucun rapport avec le film de 2003, le film est le vilain petit canard du MCU, Marvel ayant pendant longtemps tenté de ne faire aucune référence aux événements du long-métrage. Mais L’Incroyable Hulk, en plus d’être un stand alone, continue de tisser des liens qui se retrouveront dans tous les films, notamment avec la présence du SHIELD ou d’une nouvelle scène post-générique.

La même méthode est employée dans Iron Man 2 – souvent considéré comme une préquelle à AvengersThor et surtout Captain America, qui introduit la première Pierre d’Infinité (nous y reviendrons plus tard). Notons qu’en 2010, Marvel est racheté par Disney. Ainsi, le studio se voit complètement libéré de son contrat avec la Paramount et distribue ses films en plus de les produire.

2012, la consécration

Et en 2012, Marvel Studios réalise l’un des plus gros coups de son histoire. Un gros coup qui se nomme Avengers. Réalisé par Joss Whedon, le film reprend tous les codes et les standards des blockbusters. Cependant, le studio réunit pour la première fois plusieurs super-héros à l’écran, luttant contre un ennemi commun : Loki (apparu dans Thor).

Le film fait un carton au box-office (plus de 1,5 milliard de dollars de recettes) et établit la notion d’univers cinématographique auprès du grand public. Un succès critique et public qui conclut la Phase 1 du MCU. Avengers sorti, Marvel a passé la première étape de son plan titanesque. Le studio lance alors sa phase 2, qui suit scénaristiquement la phase 1. Une phase 2 en demi-teinte, mais qui renforce l’aspect d’univers partagé.

Une phase 2 sur les rails

Après une phase 1 maîtrisée qui a lancé le MCU, Marvel Studios se devait de rebondir pour continuer à surfer sur le succès. Et si succès il y a eu, on a pourtant l’impression que Marvel s’est quelque peu reposé sur ses lauriers. Sur six films, Marvel a donné quatre suites.

Quatre suites (Iron Man 3, Thor 2, Captain America 2 et Avengers 2) dont trois n’ont pas su renouveler leur licence. Il faut tout de même rendre justice à Captain America Le Soldat de l’Hiver qui a su donner une nouvelle impulsion au personnage, en plus de bousculer l’histoire du MCU avec la « disparition » du SHIELD. C’est également pendant cette période que Marvel a laissé le champ libre à James Gunn pour donner vie à sa licence la plus inadaptable : Les Gardiens de la Galaxie.

Captain America The Winter Soldier (2014)

Fait étonnant, la phase 2 ne se termine pas avec Avengers 2, puisque c’est Ant-Man, classique mais solide, qui se charge de finir le travail. Une décision étonnante qui peut s’expliquer par les tourments qu’a connu le film pendant sa production, avec un Edgar Wright qui décide de tout lâcher à quelques semaines du tournage, et qui ont pu bousculer sa date de sortie.

Une phase 3 sous le signe du renouveau

Avec la phase 3, Marvel espère bien corriger le tir. Ce sera la plus longue du studio, puisqu’elle sera composée de dix films. Déjà deux sont sortis : Civil War et Doctor Strange. Le premier termine non seulement la saga Captain America, mais apporte également un nouveau statu-quo dans le Marvel Cinematic Universe. Un film qui apporte en réalité une vraie conclusion à la phase 2 et qui bouscule comme jamais l’univers établi.

Doctor Strange (2016)

Doctor Strange apporte lui un vent de fraîcheur en introduisant non seulement un nouveau personnage, mais le concept de magie au sein de l’univers. Le reste des films sera composé de suites, de nouvelles licences et de reboot. Nous y reviendrons. Mais un coup d’œil au calendrier nous permet de comprendre que cette phase sera l’occasion pour Marvel de terminer les licences vieillissantes et d’en introduire de nouvelles, afin de laisser la place à des personnages frais (et des acteurs moins chers).

Le cas Spidey

Mais la phase 3 de Marvel, c’est également un gros coup de la part du studio. Alors que la phase 1 et la phase 2 faisaient leurs petits bonhommes de chemin, Sony était empêtré avec le personnage de Spider-Man, personnage dont la société avait acquis les droits à la fin des années 90. Devant le succès du MCU, Sony avait pour ambition de créer un Spider-Verse, en produisant moult suites à The Amazing Spider-Man ainsi que des spin-off consacrés aux méchants. Mais après l’échec (relatif) de The Amazing Spider-Man 2, les choses ont commencé à bouger.

Marvel et ses fans rêvaient de faire revenir le pilier vers la maison mère tandis que Sony cherchait désespérément un moyen de faire rebondir le personnage. Finalement, en février 2015, un accord est trouvé entre les deux firmes. Marvel produirait un film Spidey en compagnie de Sony, qui n’aurait pas son mot à dire sur la création. Amazing Spider-Man est donc jeté à la poubelle, Marvel voulant son propre personnage.

Le contrat stipule que Marvel a le droit de faire deux films (pour commencer) et d’introduire le personnage dans un autre. Ce qui sera fait dans Civil War avec une scène extraordinaire. Puis, le film Spider-Man Homecoming, mettant en scène un héros joué par Tom Holland, est mis en branle et vient s’incruster dans le calendrier déjà surchargé de Marvel Studios.

Homecoming est un film de la phase 3 et se love pleinement dans le MCU. Néanmoins, il est particulier, puisque produit aussi bien par Sony que Marvel. Un tache difficile que ce reboot pour Marvel Studios, qui devait bien faire comprendre au public que ce nouveau Spidey évoluait dans le même univers que Tony Stark ou Captain America. Pari réussi, notamment grâce à une promo agressive mettant Iron Man en avant.

[nextpage title= »Un univers qui s’étend à la télévision »]
Aujourd’hui, l’univers Marvel s’étend aussi bien au cinéma qu’à la télévision. Sur ABC et sur Netflix, le MCU s’étend à travers cinq œuvres et d’autres sont encore prévues. Une manière d’étoffer l’univers sans forcément le bousculer.

Au départ, des courts-métrages

Marvel Studios n’a pas attendu les séries pour commencer à développer son univers. Si la première série a débuté en 2013, Marvel Studios a étendu son univers par petites touches par le biais de courts-métrages, et ce, dès 2011. Des courts-métrages au nombre de cinq faisant chacun une dizaine de minutes. Vendus avec les Blu-ray des films, ces vidéos nous racontaient les à-côtés du MCU, avec par exemple une histoire sur des braqueurs trouvant une relique alien après la bataille de New York (Avengers), une autre sur Phil Coulson ou alors sur le Mandarin, le « méchant » d’Iron Man 3.

Marvel.One.Shot.All.Hail.The.King from tacolin on Vimeo.

Mais ces courts-métrages ne sont pas assez longs pour les considérer comme autre chose que des bonus. C’est là que les séries interviennent.

ABC lance la sauce

Après le succès d’Avengers, Marvel Studios décide de passer la seconde en matière de contenus transmédias avec la série Agents of SHIELD. Annoncée fin 2012, elle a été créée par Joss Whedon pour remettre Coulson, « décédé » dans Avengers, sur les rails. Le principe ? Faire suivre une équipe d’agents du SHIELD (comme son nom l’indique) dans différentes aventures en marge des films. On retrouve donc nos agents traquant les différents problèmes super-héroïques partout dans le monde, allant parfois même sur les lieux des films (comme inspecter le lieu de la bataille de Thor 2) ou accueillant des guest (comme Samuel L Jackson).

La série se montre poussive, voire même inintéressante pendant la première moitié de sa première saison. Mais un événement (prévu ou non par les créateurs de la série), va venir la sauver de cette routine : la dissolution du SHIELD dans Captain America The Winter Soldier. Un événement qui bouscule la fin de la première saison et qui lui donne une nouvelle dynamique. Et si le planning de la série prévoyait (officiellement) les événements du film, on sent tout de même que c’est à partir de ce moment qu’Agents of SHIELD a commencé à courir après le reste du MCU, alors que ce dernier ne semble pas vraiment s’en soucier. Pourtant, cette course a réussi à donner un coup de fouet à une série qui se cherchait encore.

La suite, vous la connaissez. Le SHIELD passe dans l’illégalité et Coulson continue son combat contre HYDRA, terminant ainsi cette partie du scénario entamée dans Captain America. Et il s’est passé beaucoup de choses depuis, comme l’organisation SHIELD qui est finalement redevenue légitime aux yeux de l’Etat américain. Néanmoins, tous ces événements sont tus par les film. Avengers L’Ère d’Ultron y fait rapidement référence (sans pour autant citer directement la série), mais pour le reste, c’est silence radio. Même Captain America Civil War, qui représentait pourtant l’occasion parfaite de créer une convergence, ne fait pas mention de la série.

Agents of SHIELD en est actuellement à sa quatrième saison et semble avoir pris ses distances avec les films, en se concentrant sur ses propres problématiques, et c’est tant mieux.

Le semi-échec d’Agent Carter

En janvier 2015, ABC et Marvel lancent une deuxième série sur la chaîne : Agent Carter. Le principe est intéressant. La série suit Peggy Carter (Hayley Atwell), personnage introduit dans Captain America, dans une Amérique d’après-guerre. La jeune espionne de la SSR collabore avec Howard Stark (Dominic Cooper) et Edwin Jarvis (James D’Arcy) pour retrouver des armes volées.

La série se devait de raconter la création du SHIELD, supplantant ainsi un précédent court-métrage. Mais après deux saisons, ABC décide d’annuler la série, faute de succès. C’est la première (et la seule pour le moment) série Marvel annulée.

Netflix entre dans la danse

Mais la véritable révolution télévisuelle de Marvel est à trouver du côté de Netflix. En novembre 2013, les deux sociétés annoncent un partenariat énorme. Le but de l’opération est de produire quatre séries dédiées à quatre personnages différents, puis de regrouper tout ce petit monde dans une série commune.

Daredevil (dont les droits venaient de revenir à Marvel), Jessica Jones, Luke Cage et Iron Fist sont les héros désignés par cette opération. Et si maintenant la chose semble logique, il faut savoir que relancer Daredevil était une idée saugrenue en 2013, les fans ayant encore en mémoire le film de 2003.

Mais en mars 2015, Daredevil lance le bal Netflix et met tout le monde d’accord. Si le personnage évolue bien dans le Marvel Cinematic Universe, le ton est radicalement différent de ce qu’on a l’habitude de voir. Un ton sombre, mature, laissant de côté l’humour et les vannes bien senties. Une véritable révolution qui continue avec Jessica Jones et Luke Cage, qui restent dans le même ton. Pour la première fois, le spectateur découvre un côté plus humain du MCU. Seule faute de goût, Iron Fist, qui multiplie les erreurs et les clichés au point de devenir une parodie involontaire des séries Marvel/Netflix.

Néanmoins, il faut tout de même noter que Netflix et Marvel, sans doute surpris par le succès des séries, ont très vite revu leur plan bien établi. Ainsi, une deuxième saison a été produite pour Daredevil. Jessica Jones et Luke Cage auront également le droit à une suite… tout comme Iron Fist.

The Defenders (2017)

Si les séries Netflix jouissent d’un succès considérable, elles restent pourtant en marge du MCU. Si certains clins d’œil sont faits aux films, ils restent très discrets. Et comme avec les séries ABC, les longs-métrages ont l’air de s’en cogner comme de leur première tenue en spondex. Mais tout n’est pas perdu. Il n’est en effet pas impossible de voir Daredevil ou Luke Cage faire un cameo dans Avengers Infinity War. Tout est possible, même si cela paraît improbable.

Des séries qui vont continuer à épauler les films

Et Marvel n’est pas près de s’arrêter en si bon chemin. Du côté des séries Netflix, tout ce petit monde se réunira en août dans une série ambitieuse : The Defenders. Le personnage du Punisher, introduit dans la saison 2 de Daredevil, a ravi les fans. C’était un personnage attendu au tournant (maintes fois adapté, avec plus ou moins de succès) et son interprète Jon Bernthal a su lui donner une nouvelle impulsion. Un impulsion si populaire qu’une série Punisher est actuellement en développement. Elle sera diffusée après The Defenders.

Chez ABC, l’expérimentation côtoie l’échec. Début 2016, la série Most Wanted est mise en production. L’idée est de prendre les personnages Hunter et Morse, issus d’Agents of SHIELD, pour raconter leur cavale. Un pilote est tourné mais ne convainc pas la chaîne. La série est alors mise à la poubelle.

Bobbi Morse et Lance Hunter, les deux héros de la presque série Most Wanted

Mais ABC ne renonce pas et produit actuellement une série sur les Inhumains. Des inhumains qui ont été déjà vus dans Agents of SHIELD, mais en fait, ce ne sont pas les mêmes et… ouais, bref, c’est compliqué. La série Inhumans va arriver en septembre prochain sur ABC, avec un pilote diffusé dans les cinémas américains.. À noter que Marvel Studios avait annoncé la production d’un film sur ces héros, mais le projet a finalement été annulé au profit de cette série.

Une série Cloak & Dagger, toujours dans le MCU est également prévue pour séduire le jeune public et sera diffusée en 2018 sur Freeform. De même, Marvel a lancé la production de Runaway pour le compte de Hulu. Cette série mettra en scène des ados qui découvrent que leurs parents sont des super-méchants.

Enfin, Marvel a annoncé il y a peu la production de New Warriors, une série pour ados mettant en scène des personnages appréciés comme Squirrel Girl ou Speedball.

Un univers faussement transmédia ?

Ainsi, au contraire de son concurrent direct qu’est DC, toutes les créations de Marvel Studios se déroulent dans le même univers. Néanmoins, ce modèle a ses limites. Si le studio peut admettre que les spectateurs ont vu tous les précédents films (et encore), il ne peut assumer un tel fait avec les séries. Deux raisons simples à cela. La quantité de Marvel Cinematic Universe à consommer, tout d’abord (plus d’une centainre heures pour Agents of SHIELD), mais également les soucis de diffusion. En effet, impossible de faire référence à Agents of SHIELD directement après la sortie d’un épisode, étant donné que celui-ci n’est pas diffusé partout dans le monde en même temps. Les films ignorent donc superbement les événements de la série, n’y faisant même aucun clin d’œil, comme si elle n’existait pas.

Daredevil

Pour les séries Netflix, la problématique est un peu différente. En effet, Netflix a tenté de créer un univers à part avec ses cinq séries. Les événements de Daredevil ou Jessica Jones se déroulent bien dans le MCU et beaucoup d’allusions aux films y sont faites. Néanmoins, ces héros ne font que partager le même univers que Captain America et compagnie. Contrairement aux agents du SHIELD, ils évoluent en vase clos, à leur échelle, tentant de sauver leur quartier des différentes menaces. Là encore, les films ne font aucunement allusion aux séries Netflix. Mais les fans restent dans l’expectative avec les futurs films. Par exemple, les frères Russo incluront-ils un clin d’œil à ces séries dans Avengers 3 ? Ou mieux, un cameo ?

[nextpage title= »Dans univers partagé, il y a partagé »]
Toutes les créations du MCU se déroulent dans le même univers, c’est le principe. Que ce soit Agents of SHIELD, Daredevil, Avengers et même les Gardiens de la Galaxie, tous les personnages peuvent se rencontrer au hasard au détour d’une rue. Rocket peut par exemple se rendre au cabinet d’avocat Nelson and Murdock pour prouver devant la loi qu’il n’est pas un raton laveur. Enfin ça, c’est la théorie…

Avengers L’Ere d’Ultron (2015)

Et si des films comme Avengers ou Civil War insistent bien sur cette convergence, les autres films et séries racontent leurs histoires propres. Néanmoins, Marvel Studios n’hésite jamais à placer deux ou trois références où il le peut.

La Phase 1 centrée sur le SHIELD

Tout commence donc en 2008 avec la sortie d’Iron Man. Et pour ce premier film, il n’y a bien entendu pas de références aux autres productions à faire, étant donné qu’il est le seul à sa sortie. Mais Marvel ne s’est pourtant pas privé de commencer à construire son univers, en utilisant des clins d’œils. Par exemple, on voit le bouclier de Captain America en arrière-plan dans l’une des scènes. Bouclier récupéré par le père de Tony, Howard.

Mais l’élément qui lance la construction de l’univers étendu, c’est bien l’organisation SHIELD. Une organisation présentée avec le visage de Coulson. Lui et le SHIELD reviendront par ailleurs dans plusieurs films de la phase 1, nous y reviendrons, afin de bien faire comprendre au spectateur de l’époque que tous les films se déroulent dans le même univers. La construction de l’univers étendu est explicitement affirmée à la toute fin d’Iron Man avec l’introduction de Nick Fury, directeur du SHIELD, qui propose à Tony Stark la formation d’une super équipe de héros : les Avengers.

Les films suivants servent ensuite à consolider l’univers et à présenter les personnages d’Avengers. Par exemple, Stark apparaît à la toute fin du deuxième film du MCU, L’Incroyable Hulk (2008), pour suggérer à Ross de monter une équipe, prenant ainsi le rôle de Nick Fury dans le premier film. De même, le SHIELD est bien présent dans le film, utilisé par Ross pour traquer le gros monstre vert alors incarné par Edward Norton, et une mention est faite à Captain America concernant le sérum utilisé par Emil Blonsky.

Même topo pour Thor, qui utilise le SHIELD, l’agent Phil Coulson et se permet même de petites références à Stark Industries. Notons d’ailleurs que dans ce film, le personnage de Hawkeye (Jeremy Renner) apparaît pour la première fois dans le MCU. Il fait alors partie de la base militaire chargée de surveiller le marteau et dispose de quelques répliques, mais son rôle s’arrête là, puisqu’il ne sera exploité pleinement qu’avec le film Avengers (2012).

Le film Iron Man 2 (2010) est lui un peu particulier. C’est avec ce film que Marvel Studios a décidé de rusher un peu la construction de son Avengers. Le film prend en effet son temps pour annoncer la future apparition de l’équipe au cinéma, à tel point qu’on se demande s’il n’a pas oublié de raconter son histoire principale en cours de route. Iron Man 2 permet de montrer la naissance concrète du projet Avengers et introduit même le personnage de Black Widow, incarnée par Scarlett Johansson.

Captain America The First Avenger (2011) est lui aussi un cas à part. Le film se déroule en 1945 et le SHIELD n’existe donc pas encore. Néanmoins, le film n’est pas totalement détaché des premiers. Howard Stark, le père de Tony, a par exemple un second rôle très important. Mais le film de Joe Johnston introduit également un élément très important pour la suite du MCU : Le Tesseract (ou la pierre de l’espace), un artefact qui a autrefois appartenu à Odin (apparu pour la première fois dans Thor). Un objet qui n’est autre qu’une des six pierres d’infinité. Des pierres aux pouvoirs immenses qui veulent être récupérées par Thanos, le grand méchant de l’univers Marvel qui apparaît pour la première fois dans The Avengers (2012).

Avengers qui est également l’occasion de voir la deuxième pierre du MCU, la pierre de l’esprit. Une pierre incluse dans le sceptre de Loki, mais pas explicitement présentée. Il faudra attendre Avengers L’Ere d’Ultron (2015) pour comprendre qu’il s’agit là d’un objet très important pour la suite de l’histoire.

Une phase 2 centrée sur les Pierres d’infinité

La phase 1 terminée, Marvel peut passer aux choses sérieuses. Plus besoin de présenter l’univers, les personnages importants ou les liens entre eux. Le studio s’évertue alors à présenter une nouvelle problématique introduite dans la première phase : les Pierres d’infinité. Passons sur Iron Man 3 (2013), Captain America The Winter Soldier (2014) ou Ant-Man (2015) qui ne font aucune référence à ces pierres. La troisième pierre apparaît ainsi dans Thor The Dark World (2013). Il s’agit de l’Aether, la Pierre de la réalité.

Le scénario des Gardiens de la Galaxie (2015), même s’il semble déconnecté du reste des autres productions, a pourtant la Pierre du Pouvoir (l’Orbe) au centre de son scénario. Il introduit également le personnage du collectionneur (important dans les comics Marvel quand on parle des Pierres) et donne un plus grand rôle à Thanos, le méchant ultime du MCU.

La dernière allusion aux Pierres d’infinité est faite dans Avengers L’Ère d’Ultron (2015). Comme nous vous le disions, nous apprenons dans le film que le sceptre de Loki utilisé dans Avengers (2012) n’est autre que la Pierre de l’Esprit. Une Pierre utilisée dans le film par HYDRA pour donner des pouvoirs aux jumeaux Pietro et Wanda Maximoff (Pietro qui apparaît aussi dans les films X-Men, mais qui est incarné par un autre acteur car c’est la Fox qui produit un autre univers), pour créer Ultron et également pour donner vie à Vision.

Une phase 2 qui tease donc habilement l’utilisation des Pierres dans un futur plus ou moins proche. Qui a parlé d’Avengers Infinity War, prévu pour 2018 ?

Quid de la phase 3 ?

Quatre Pierres d’infinité ont donc été introduites dans la phase 1 et 2 (Espace, Esprit, Pouvoir et Réalité). Doctor Strange (2016) le deuxième film de la phase 3, introduit la Pierre du Temps (L’Oeil d’Agamotto) et la dernière Pierre sera présentée dans un prochain film. Lequel ? Les paris sont ouverts ! On mise sur Thor Ragnarok.

Civil War (2016), qui lance la phase 3, passe son tour sur les Pierres d’Infinité, mais cela ne l’empêche pas d’être une orgie de connexion avec les autres films. Pratiquement tous les héros du MCU (sauf Thor et Hulk) se mettent sur la tronche et donnent une conclusion honnête à la phase 2, qui s’est terminée par un Ant-Man qui ne résolvait rien du tout.

Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2 est un film qui s’intéresse également à autre chose que les Pierres d’Infinité, contrairement au premier volet.

La grande question sera maintenant de savoir quel sera le fil rouge de cette phase 3. Il est trop tôt pour affirmer quoi que ce soit, mais il est possible que Thanos soit au centre des débats avant son arrivée dans Infinity War. La phase 3 sera également placée sous le signe du renouvellement, avec l’introduction de personnages qui devront porter le MCU sur leurs épaules dans le futur. On pense bien entendu à Doctor Strange, mais aussi à Spider-Man, Captain Marvel ou encore Black Panther.

Avengers Infinity War, le troisième volet de la saga, sera l’un des moments forts de cette phase. Mais le grand final, le film qui aura la lourde tâche de tout chambouler, ce sera bien entendu le dernier de la phase 3 : Avengers 4.

Des séries en marge

Nous l’avons vu, les séries du MCU se montrent un peu en marge de l’univers établi par les films. Si la série Agents of SHIELD court après les événements « importants » (des longs-métrages), elle n’hésite jamais à faire référence à des personnages. Des références parfois lourdes, presque forcées histoire de dire « youhou, on existe, regardez nous ! ». Cela peut aller du « Oh, c’est Bruce Banner qui a conçu ce fusil » à « L’Abomination est enfermée dans la prison qu’on infiltre » (mais vous ne la verrez pas) du « Oh, mais ce n’est pas Lady Syf qui vient nous dire bonjour ? ».

Mais Agents of SHIELD reste utile au MCU, même s’il est snobé. En effet, plusieurs problématiques sont abordées pendant les quatre saisons. Ainsi, nous pouvons suivre la destruction totale d’HYDRA (enfin presque) et le retour du SHIELD sur le devant de la scène. Les prochains films auront-ils le courage de faire intervenir des personnages de la série dans leur histoire ? Rien n’est moins sûr.

Agent Carter est plus intéressante sur ce point de vue. En effet, la série d’ABC ne tente pas absolument de se relier aux films, puisqu’elle se déroule bien avant. Néanmoins, elle se permet tout de même de dévoiler les raisons qui ont permis au SHIELD d’exister et de réutiliser les personnages comme Howard Stark ou Dum Dum Dugan. De même, on apprend grâce à la série que le nom Jarvis (l’IA de Tony Stark), n’a pas été choisi au hasard, puisqu’il était porté par le majordome d’Howard. Une série qui a malheureusement été supprimée après deux saisons. Fait symbolique, Civil War fait mourir le personnage de Peggy Carter seulement quelques semaines après qu’ABC a annoncé avoir annulé la série.

Netflix, un monde à part

Comme nous vous le disions dans la page précédente, les séries Netflix évoluent bien dans le MCU, mais dans un monde un peu à part. Cela n’empêche pas les scénaristes de faire moult clins d’œil et de parfois réutiliser des événements d’autres films.

Daredevil, par exemple, débute sur Matt et Nelson cherchant à installer leur nouveau cabinet d’avocat. Ça tombe bien, les prix ont baissé depuis « l’incident », c’est à dire la bataille de New York dans Avengers. Matt a grandi dans l’orphelinat Sainte Agnès, le même qui a accueilli Skye (Agents of SHIELD). Dans l’appartement de Ben Urich, on distingue une Une qui fait référence à l’intervention de Hulk dans Harlem montrée dans le film de 2008, ainsi qu’une Une sur la bataille de New York. James Wesley n’hésite pas à parler d’Iron Man et de Thor dans ses discours. Enfin, un gros clin d’œil est fait aux inhumains dans un épisode. Et Agents of SHIELD a consacré énormément d’épisodes sur le sujet.

Deux grosses références au MCU sont faites dans le bureau d’Ulrich (Daredevil)

Même topo sur Jessica Jones, ou plein de petites références sont faites. Un épisode entier est même consacré aux civils amers contre les super-héros après la bataille de New York. La chose continue dans Luke Cage, où des armes de la société Hammer (Iron Man 2) permettent de lancer le scénario. Fait amusant, l’actrice Alfre Woodard y incarne un rôle important… alors que l’actrice jouait un petit rôle dans Civil War quelques mois plus tôt. Néanmoins, elle prête ses traits à deux personnages différents, au grand désarroi des adeptes de la convergence films/séries. Néanmoins, les séries Netflix s’arrêtent aux clins d’œil. En effet, aucune convergence n’est à noter à part ça. Pas de rencontre avec Captain America, Iron Man ou même Spider-Man, qui évolue lui aussi à New York.

Spider-Man Homecoming, d’ailleurs, qui voulait faire référence à ces héros Netflix, selon l’un des producteurs. La chose ne s’est finalement pas faite, mais le producteur a bon espoir de placer des clins d’œil à Luke ou Matt dans un deuxième volet.

[nextpage title= »Le futur du Marvel Cinematic Universe »]
Comme nous l’avons vu, le MCU se dirige tout droit vers une confrontation des Avengers contre Thanos. Mais avant cela, Marvel Studios nous réserve encore quelques petites surprises avant ce gros plat de résistance. Voici donc ce qui nous attend dans un futur plus ou moins proche.

Thor Ragnarok

La saga Thor a toujours été le maillon faible du MCU. Si les films ne sont pas des navets infâmes, ils peinent toutefois à atteindre un niveau de qualité acceptable et à se hisser ainsi parmi les indispensables du MCU. Marvel va tenter de corriger le tir avec le troisième et dernier volet de la saga. Comment ? En adoptant une ambiance année 80 et totalement décomplexée.

Dans Ragnarok, notre bon vieux Thor va être envoyé sur une planète mystérieuse où il sera obligé de combattre dans une arène. Coup de bol, il va tomber sur son copain Hulk, alias Bruce Banner, et les deux héros vont unir leurs forces pour combattre Hela, jouée par Cate Blanchett. Les fans de comics reconnaîtront là un synopsis qui rappelle furieusement Planet Hulk, l’un des meilleurs arcs dédiés aux géant vert de ces dernières années.

Notons que Tom Hiddleston sera de retour en Loki et Anthony Hopkins en Odin. Jeff Goldblum fera son entrée dans l’univers en incarnant le Grand Maître, décrit ici comme le frère du Collectionneur (Les Gardiens de la Galaxie). Le film sera réalisé par Taika Waititi (troisième réalisateur en troisième film) et promet d’être déjanté à souhait. Enfin le film que Thor mérite ?

Sortie le 25 octobre.

Black Panther

Normalement prévu pour 2017, le film Black Panther a été décalé pour laisser la place à Spider-Man. Mais il ne faut pas croire que Marvel néglige le personnage, déjà apparu dans Civil War, loin de là. Et Black Panther promet beaucoup, le film étant entre de très bonnes mains : celles de Ryan Coogler (Creed).

Le casting n’est pas en reste non plus. On retrouve logiquement Chadwick Boseman, mais également Michael B. Jordan, Lupita Nyong’o, Forest Whitaker, Winston Duke, Danai Gurira, Daniel Kaluuya, Florence Kasumba… et même Andy Serkis, qui reprend son rôle d’Avengers 2 : Ulysses Klaw. Notons également que ce sera l’un des très rares blockbusters américains à mettre en lumière l’Afrique, étant donné que tous les personnages viendront du Wakanda, un pays fictif de l’univers Marvel.

Sortie de Black Panther le 14 février 2018.

Avengers: Infinity War

Le gros morceau. Le film qui sera l’un des moments forts de la phase 3. Avengers Infinity War, réalisé par les frères Russo, déjà derrière Captain America 2 et 3. Cette fois, nos héros vont unir leurs forces pour lutter contre Thanos. Finie la rigolade, ça va péter. Le tournage se déroule actuellement à Atlanta et tous les acteurs du MCU sont présents pour passer devant la caméra. Par exemple, les héros terriens vont enfin croiser la route des Gardiens de la Galaxie.

Quid des héros Netflix ? Lors de la sortie de Civil War, Anthony Russo nous avait dit :

Il est prévu qu’il y ait une association de tout ce qui s’est passé dans le Marvel Cinematic Universe.

On espère donc un cameo ou même un vrai rôle pour nos héros, mais s’il ne faut pas trop rêver.

Sortie d’Infinity War le 25 avril 2018.

Ant-Man and the Wasp

Ce film post Avengers 3 est pour l’instant bien mystérieux. Tout ce que l’on sait, c’est qu’il mettra en scène les personnages du premier film et qu’Evangeline Lilly enfilera le costume de la guêpe. Il sera toujours réalisé par Peyton Reed.

Sortie le 18 juillet 2018.

Captain Marvel

Le personnage tant aimé des fans va enfin avoir le droit à son adaptation. Un personnage qui promet de s’installer durablement dans le MCU et qui est appelé à devenir l’un des piliers de la phase 4. Le film sera réalisé par Anna Boden et Ryan Fleck et mettra en scène Brie Larson en Captain Marvel.

Sortie le 6 mars 2019.

Avengers 4

Dernier film de la phase 3, Avengers 4 devrait signer la fin d’une époque et un renouveau du MCU. On ne sait évidemment rien sur ce film, mais notons qu’à la base, il devait être la deuxième partie d’Infinity War. Mais les frères Russo ont finalement décidé de faire deux films différents.

Un film toujours réalisé par les frères Russo et qui sortira le 1er mai 2019.

Et la phase 4 ?

Résumé de ce qu’on sait sur la phase 4 : ¯_(ツ)_/¯

Kevin Feige, le big boss du Marvel Cinematic Universe, ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. En effet, une phase 4 est bien prévue, le bonhomme étant prêt à continuer à exploiter l’univers jusqu’en 2028. Il est bien trop tôt pour spéculer quoi que ce soit, mais nous n’allons pas trop nous avancer en affirmant que cette phase présentera de nouveaux personnages et continuera l’histoire de ceux introduits dans la phase 3. Seule certitude, elle se composera de Spider-Man 2 et 3 et des Gardiens de la Galaxie 3.

[nextpage title= »Comment le MCU a changé le visage du cinéma de divertissement »]
Comme nous vous le disions en introduction de ce dossier, Marvel Studios a changé le visage du cinéma de divertissement avec son Marvel Cinematic Universe. À l’époque de sa création, établir un univers cinématographique semblait presque inédit. Certes, il y a déjà eu moult grandes sagas, mais toutes se montraient linéaires, les épisodes se suivant dans un ordre logique. Voici ce qu’a réellement changé le MCU : raconter une histoire par le biais de différents personnages, points de vue, pour ensuite les réunir à l’écran dans des films gigantesques. Et aujourd’hui, tous les studios veulent leurs univers cinématographiques.

Univers ciné partout

Une phrase revient souvent dans la bouche des producteurs ou des studios à l’annonce d’un nouveau projet : le but est de lancer un univers cinématographique. Et chaque gros studio d’Hollywood veut le sien. Ou les siens. Des univers cinés qui peuvent être développés à partir de films existants, ou alors des univers créés de toutes pièces. Mais tous ces projets ont un point commun : ils sont basés sur des licences connues et aimées par le public.

Il ne faut pas s’éloigner très loin pour trouver un exemple d’univers ciné mis en place. Il n’est même pas nécessaire de quitter les bureaux de Disney, puisque c’est exactement ce qu’est en train de faire Lucasfilm avec la franchise Star Wars. Après avoir racheté Lucasfilm en 2012, Disney s’est mis en tête de construire un Star Wars Cinematic Universe en se basant sur les six films déjà existants. Pour se faire, la firme de Mickey a supprimé l’ancien univers étendu, a lancé la production d’une nouvelle trilogie, d’une nouvelle série animée et surtout de spin-off. Des spin-off qui ont pour but de s’attarder sur un personnage ou événement de l’histoire de Star Wars. Et tous ces films s’articuleront autour d’un tronc commun : les épisodes numérotés. Nous avons déjà vu Disney mettre en branle cet univers avec l’Episode VII et surtout Rogue One.

Mais Disney est loin d’être le seul studio dans ce cas.

Prenons l’exemple de la Paramount, qui compte bien exploiter pleinement sa franchise Transformers. Dans un futur plus ou moins proche, la saga va se doter de spin-off dédiés à des robots en particulier. Notons même qu’un crossover avait même été envisagé avec la saga GI Joe. Si vous n’aimez pas la saga, il va falloir tenir, Michael Bay affirmant qu’il a de quoi faire pour quatorze films minimum.

Le studio Universal cherche lui à construire un univers autours des monstres de cinéma (la momie, Frankenstein, l’homme invisible…). Des monstres qui auront tous le droit à leur propres films, mais qui se réuniront à l’écran au bout d’un moment. Le premier film de cet univers arrivera en juin et sera La Momie avec Tom Cruise. Un film réalisé par Alex Kurtzman, qui chapeautera l’univers. Notons que dans le premier trailer, nous pouvons déjà voir Dr Jekyll incarné par Russel Crowe.

Legendary Pictures va mettre sur pied un univers des gros monstres en se basant sur le film Godzilla de 2014. Le dernier film de cet univers est Kong Skull Island, qui vient de sortir en salles et qui met en scène King Kong. Les deux créatures se réuniront plus tard dans un film commun. Il y a même une série dans les cartons.

La Warner n’est pas en reste, puisqu’elle a développé un spin-off à Harry Potter et a adapté Le Hobbit en trois films. Mais ces deux exemples sont un peu mal choisis, étant donné que les films fonctionnent comme des sagas classiques. Mais Warner a un autre tour dans son sac : DC. Nous y reviendrons.

Les Etats-Unis ne sont pas les seuls à vouloir créer des grand univers cinématographiques. Le chinois DMG Entertainment espère en effet faire des films sur Cosmere, l’univers de fantasy énorme de Brandon Sanderson, où des personnages se croisent et se recroisent au fil des œuvres. Même M. Night Shyamalan veut son propre univers ciné ! Mais nous ne pouvons pas en dire plus sous peine de spoiler son film le plus récent, Split.

Même en France, on y pense. En effet, un projet d’univers partagé entre Les Tuche et Camping est envisagé. Démerdez-vous avec ça.

Notons qu’avant le MCU, des univers précurseurs ont déjà pointé le bout de leur nez sur les écrans. Impossible par exemple de parler des crossover entre les films d’horreur des années 80, ou du mal-aimé Alien Vs Predator, ou même des films de Kevin Smith. Notons également que dans les années 40-50, certains personnages de films de monstres intervenaient parfois dans d’autres films de monstres.

Le cas de la Fox

La Fox n’a pas vraiment lancé de nouvel univers cinématographique pour le moment, mais continue à exploiter son univers Marvel. Ayant racheté les droits des X-Men à la fin des années 90, le studio a commencé une saga en 2000. Depuis, nous avons eu deux trilogies ainsi que quatre spin-off, dont le récent Logan.

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Et la Fox ne compte pas s’arrêter en si bon chemin : Un deuxième Deadpool est prévu, un film X-Force… et un film sur Gambit qui est toujours prévu, malgré ses déboires successifs. La Fox avait même caressé l’idée d’intégrer les Quatre Fantastiques à cet univers, mais le reboot de 2015 fût tellement mauvais que le film a été oublié et son cadavre jeté dans un fleuve avec trois tonnes de bétons aux pieds.

Et la Fox continue donc d’exploiter ce qu’on pourrait appeler le deuxième Marvel Cinematic Universe, mais seulement avec les personnages mutants. Des personnages qui manquent d’ailleurs cruellement au « vrai » MCU.

Le cas DC

Le cas DC est tellement complexe qu’il faudrait un dossier entier pour tenter de le résumer. Mais nous relevons le défi pour tenter d’expliquer tout ça en quelques lignes. DC a toujours été le principal concurrent de Marvel sur les pages de comics. Et devant le succès de l’univers Marvel au ciné, la firme qui appartient à Warner s’est empressé de lancer le sien une fois la trilogie Dark Knight de Nolan terminée. DC a lancé son univers ciné avec Man of Steel en 2013. Puis, Batman v Superman a suivi en 2016, tout comme Suicide Squad. Et DC adoptera le même schéma que Marvel en continuant à exploiter des personnages dans des films solos avant de les réunir dans Justice League à la fin de l’année. Plusieurs films sont déjà prévus pour compléter le DCEU, comme Aquaman, Flash, Shazam ou même Black Adam.

Mais les critiques se montrent acides avec le DCEU, jugeant que celui-ci ne se montre pas à la hauteur avec des créations de piètres qualités. De même, certains affirment que la construction est rushée et calquée seulement pour rapporter une réponse au MCU.

Contrairement à Marvel, DC ne place pas ses films et ses séries dans le même univers. Il faut dire que c’est un petit le bazar dans l’univers DC, notamment à cause des séries qui sont apparues avant les films et qui adoptent un ton bien différent. Ainsi, impossible de faire cohabiter Gotham, Supergirl, Flash ou Batman v Superman dans le même univers. Chaque série diffusée sur un canal différent se déroule dans un univers distinct. Et DC ne compte pas entamer de rapprochement, continuant à produire des séries stand alone, comme Powerless, qui met en scène la société du cousin de Bruce Wayne.

Et les séries n’ont pas besoin des films pour construire leur propre univers. Par exemple, la chaîne CW qui diffuse quatre séries (Arrow, The Flash, Legends of Tomorrow et Supergirl) a créé un univers partagé où les trois premiers personnages se croisent au fil des épisodes. Supergirl, qui a d’abord été diffusé sur CBS, a rejoint la CW et la magie scénaristique du voyage entre les mondes parallèles lui a permis de s’intégrer. De même, un peu de bricolage a permis au personnage de Constantine (NBC) de faire une apparition dans Arrow. Un Constantine qui va finalement revenir sur CW sous forme de série animée. Ainsi, les fans y trouvent leur compte et une certaine liberté créative est accordée aux showrunners. Néanmoins, une multiplication d’univers, parfois avec des personnages qui reviennent incarnés par des acteurs différents, peut perdre le spectateur profane qui a le modèle MCU en tête.

Un univers jamais égalé ?

Après avoir regardé un peu les autres univers ciné, un constat s’impose : personne n’a réussi a égaler le MCU en termes de contenu et de connexion transmédia. Le principal concurrent DC n’adopte pas la même optique, construisant des univers à part à la télévision au cinéma.

Star Wars commence tout juste la construction de son nouvel univers étendu, comme King Kong et Godzilla. Les autres licences sont pour le moment soit en projet, soit tout juste naissants.

Marvel a créé un modèle. Un modèle qui va marquer le cinéma de la décennie 2010 et 2020 avec la mise en plein de moult univers ciné basés sur des licences. Mais Marvel a dix ans d’avance sur le sujet. Arrivera-t-on à voir un jour émerger un univers aussi dense et maîtrisé que celui de la Maison des Idées ? L’avenir nous le dira.